LA LOGIQUE DANS SBS RAPPOKTS AVEC LA GRAMMAIRE
exprime Ibl coexistence des idées (1); exemple, Corneille est poète ne veut pas dire que Corneille existe, mais que Corneille et poète sont deux idées coexistantes. Cette théorie ne nous semble pas exacte. Elle repose sur Terreur psychologique qui confond le jugement avec la comparaison et qui rend inexplicable le jugement primitif. On dit, à la vérité, qu'un jugement primitif, tel que celui^ ci f existe peut se traduire par je suis existant^ et qu en général les jugements primitifs sont ceux qui ont pour attribut invariable le mot existant. Mais nous îie pouvons nous empêcher de trouver cette explication bizarre et scolastique. Nous pensons que ce qui constitue le jugement c'est Taflirmation, et que le verbe ne signifie pas autre chose. Condillac objecte à cela 1^ qu'il y a des propositions négatives ; 2® que tous les modes n'affirment pas. Mais on peut lui répondre que la négation se ramène à l'affirmation, et qu'en passant d'un mode à Tautre, de l'indicatif au subjonctif, par exemple, l'affirmation est, modifiée^ non supprimée.
^^^ On a fait sur Locke la remarque suivante : « Locke
traite sans cesse des mots^ jamais de leurs rapports, jamais de la syntaxe, jamais du fond véritable des langues; il y a une foule de réflexions particulières ingénieuses; pas de théorie, pas de véritable grammaire (2). » Notre auteur qui a tant fait pour combler toutes ces lacunes n*a pas négligé la syntaxe. Cette partie de la granuuaire consiste, d'après lui, à « savoir former de plusieurs idées un tout dont nous saisissions à la fois les détails et l'eusemble et dont rien ne nous échappe (3). » Ses observations sur la manière de marquer les rapports
{i)Grammairey p. 1 34. — (2) Cousin, Œuvres^ série II, t. III, p. îi2.— [3) Grammaire^ p. 3ai.