‹ Les timbres de l'emission de BordeauxChapitre 5 sur 13 · TES GRO OT RS STE · texte numérisé non relu

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nettes, représentant une valeur de quinze RAC ES huit cent mille francs.

La fabrication ne fut pas très active dès les premiers jours, comme en témoigne cette lettre du directeur des Postes de la Gironde.

Bordeaux, le 17 février 1871.

Monsieur le Directeur Général.

Dans le but de répondre à la demande de renseignements que vous m'avez adressée je ne crois pouvoir moins faire que de vous exposer, en quelques lignes l'historique de la fabrication des timbres à Bordeaux. Les opérations commencèrent le 6 novembre dernier (7 . ...

Dès les premiers jours, M. Delebecque ne put fournir les 4.000 feuilles que lui imposait son traité. Ce ne fut que vers le milieu du mois de décembre qu'il atteignit ce chiffre. Depuis le milieu de décembre jusqu'à ce jour, les ateliers ont fabriqué presque continuellement plus de 4.000 feuilles, si ce n’est pourtant, dans les premiers jours de janvier, lesquels virent la production diminuée par suite d’une grève partielle (8) et momentanée des imprimeurs de presses à bras.

Le Directeur des Postes de la Gironde.

Signé: LAPOUYADE.

Le 4 mars 1871, le Directeur des Postes de la Gïironde écrivait au Directeur de la Monnaie de Bordeaux.

Bordeaux, le 4 mars 1871.

Monsieur

J'ai l'honneur de vous informer officiellement que l'Administration a décidé la cessation immédiate de la fabrication des timbres-poste, et qu’en vertu des articles 3 et 4 de la convention du 31 octobre dernier, le délai de dix jours qui vous est accordé, à titre de prorogation convenue, commencera à partir de demain © courant.

Le Directeur des Postes de la Gironde, Signé: LAPOUYADE.

(?) Le 31 octobre, d'après M. Delebecque, et cette dernière date doit être la véritable, car, sur parole, M. Delebecque s‘était pourvu de matériel et avait commandé les gravures avant que le traité fut signé.

() Déjà ! et pendant la guerre!

Lorsque la fabrication eut été arrêtée (on ne sait au juste la date exacte, M. Delebecque dit le 18 Mars) le directeur des postes de la Gironde se transporta à la Monnaie, se fit livrer le matérial et fit poncer devant lui les pierres contenant les planches de 300 vignettes. Voici la lettre qu'il adresse au directeur général des Postes à Paris:

Bordeaux le 20 Mars 1871. -

Monsieur le Directeur Général des Postes,

J'ai l'honneur de vous informer que nous avons dès la cessation de la fabrication des timbres-poste mis sous double scellé la partie essentielle de l'outillage.

C'est-à-dire:

10 Une matrice, gravée sur bois, pour timbres à 20 centimes (laquelle n’a été utilisée que pendant les premiers jours de la fabrication); (°)

29 Neufs matrices, gravées sur pierre lithographique, pour confection des figurines de 1 à 80 centimes;

30 Une matrice, gravée sur bois, pour chiffre taxe;

40 Dix reports matrices, retouchés, ayant servi à la confection des planches de 300 figurines.

Le Directeur des Postes de la Gironde, Signé : LAPOUYADE.

Tout ce matériel fut détruit le 12 août 1871, comme en témoigne le procès-verbal suivant:

L'an mil huit cent soixante et onze, le 12 août nous soussignés, agissant en vertu de l’article 3 des marchés du 31 octobre 1870, relatif à la fabrication des timbres-poste à Bordeaux et des instructions données le 3 août courant par M. le Directeur général des Postes, nous avons procédé à la destruction de la partie essentielle de l'outillage et dont la description, insérée dans le procès-verbal du 18 mars, est reproduite,

En foi de quoi nous avons dressé le présent procès-verbal en triple expédition.

Signé: LAPOUYADE, DELEBECQUE.

Quant au stock qui restait à la Monnaie de Bordeaux, une partie fut dirigée vers les recettes centra-

(°) contrairement à cette asseriion, n’a pas été utilisée (voir fin page 13).

les de Nancy, Chalons-sur-Marne, Besançon, ‘ Lille Dunkerque, Douai, Boulogne-sur-mer, Marseille, Nimes Béziers et le reste fut envoyé à la Monnaie de Paris là, les timbres ne furent pas utilisés, ils restèrent dans les tiroirs de ces établissements jusqu'en 1876 où tout le stock fut incinéré (1°), malgré les offres très élevées faites à l’administration par les marchands de timbres.

Et ainsi finirent ces vignettes qui ont fait déjà cau'°; bien de l'encre.

Détruisons avant tout, la legende des timbres dite impression fine de Tours, il n’y eut jamais de timbres imprimés à Tours. Tous les timbres furent tirés à la Monnaie de Bordeaux, dans des ateliers agencés exprès pour cette fabrication et toutes les expéditions furent faites dans cet hôtel, sous la surveillance d’un comité composé du Directeur de la Monnaie, d’un inspecteur général des postes du département.

Le premier moyen qui était venu à l'esprit de M. Augé Delille, l’imprimeur-lithographe à qui le Directeur de la Monnaie de Bordeaux s'était adressé pour l'essai de timbres, avait été de photographier un dessin à plume exécuté par M. Dambourgez et de reporter cette photographie sur pierre lithographique, l'essai fut désastreux. On pensa alors pour se rapprocher de l'émission typographique des timbres imprimés à Paris, de graver un type et de le reproduire par la galvanoplastie, on fit donc une gravure sur bois de 20 centimes, on renonça à la multiplier et on essaya de reporter sur pierre les épreuves tirées de ce bois, les résultat furent, sans doute, jugés insuffisants, Car, en définitive. M. Dambourgez, fut chargé de dessiner le type de 20 centimes sur pierre lithographique.

(2) Nous ne garantissons pas cette date.

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