ÉTUDE CLINIQUE DES THROMBOSES
Les ihromboses veineuses. Dans notre première observation, les thromboses sont restées absolument latentes: malgré les volumineux thrombus des deux veines caves, il n'y eut ni œdème, ni douleur sur le trajet des grosses veines. Pour expliquer cette absence de symptômes rappelons que les caillois n'obstruaient pas complètement la lumière des vaisseaux, | et permettaient, du vivant du malade, une circulation efficace quoique très ralentie.
Dans d’autres cas, les thromboses se révèlent par une symptomatologie rappelant la phlegmatia. Le début est annoncé par une douleur plus ou moins vive sur le trajet de la veine; puis apparaissent l'œdème du segment sous-jacent, l’induration du cordon veineux perceptible sur le trajet des vaisseaux superficiels. |
Nous signalerons ci-dessous les symptômes particuliers aux localisations les plus fréquentes, nous réservant de consacrer un chapitre spécial à la thrombose des corps caverneux.
Les thromboses cardiaques sont, pour une part certaine dans les phénomènes de dyspnée et d'insuffisance cardiaque qui précèdent de peu la mort des leucémiques. Elles expli-
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quent certains cas de mort subite. Toutefois, il est impossible d'en faire le diagnostic du vivant du malade.
Localisations principales. — 1) La thrombose des veines fémorales et saphènes internes est la plus typique et sans caractères particuliers (observation III).
2) La thrombose des veines du cordon, annoncée par une douleur au pli de l’aine, surtout vive à la sortie du canal inguinal, entraîne de l'hydrocèle et de l’œdème des bourses (observation IT).
3) La rétinite leucémique présente un intérêt plus spécial. Les troubles subjectifs sont variables et peu accusés. À l’examen du fond d'œil, en dehors de la teinte blanche diffuse, des hémorragies, et de l’état flou de la papille (lésions banales dans la leucémie myéloïde), on peut, dans quelques cas, noter une obstruction de l'arbre vasculaire rétinien par un thrombus blanc ou une stase leucocytaire.
Dans l'observation de Rochon Duvigneaud, les veines rétiniennes étaient énormes, saillantes, tortueuses, de coloration rose jaunâtre; vers la périphérie, quelques-unes étaient transformées en cordons blancs plus ou moins moniliformes, qui représentaient soit des stases leucocytiques, soit de véritables thromboses.