Louis Blanc. Organisation du travail, p
manufacturière. Aussi, la meilleure organisation agricole serait celle où les cultivateurs seraient tous propriétaires d’un domaine peu étendu, qu'ils feraient valoir eux-mêmes.
Cette organisation ne serait pas incompatible avec le système des associations agricoles. Les petits propriétaires, tout en exploitant séparément, pourraient acheter en commun des machines et des engrais. Leur travail serait ainsi allégé, et, achetant par grandes quantités, ils paieraient moins cher. C’est ce que font aujourd’hui les syndicats agricoles, qui, malheureusement, sont encore peu nombreux. Le paysan, à l'esprit fermé et peu expansif, s’est presque toujours montré jusqu'ici hostile à toute idée d'association.
Louis Blanc avait élaboré en 18/49 un plan d’association agricole sur le type des ateliers sociaux. Suivant lui, l'industrie ne devait pas faire oublier l’agriculture, et la réorganisation devait se faire dans toutes les branches du travail.
Les terrains nécessaires à l'établissement des colonies agricoles seraient fournis par les communes. Le domaine communal, qui a été très important sous la Révolution, a été aliéné en grande partie depuis cette époque. Il serait facile de le reconstituer promptement: il suffirait de :
décréter que les successions collatérales feront
retour à la commune’. Ce domaine communal, qui ne pourrait que s'étendre, serait inaliénable. Comme pour l’industrie, l'initiative de la réforme agricole serait laissée à l'Etat, qui achèterait aux communes leur domaine. Il se procurerait les ressources nécessaires par la socialisation de la
Banque de France, des chemins de fer, des canaux et des mines.
Le fonctionnement serait à peu près identique à celui des ateliers sociaux créés dans l’industrie. Le directeur serait d’abord nommé par l'Etat, puis il serait élu par les ouvriers lorsqu'ils auraient eu le temps de s’apprécier. Le personnel serait composé en partie de cultivateurs et en partie d'ouvriers exerçant des professions qui se rattachent à l’agriculture. Il y aurait par exemple des charrons et des maréchaux-ferrants. Suivant l'expression de Vidal : «ce serait le mariage fécond de l’agriculture et de l’industrie * ».
Au début, le directeur déciderait seul de l’admission de nouveaux membres; mais dans la suite, les travailleurs associés pourvoiraient, par eux-mêmes où par un conseil élu, au recrutement
de l'atelier, et ils régleraient seuls toutes les ques-