Journal des Ecoromistes. 1847, tome I, p
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Il reste donc pour le pain et les dépenses imprévues une somme de 255 fr.
On suppose qu'il n'y à eu ni maladie ni chomage, ni frais de médecin. L’ouvrier n'ayant ni côtelettes ni beefsteack consommera bien deux livres de pain par jour. La femme, qui ne peut travailler, ayant à garder deux enfants de trois et et cinq ans, en mangera une livre et demie et les deux enfants autant, soit au total cinq livres de pain qui à raison de vingt centimes la livre donnent une dépense de un franc par jour. L’ouvrier n'aura donc d’autre ressource que de jeûner oude s’endetter s’il trouve du crédit.
Le tableau est certainement aussi noir que celui que nous trace Louis Blanc, et il ne faut pas s'étonner si, en présence de tels résultats, beaucoup d'ouvriers ne veulent pas travailler et préfèrent se livrer à la mendicité ou au vol, métiers honteux mais plus lucratifs et moins pénibles que le travail
honnête. Suivant les calculs de M. Frégier, chef
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de bureau à la Préfecture de police, il existe à Paris 235,000 ouvriers de tout sexe et de tout âge pendant la période du ralentissement des travaux, et 265,000 pendant la période de pleine activité. A côté de cela on compte 30,072 individus sans aveu, voleurs, fraudeurs, recéleurs, filles publiques, et 33,000 individus qui pourrissent dans la misère. € Nos gouvernants » prétendent qu'il est impossible d'organiser le travail, mais les voleurs et les assassins ont réussi à organiser le crime, et les débats des cours d'assises nous ont montré l'existence de véritables associations de malfaiteurs'. La criminalité augmente tous les jours *. D'après les renseignements fournis par Léon Faucher, le nombre des individus arrêtés à Paris était en 1532 de 9,045 et en 1842 de 11,74, soit en dix ans un accroissement dans le mal de 28 ?/,.
Une telle situation est intolérable, et ilest urgent d'y remédier. Mais pour cela il faut d'abord remonter aux causes où plutôt à la cause du mal, car QÇiln'y en à qu'une, et elle se nomme la misère ».
Louis Blanc rejette l'opinion des philosophes qui, aveë Hobbes, prétendent que le vice est inné . Organisation du travail, p. #4.
. Ibid, p. 5.
. Ibid, p. 47.
otre et que l’homme vient au monde naturellement mauvais. Même s’il en était ainsi, dit-il, il ne serait pas responsable, et ce serait le devoir de la société, qui doit en tirer tout le profit, de modifier son caractère et de chercher à dominer ses instincts pervers par une éducation appropriée.
Admirateur passionné de J.-J. Rousseau, il repousse bien loin une telle idée, et, comme le philosophe de Genève, il aime mieux croire à la bonté naturelle de l’homme. « Que des hommes naissent naturellement pervers, dit-il, nous ne l'oserions prétendre, de peur de blasphémer Dieu’ ». Si l’homme devient mauvais, la faute en est à la société qui ne lui met sous les yeux que des exemples pervers, et qui ne lui montre d’autre avenir que de mourir de faim pendant que d’autres vivent dans le luxe. & Voici un malheureux qui a pris naissance dans la boue de nos villes. Aucune notion de morale ne Ini a été donnée. IT à grandi au milieu des enseignements et des images du vice. Son intelligence est restée dans les ténèbres. La faim lui a soufflé ses ordinaires tentations. La main d’un ami n’a jamais pressé sa main. Pas de voix douce qui ait éveillé dans son cœur flétri les échos
de la tendresse et de l’amour. Et maintenant, s’il