‹ Les théories logiques de Condillac (volume 3)Chapitre 40 sur 71 · ET CELLE DU XVI II · texte numérisé non relu

ET CELLE DU XVI II

à courir les aventures, elle découvre quelquefois des pays inconnus.

Fontenelle parle quelque part (1) d'une nouvelle manière de philosopher qui s'est répandue de son temps, et qui se caractérise par la méthode expérimentale et par les progrès de l'esprit géométrique. Cette remarque de Fontenelle peut sans doute s'appliquer à Descartes et à Pascal; mais elle s'applique encore mieux aux philosophes du xvui® siècle.

A cette époque, tout le monde absolument proclame la nécessité de l'expérience. On est encore loip d'en saisir la vraie nature en ce qui concerne l'étude de l'âme, (l'abbé de Lignac excepté) ; mais à force de répéter le mot, on devait finir par comprendre la chose. Quant à l'esprit géométrique, qui peut avoir, en philosophie, ses avantages et ses inconvénients, il n'a jamais jeté, dans les raisonnements de Condillac, ces obscurités, ces complications inutiles que l'on trouve dans la cinquième méditation de Descartes. Condillac puise toujours, dans l'exemple des mathématiciens, cette simplicité, cette facilité de méthode dont parle Fontenelle (2).

Au wiif siècle, la science a de nouveaux besoins. Ellp aspire à plus d'ordre et de rigueur. Elle est plus scrupuleuse sur l'arrangement symétrique des diverses parties d'un système. La métaphysique prend aussi, en se vulgarisant, un caractère de clarté qu'elle n'avait jamais eu. Les naturalistes, les médecins, les historiens, les femmes elles-mêmes s'occupent de philosophie, et si on ne résout pas toujours heureusement les questions, qn apprend, du moins à les poser nettement.

(i) Dans sa réponse à l'évêque de Luçon, qui remplaçait Lamotte à TÂcadémie française (6 mars lySa), et dans la préface de VHistoire de l'Académie des sciences. — (2) Voy. Diet, des sciences philosophiques, art. Fontenelle.

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