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de l’ancienne Faculté de Médecine de Reims
LES COLLECTIONS DE THÈSES Collections des Docteurs Raussin, Maldan, Jolicœur.
La l'acuité de Médecine en i’Univèrsité de Reims, qui exista de fait dès les premiers mois de l’année looO, disparut en mars 1793 avec les autres établissements d’instruction.
Le décret de la Convention n’eut-il pas paru, la Faculté, déjà caduque à cette époque, serait morte un peu plus tard de vieillesse.
C’est que nos pères, enfermés dans le cercle étroit des théories et des doctrines, étaient restés à peu près immobiles quand tout marchait autour d’eux ; alors que la chi-
rurgié, s’appuyant sur rexpérimcntation et l’observation , faisait de rapides progrès, et qu’à Reims elle avait des représentants comme Caqué et Robin, la salubemme Faculté ergotait sur les svstèmes et continuait à jurer in verbo mayistri ( 1 ) .
Elle eut cependant un certain renom, grâce à quelques habiles et distingués professeurs qui surent la maintenir pendant plus de deux siècles au premier rang des Écoles de province et la rendre digne du titre qu’elle aimait à se donner de tille aînée de la Faculté de Paris.
Nous connaissons les noms de tous ces Docteurs- Régents, dont quelques-uns jouirent d’une célébrité plus que locale ; nous possédons même, grâce à Raussin, la liste complète des étudiants français et étrangers qui sont venus s’asseoir sur les bancs de nos Écoles.
Mais la plupart des maîtres de l’époque, absorbés par les soins d’une clientèle étendue et les devoirs de leurs fonctions, n’ont point laissé de travaux imprimés qui puissent nous indiquer l’esprit de leur enseignement ou nous faire connaître leurs opinions sur les principales questions qui agitaient alors la médecine.
Heureusement, il est une source d’informations très incomplètement explorée jusqu'ici (2), où nous allons
(t) On peut juger de la façon dont on enseignait à la fin du xvme siècle par les conclusions des dernières thèses soutenues avant la suppression de la Faculté de Reims: La seule cause motrice des fonctions du corps humain est l'irritabilité (22 octobre 1792); — la chasse à cheval convient aux dames de la Cour (7 janvier et 8 janvier 1793); — Les changements fréquents dans les phénomènes atmosphériques sont salubres (23 février 1793). /
(2) Voyez Mald.vx, Le catalogue des imprimés de la bibliothèque de Reims, II, 1 84 1, p. 203-291. — Maldan, Histoire de la Faculté de
largement puiser, et peut-être pourrons-nous combler en partie ces desiderata.
Je veux parler de la collection des Thèses, des Questiones me clic æ de 1 ancienne Faculté, série nombreuse de documents successifs qui permettent d’esquisser Fliistoire médicale de notre cité dans sa période la plus florissante.
De même qu’à Paris, Guy Patin et surtout Th. Baron avaient réuni à grand’peine les dissertations de la Faculté et formé de précieux recueils, à Reims, Ilédouin, Le Camus, Raussin, Caqué, Navier, au xvme siècle, Maldan, de nos jours, ont collectionné ces opuscules devenus aujourd’hui fort rares.
L.-J. Raussin surtout, doyen de la Faculté de Médecine, garde des Archives de l’Université, entraîné par goût aux recherches bibliographiques et historiques, avait constitué un fonds important déposé depuis à la Bibliothèque de la Ville.
Il comprend plus de deux mille thèses de Paris, de Reims, de Caen, de Douai, en onze volumes reliés et quatre cartons.
En 1885, les héritiers de cet autre chercheur infatigable, Maldan, offraient à la même bibliothèque les documents d’histoire médicale qiFil avait accumulés et dont il n’avait mis en œuvre qu’une faible partie ; les anciennes
médecine de l'Université de Heinis ; Chronique de Champagne, IV, p. 351 ; — De l'ancienne école de médecine de Reims-; Almanach- Annuaire de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, 1870, p. 53 ;
— Ad. H en rot, Faculté de Médecine, dans : Notices sur Reims
rédigées à l’occasion du Congrès de l’Assoc. franc., pour l’avancement des Sciences, Reims, 1880, p. 128; — Corlieu, L’ancienne Faculté de médecine de Reims, Paris-Médical, 1886, n° 22 et suivants.
thèses y sont représentées par trois volumes in-i° et trois cartons ; elles proviennent pour la plupart de Caqué et de Navicr.
Enfin la collection de Le Camus (deux volumes et un carton de thèses in-i°; quarante et une thèses in-folio) est aujourd’hui entre les mains de son très obligeant arrière-petit-fils, notre confrère le Dr Jolicœur, qui l’a mise à ma disposition avec une amabilité dont je ne saurais trop le remercier (1).
C’est un total de plus de trois mille thèses rangées sans ordre que j’ai feuilletées. Avant de décrire celles de Reims, les seules qui nous intéressent, il me faut dire quelques mots de la cérémonie à laquelle donnait lieu leur soutenance.
(t) Pas une seule de ces anciennes dissertations n’existe à la bibliothèque de l’École de médecine de Reims. Celle-ci, dont le noyau a été constitué parla Bibliothèque de l’ancien Hôtel-Dieu, auquel sont venus s’ajouter les livres légués par Simon, Briquet et Bulteau, renferme quelques ouvrages rares ayant appartenu à Le Comper ou à Raussin. — Il est regrettable d’y constater l’absence complète de tous les imprimés, thèses, brochures, intéressant l’histoire de la médecine locale.