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effet un frein bien faible pour arrêter le bras du criminel. La suppression de la peine de mort, demandée depuis longtemps par de nombreux publicistes, n'aurait certainement pas pour conséquence une augmentation du nombre des crimes. Nombreuses sont pour l'assassin les chances d'y échapper, nombreuses sont les étapes à franchir avant d'arriver à l’échafaud. Beaucoup de crimes restent encore impunis malgré le développement qu'ont pris de nos jours les services de police. Si l'assassin est arrêté et renvoyé par [a chambre des mises en accusation devant la Cour d'assises, il peut échapper à la peine capitale par l'admission de circonstances atténuantes ; s’il est condamné, il lui reste un dernier recours, la clémence présidentielle. Aussi, il serait peut-être préférable, tout en mettant le criminel hors d'état de nuire à nouveau, de lui laisser le temps d’expier et de se repentir. Louis Blanc l’avait bien compris, et c’est pour cela qu'il demandait à la Chambre des Députés, dans la séance du 12 février 1881, de prendre en considération une proposition de M. Marion tendant à l’abolition de la peine de mort en matière criminelle. C’est d’ailleurs sur sa proposition qu'elle avait été abolie en 1848 en matière politique.
Les sanctions de la morale doivent varier avec
DO ie les progrès de la civilisation. Chez les peuples peu avancés, il est nécessaire de maintenir des peines qui frappent les esprits, de peur que l'impunité assurée ne soit un encouragement au crime. Mais dans une civilisation comme la nôtre, les systèmes pénitentiaires les mieux étudiés sont impuissants. Le seul remède est celui que préconisait Louis Blanc : il consiste à supprimer la cause du mal, à améliorer le sort des masses. Il faudra surtout agir sur les mœurs, car à côté des criminels d’occasion qui sont le petit nombre, il y en a d’autres qui sont poussés au crime par des instincts pervers qu'on ne leur a pas appris a dominer. On enseigne à l’homme ses droits, proclamés dans la fameuse Déclaration de 1791, manifeste de l’individualisme, qui tend à donner à l'individu une conscience exagérée de sa personnalité. Il conviendrait de lui apprendre que ses droits correspondent à des devoirs sociaux. Il faudrait lui apprendre que l’égoïsme est un vice, et que l’homme, en société, doit toujours agir pour le plus grand bien de l'humanité. Et, suivant une expression de Mirabeau, le grand bien de l'humanité, c'est la bienveillance, ce sont les bienfaits, c’est
l'amour. Il faut reconnaitre d’ailleurs que, jus-