Ibid., p
LOS que Louis Blanc considère comme le seul remède efficace, serait probablement impuissante à supprimer l'alcoolisme. Il faudrait agir sur les mœurs par l'éducation et montrer à l'enfant dès son bas âge les ravages causés par le mal. Quand l'ouvrier en connaïtra les conséquences, terribles pour luimême et pour sa descendance, il renoncera peutêtre à une consolation qui coûte si cher.
L'institution des caisses d'épargne présente d'ailleurs un danger qui parait très grand à Louis Blanc et aux autres socialistes. Elle place le peuple sous la dépendance du Gouvernement. L'homme qui a amassé un petit pécule au prix des privations craindra de le voir engloutir dans un changement social. Celui qui possède est conservateur par nature ; il le sera davantage si sa fortune est entre les mains de l'Etat, qui, par la menace de la banqueroute, le dominera et pourra exercer le pouvoir d'une facon tyrannique. Et le peuple, craignant d’être dépouillé du fruit de ses peines, courbera la tête sous le joug”.
Ces craintes paraissent à l'heure actuelle dénuées de fondement. Le souci des gouvernements, portés au pouvoir par les soulèvements populai-
res, à toujours été d’acquitter les engagements de