CONDILLAC ET UESTUÏT DE TRACT
involontaires, ne repose que sur des circonstanoes relatives aux organes, et ne fait rien au sentiment que nous en avons (1). Partout dans l'exposition de sa doctrine, il affecte d'employer indistinctement les mots sentiment , conscience, impression^ perception.
Ainsi , le premier (ait dont nous soyons certains , c'est notre sentiment (2). « Le sceptique le plus déterminé est sûr de sentir ce qu'il sent (3). »
Voici donc la base de toute certitude, Xinconcussuni quicl, le cogito ergo sum de Destutl de Tracy.
Mais, pour lauteur de la Logique y le sentiment est non-seulement la première chose, mais aussi la seule dont nous soyons originairement sûrs (4). D'où l'on tire cette conclusion, bien différente de la règle de l'évidence, que Descartes déduisait de son fameux aphorisme : ce Nous ne pouvons jamais rien connaître que par ce sentiment et relativement à lui (5). » Nos impressions ^ nos affections^ nos perceptions enfin,., sont pour nous les seules choses réelles et vraiment existantes (6). Ce que nous sentons est tout pour nous (7).
Gela posé, où en sommes-nous sur la question de la certitude? Si l'on s'en tient à te qui précède, nous sommes à la fois absolument ignorants et absolument infaillibles : ignorants, puisque nous ne savons que penser de l'existence réelle de tout ce que nous appelons des êtres, à commencer par nous-mêmes (8) ; infaillibles, puisque nous ne nous trompons jamais sur nos sentiments et que nos sentiments sont tout pour nous (9). L'auteur aperçoit cette double conséquence, mais il nous promet des explications
(i) Logique, p. 2o3. — (2) Ibid., p. 204, 208. — (3> Ibid., p. 2o5, — (4) Ibid., p. 207. — (5) Ibid., p. 208. — (6) Ibid. — (7) Ibid., p. 209. — (8) Ibid., p. 208, 209. — (9) Ibid., p. 209.