‹ Les Théories Sociales de Louis BlancChapitre 52 sur 162 · E ARE · texte numérisé non relu

E ARE

ferait la concurrence aux ateliers privés. L'Etat, qui fournirait la première mise de fonds, rédigerait lui-même les statuts qui auraient «forme et puissance de loi.» La première année, les ouvriers n'ayant pas encore eu le temps de se connaître et de s’apprécier, il règlerait la hiérarchie. Mais l’année suivante, les chefs d'atelier, gérants et directeurs seraient élus par les ouvriers au suffrage universel”.

La création de ces ateliers exigerait des capitaux considérables. Aussi, au début, on n’en établirait qu'un petit nombre à titre d’essai ; mais le système s’élendrait rapidement, car les ateters privés ne pourraient soutenir longtemps la concurrence. Les ateliers sociaux auraient en effet tous les avantages dont jouissent aujourd'hui les gros industriels, économie de frais généraux résultant de la production en grand et emploi des machines. Ils auraient sur eux une supériorité incontestable, la plus grande productivité du travail des ouvriers, Sous lerégime actuel, l'ouvrier n’a aucun intérêt à produire davantage; toute la plus-value de son travail doit accroître la part du patron.Il n’en est plus de même des travailleurs associés ; ils

cherchent à produire le plus possible pour augmen-

Page 1