‹ Les Théories Sociales de Louis BlancChapitre 117 sur 162 · Cf. suprà, chap. IV · texte numérisé non relu

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vernement impérial, qui fit construire dix-sept maisons boulevard Diderot et quarante-et-une avenue Daumesnil. Le mouvement s’est accentué à partir de 1875, grâce à l'initiative privée que l'Etat encourage par des exemptions d'impôts.

Louis Blanc fut plus heureux dans la proposition qu'il fit de supprimer le travail dans les prisons, les casernes et les couvents. Depuis longtemps les ouvriers se plaignaient de la concurrence que ces établissements faisaient aux travailleurs libres. Le projet, préparé par Louis Blanc, fut soutenu devant la commission par Vidal. Pour les casernes et les prisons, la suppression était facile à faire. Il y aurait lieu seulement de résilier les marchés passés avec des entrepreneurs, et de payer une indemnité aux particuliers qui seraient lésés. Mais l'Etat avait-il le droit d'interdire le travail dans les couvents ? Et, chose assez étrange, les droits de ces établissements furent défendus par un disciple de Fourier, Victor Considérant. Il exprima la crainte que les arguments de Louis Blanc ne fussent dans la suite retournés contre lui. Ne pourrait-on prétendre que les ateliers sociaux commandités par l'Etat feraient aux particuliers une concurrence déloyale ? Le projet n’en fut pas moins adopté; il parut au Moniteur

le 24 mars, et on peut remarquer qu'il reproduit

fidèlement dans l'exposé des motifs les observations qui furent faites à la Commission du Luxembourg : «Considérant que la spéculation s’est emparée du travail des prisonniers, lesquels sont nourris et entretenus aux frais de l'Etat, et qu'elle fait ainsi une concurrence désastreuse au travail libre et honnête... », il est édicté que le travail dans les prisons et les casernes est interdit; on avisera à organiser le travail dans les prisons et les communautés religieuses de façon à ce qu'il ne fasse plus concurrence au travail libre”.

Il faut reconnaitre d’ailleurs que si Louis Blanc cherchait à donner satisfaction aux ouvriers lorsque leurs réclamations étaient fondées, il faisait aussi tous ses efforts pour les dissuader lorsque leurs plaintes n'étaient pas justifiées. La concurrence que les ouvriers étrangers venaient faire aux nationaux avait occasionné en plusieurs endroits des troubles graves. À Paris, une grande manifestation eut lieu le 2 avril, et des ouvriers se promenèrent dans les rues aux cris de : « À bas les étrangers ! Qu'on les chasse! » Louis Blanc fit appel aux sentiments de générosité et de fraternité qui devaient unir les travailleurs de tous les pays,

et il soumit à la signature du Gouvernement pro-

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