ET CELLE DU XVI II
à courir les aventures, elle découvre quelquefois des pays inconnus.
Fontenelie parle quelque part (1) d'une nouvelle manière de philosopher qui s*est répandue de son temps, el qui se caractérise par la méthode expérimentale et par les progrès de Tesprit géométrique. Cette remarque de Fontenelie peut sans doute s appliquer à Descartes et à Pascal; mais elle s applique encore mieux aux philosophes du xvm* siècle*
A cette époque, tout le monde absolument proclame la nécessité de Texpérience. On est encore loin d'en saisir la vraie nature en ce qui concerne Tétudé de T&me, (labbé de Lignac excepté) ; mais à force de répéter le mot, on devait finir par comprendre la chose. Quant à l'esprit géométrique, qui peut avoir, en philosophie, ses avantages et ses inconvénients, il n'a jamais jeté, dans les raisonnements de Condillac, ces obscurités, ces complications inutiles que l'on trouvé dans la cinquième méditation de Descartes. Condillac puise toujours, dans l'exemple des mathématiciens, cette simplicité, cette facilité de méthode dont parle Fontenelie (2).
Au xvuf siècle, la science a de nouveaux besoins. Elle aspire à plus d'ordre et de rigueur. Elle est plus scrupuleuse sur l'arrangement symétrique des diverses parties d'un système. La métaphysique prend aussi, en se vulgarisant, un caractère de clarté qu'elle n'avait jamais eu. Les naturalistes, les médecins, les historiens, les femmes elles-mêmes s'occupent de philosophie, et si on ne résout pas toujours heureusement les questions, on apprend du moins à les poser nettement.
(i) Dans sa réponse à l'évêque de Luçon, qui remplaçait I^amotte à l'Académie française (6 mars 1732), et dans la préface de l'Histoire de l'Académie des sciences. — (2) Voy. Dict. des sciences philosophiques, art. Fontenelie.