‹ Les théories logiques de Condillac (volume 2)Chapitre 56 sur 74 · GONDILLAC ET DESTUTT DE TRACY · texte numérisé non relu

GONDILLAC ET DESTUTT DE TRACY

ouvrage, et on peut ajouter que ce problème a été Toccupation de toute sa vie (1).

Attacbous-nous à ce point capital, au milieu de tous les détails, fort intéressants du reste, dont la Logique est remplie. L auteur distingue, dans un raisonnement, plusieurs jugements, dans un jugement, plusieurs idées. Mais toutes nos idées, dit-il, ou presque toutes, sont composées de nombreux éléments que nous avons réunis par différentes opérations intellectuelles. Ces idées vsont susceptibles d'être bien ou mal faites (2). Pour en apprécier la valeur, il faut donc remonter jusqu'aux premiers éléments de ces idées, jusqu'à nos perceptions simples (3). Il faut arriver jusqu'à un premier &it dont nous puissions prononcer avec assurance que nous en sommes sûrs. « Quand

ce principe sera établi on pourra faire voir clairement

que tous les jugements subséquents que nous portons ne sont qu'une suite d'un premier jugement certain (4). »

Ce premier fait, dont nous pouvons prononcer avec assurance que nous en sommes certains, nous est fourni, suivant Destutt de Tracy, par la sensibilité. Mais qu'entend-il par sensibilité? « Je réunis et confonds, dit-il, dans la faculté générale de sentir ce que l'on a coutume de distinguer en affections et connaissances... Notre, faculté de connaître vient et dépend de celle d'être affecté et lui donne naissance à son tour ; elle sont intimement liées et inséparables. »

Plus loin, l'auteur ajoute que la distinction de nos manières d'être , en actives et en passives , en volontaires et

(i) Il le déclare lui-même dans une lettre adressée à M. Chevrier de Corcelles, président du tribunal civil de Bourg et auteur d'un Traité des abstractions. Cette lettre a été publiée pour la première fois dans une notice sur M. de Corcelleç, par son parent, M. Edmond Chevrier. — (3) Logique^ p. 2(>o. — (3)IUd. -(4)Ibid., p. 301.

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