‹ Les thèses de l'ancienne Faculté de Médecine de ReimsChapitre 2 sur 67 · LACTE DES THÈSES · texte numérisé non relu

LACTE DES THÈSES

Thèses' quodlibétaires, cardinales, cathédralitiennes. — Réforme de 1662. — Thèse générale. — Doctorat. — Oralio gratulatoria.— Panégyrique.

Avant la réforme de la Faculté de Médecine (1662), le candidat au titre de Docteur devait soutenir deux

thèses.

La première, sur un sujet quelconque de physiologie, s'appelait Quodlibé taire ; c’est la thèse de baccalauréat. La seconde était la Cardinale ou thèse de licence. Ce

nom lui avait été donné comme un témoignage de la reconnaissance des médecins pour le cardinal Guillaume d’Estouteville, archevêque de Rouen, légat du Pape, réformateur de l’Université en 1452. Il avait supprimé alors comme impium et irrationabilc l’article des anciens statuts qui exigeait le célibat des candidats à la régence.

De plus, ceux des docteurs qui briguaient le titre de

Professeur (levaient présenter une thèse originale qui portait le nom de cathédralitienne. Nous connaissons celles de Lenglet, de Lapile, de Rainssant, qui leur valurent une chaire « à la dispute » en 1611, 1615 et

Les renseignements manquent presque complètement sur la soutenance de ces thèses pendant la première période de la Faculté.

La scène se passait dans les 'écoles Antonicnnes, que la libéralité d’Antoine Fournier et d’Antoine de Beauchêne avait permis d’élever près de la Cathédrale. Tous les docteurs-régents y assistaient en robe rouge, avec l’épitoge et le chaperon doublé d’hermine; les bacheliers portaient la robe noire et le chaperon herminé. Les premiers, « professores et doctores disputaturi », toujours peu nombreux, argumentaient tour à tour, en latin bien entendu; le candidat devait riposter dans un langage aussi cicéronien que possible.

La discussion s’échaudait quelquefois.

En 1655, on voit apparaître pour la première fois le moderator ou censeur , chargé de maintenir les adversaires dans les bornes d’une argumentation scientifique et polie. Vingt ans plus tard, il est remplacé par le président, qui, nous le verrons tout à l’heure, est souvent l’auteur de la

thèse que le bachelier est chargé de défendre.

En 1660, sur la requête du recteur Th. Mercier, la refonte de TOniversité fut décidée. Les professeurs, craignant que l’on ne touchât à leurs privilèges, firent des démarches pour s’y opposer. /

« Les députés de Reims sont arrivés, écrit Guy Patin le 1 A janvier 166 1 ; fer cet negotium reformations totius acaderaiæ Remcnsis. C’est bien malgré eux s’ils le souffrent ;

tous tant qu’ils sont voudraient bien l'empêcher ; ils ressemblent aux moines qui ont peur d’être réformés,

et qui ont appréhension qu’on ne leur diminue leur pitance, leur demensum. »

Ce fut précisément Patin qui fut chargé de rédiger les nouveaux statuts de la Faculté de Médecine de Reims (1662). Nous en extrayons les articles qui règlent le mode de soutenance des thèses :

.... IX. — Novo baccalaureo præstituatur a Decano et præside quœstio physiologica de quà thesim quinque appendicibus instituet, quæ quodlibetaria dicitur. Illam autem Decani præsidisque censuræ subjiciet, probatam et emendatam, et typis excusam ad singulos doctores baccalaureus deferet aliquot diebus ante pubb'cam ipsius pugnationem, quæ cædet in sextum, aut circiter, mensem a baccalaureatu

, XF — ElaPso uno anno’ an circiter, a propugnata quodlibetaria, baccalaureus à Decano et præside pathologicam vel therapeuticam quœstionem accipiat, quæ thæsi quinque appendicibus distinctœ præfigat : et hanc cardinalitiam dictam a Decano et præside examinatam, probatam, typis excusam ad singulos doctores déférât, diebus aliquot antequam eius palam propugnandæ causa sedeat.

XII. Tuendæ theseos cardinalitiæ munere functus baccalaureus, aphorismum Hippocratis a Decano designatum post mensem meditata oratione publicè exponat.

XJL r. Exîranei can(p^ati tum ad quodlibetariæ et

cardinalitiæ thesim disjunctis diebus propugnandam admittantur.-

Junioribus, etsi nondum majorum emolumentorum capacibus, liceat suo ordine prœesse quibus libet actibus publicis, sive quodlibetariæ, sive cardinalitiæ, sive doctoratui ; modo ante solidum decimum annum, doctoralem laurealem in remensi academia consecuti sint. Nec cuiquam gratia ulla liât istius temporis, cujus cum aliquid in aliquo desideiabitur, præsidendi jus redibit ad aliquem e senioribus

qui rite probatum a tota schola candidatum pilco apollinari donabit.

XXVII. — Doctorcs, cum seniores, tum juniorcs, omnes quidem rcgcntium, profcssorum vefo titulo ii soli gaudeant, qui publicê docent in scbolis; ac ne quis contcntioni locus relinquatur, in omnibus thesibus propugnandisdoctorumnominibus tria tantum hæc vocabula præligantur : Dotnini doctores disputatiin.

Ainsi, on maintenait les deux thèses quodlibétaire et cardinale; un peu plus tard (1707), on y ajoutait une thèse générale que le licencié présentait le jour même de sa réception au doctorat, et dont le sujet était invariable : Le Futilité des cinq parties de la médecine.

Non seulement la nature de ces épreuves, mais l’époque même à laquelle le candidat devait les subir étaient indiquées par un règlement dont Raussin nous a conservé le détail.

L’étudiant, y est-il dit, muni de sa lettre deMaître-ès- Arts et de certificats constatant quatre années d’études à Reims ou à Paris, adresse à qui de droit, le lundi de la Saint-Martin, après l’élection du doyen, une supplique où il demande qu’on lui fixe le jour de l’examen de baccalauréat.

Il dépose quelque temps après 300 livres chez le doyen, et offre à chaque docteur trois livres de bougies (on disait alors des chandelles de cire), puis, au jour fixé, revêtu de la robe longue, veste talari indue tus , il est interrogé pendant 4 heures sur les choses naturelles, non naturelles et contre nature.

En février suivant, examen d’anatomie, avec dessins au tableau et démonstration sur le cadavre ; il a déboursé

auparavant les 300 livres et distribué les 3 livres de chandelles obligatoires.

Quelques jours après, discussion delà thèse physiologique, précédée de la meme redevance.

En mai, juin ou juillet, examen de matière médicale Cette fois les bougies sont remplacées par un goûter succulent qui répare les forces du candidat et de ses examinateurs : examine perado, omnium Doctorum vires, suasque, opima reficere marandâ débet .

Cinq ou six mois plus tard, en décembre, examen opératoire sur le cadavre, interrogations sur la chirurgie et 1 application des médicaments externes.

La thèse pathologique doit être présentée un an après la qundhbétaire (I); puis, un mois après, le candidat développe un aphorisme d’Hippocrate ; la veille, il a eu soin d en répandre le programme dans la ville : '

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