‹ Les Théories Sociales de Louis BlancChapitre 57 sur 162 · Capital et Travail, trad. B. Malon, p · texte numérisé non relu

Capital et Travail, trad. B. Malon, p

04e selon ses forces, consommer suivant ses besoins. Pour réaliser le parfait bonheur dans une société arrivée au dernier terme de son développement, il suflira de deux choses: d’abord que chacun puisse développer librement ses facultés et ses aptitudes, ensuite que chacun puisse contenter pleinement ses besoins et ses goûts”. Le christianisme avait créé le dogme de la souffaance méritoire. Il disait aux malheureux : une heure de souffrance sur la terre vous vaudra des siècles de bonheur dans une autre vie ; et le peuple confiant courbait la tête. La souffrance était sainte dans l’apôtre se vouant aux privations les plus dures pour la propagation des idées nouvelles, où il croyait voir le bonheur de ses semblables *. Elle ne peut être méritoire quand elle n’a d'autre but que de permettre à quelques oisifs de vivre au milieu des plaisirs.

Aujourd’hui, le peuple désabusé se demande s’il n’est pas Juste qu'il y ait place pour tous au banquet de la vie. Dieu à créé tous les hommes égaux en droit; il a fait la terre assez féconde pour que tous puissent y vivre largement. S'il

n’en est pas ainsi, c’est que les uns ont trop pen-

1. Discours à la Commission du Luxembourg, Moniteur du 7 avril 1848.

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