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LA PHILOSOPHIE FRANÇAISE DU XVII* SIÈCLE

N'est-ce |>as encore un grand progrès que ce travail minutieux sur la langue, cette application de la grammaire à la philosopliie ? 1x3 soin de la fonne, la critique sévère, le besoin d eckircir et de discuter n'avaient jamais existé au même degré chez nos grands classiques. La langue philosophique de Bossuet paraît négligée à côté de celle de (^ondillac.

En résume, le xviir sièxîle Icmporte sur le précédent par un retour marqué vers Tétude de riiomme, par une plus grande indépendance, par une méthode plus savante.

Nous pourrions citer plusieurs écrivains qui furent les promoteurs et les représentants de ces divers progrès.

Antérieurement à Condillac, Voltaire avait popularisé en France les œuvres de Locke, déjà traduites par Pierre Coste. Voltaire louait liOcke d avoir fait Thistoire de Tâme, dont les autres n avaient fait que le roman. La délicatesse de bon sens qui le distinguait le préserva des excès du sensualisme, et, sans créer de système, il porta sur phisieurs points sa critique nette et lumineuse.

A côté de Condillac ou après lui, nous pourrions citer, dans Técôle sensualiste, les écrivains de Tencyclopédie, et dans le camp opposé, plusieurs Cartésiens tels que Buf- Fier, André, Lignac, qui unissent aux traditions spiritualistes les nouvelles qualités que la philosophie emprunte à lesprit du xviu® siècle.

Mais aucun de ces écrivains ne représente la tendance philosophique de l'époque aussi bien que Condillac. Chez lui lesprit du xviu* siècle se montre armé de toutes pi(»ces et avec tout l'appareil de la science.

Condillac est assurément une des physionomies les plus originales que nous offre l'histoire de la philosophie. A Dieu ne plaise qu'en combattant ses doctrines nous

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