‹ Les Théories Sociales de Louis BlancChapitre 121 sur 162 · Assemblée nationale, séance du 6 mars · texte numérisé non relu

Assemblée nationale, séance du 6 mars

fréquentes. Le 8 mars, les délégués des entrepreneurs de transport en commun et ceux des conducteurs et cochers viennent lui exposer divers griefs. La discussion dura trois heures. Louis Blanc rendit une sentence où il reconnaissait la nécessité d'améliorer la situation des conducteurs ; en même temps, pour ne pas froisser les autres plaignants, il déclare qu'il est de l'intérêt bien entendu des travailleurs d'apporter de la modération et de la mesure dans leurs réclamations les plus légitimes.

Le 26 mars, il rétablit l'entente entre les ouvriers des usines Derosne et Cail. Le même jour, il décide les ouvriers mécaniciens de l'établissement Farcot, de Saint-Ouen, à reprendre le travail.

Chaque jour de nouveaux litiges étaient soumis au président de la Commission, qui les tranchait généralement à la satisfaction de tous. Il serait trop long de les énumérer. Ces fonctions arbitrales firent l’objet d’une proclamation où le rôle pacificateur de la Commission était couvert d’éloges. Cette proclamation, insérée dans le Moniteur, était ainsi conçue : (Tel est le caractère essentiellement social de la Révolution de 1848, telle est l’imminente nécessité des réformes économiques, qu'une commission instituée pour élaborer des projets

de loi, pour chercher la solution du problème de

l’organisation du travail, est transformée incontinent, par la force des choses, en une haute cour de prudhommes, et exerce une sorte de gouvernement moral par le vœu libre et l’appel exprès des travailleurs et des chefs d'établissement. La Commission se trouve donc conduite à mener de front la théorie et la pratique. Ce double rôle, qui lui vient de l’adhésion et de l'initiative pressante des intérêts, elle l’accepte comme un devoir. Seulement elle insiste pour qu’on ne lui rende pas trop difficile FPaccomplissement de ce devoir, par des demandes d'intervention simultanées, auxquelles il lui serait impossible de répondre en temps convenable ‘».

Ainsi, soit qu'elle s'employät comme comité de législation, soit comme tribunal arbitral, soit qu'elle prit à tâche d'encourager les associations ouvrières, la Commission du Luxembourg rendit de réels services. Au milieu de l'anarchie économique qui sévissait en 1848, elle était un organe d'une utilité incontestable. Peut-être a-t-elle joué un rôle politique que certains critiques se sont plu à dépeindre sous les couleurs les plus noires. Sa participation à l'affaire du 15 Mai et à l’insur-

rection de Juin n’a d’ailleurs jamais été bien établie,

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