‹ Les timbres-poste suisses, 1843-1862Chapitre 1 sur 184 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

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correspondance par l'emploi des timbres que tous doivent ces bienfaits.

La plupart, il est vrai, profitent de ces nombreux avanages sans prêter attention à la source d’où ils découlent. Les timbres ont partagé le sort de tous les objets qui sont devenus d’un usage. journalier, nécessaire : on s’en sert continuellement, on serait cruellement privé s'ils venaient à faire défaut; mais on ne songe guère à apprécier les services qu'ils vous rendent.

Si telle est la pratique générale, il faut cependant reconnaître qu’elle souffre quelques exceptions. Tout le monde ne professe pas celle indifférence pour ces humbles morceaux de papier, qui, à peine leur office rempli, à peine la lettre dont ils guidaient la marche arrivée à destination, sont négligemment jetés au panier avec l’enveloppe qu'ils décorent.

Peu d'années après l'apparition des premiers timbres, quelques personnes ont pris plaisir à recueillir ces étiquettes mullicolores, à les classer, et elles ont trouvé dans cette occupation assez d’attraits pour que bientôt ce genre de collection obtint beaucoup de vogue.

Ce n’est pas seulement un sentiment de curiosité qui est flatté par l'inspection des sujets si variés que présentent les timbres des divers pays; ce n’est pas seulement un intérêt arlistique qu'éveille en nous la galerie de ces tableaux minuscules, dus en général au crayon des meilleurs artistes.

L'étude des timbres se rattache à mille autres études, elle suppose des connaissances très variées, et l’on ne se figure pas, si on ne l’a pas expérimenté, combien le maniement et le classement de ces figurines sont instructifs.

Des écrivains compétents ont maintes fois défendu les col-

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lections de timbres contre des attaques injustes et démontré qu'elles n’ont rien de puéril, comme on le croit trop sénéralement. Tout récemment encore, un savant livre résumait excellemment les avantages que présente celte étude (1). Il nous suffira donc de quelques mots pour rappeler ce que d’autres ont si bien dit avant nous.

Sœur cadette de la numismatique, la timbrologie offre avec celte science de nombreux points de contact. Bien inférieurs aux monnaies par la fragilité et l'absence de valeur intrinsèque de la matière première, les timbres leur ressemblent sous la plupart des autres aspects. Comme elles, ils nous apprennent l’histoire de chaque nation, en nous révélant, par la transformation des effigies ou des légendes, la succession des différents souverains et les vicissitudes politiques de tous les États du globe. Suivant une ingénieuse remarque du D' Legrand, ils gardent mème quelquefois la trace d'événements trop fugitifs pour avoir eu le temps d’être fixés par le bronze ou l'argent, et l’on a vu en certains pays des prétendants imprimer des timbres avant d’avoir pu s'emparer du pouvoir et battre monnaie.

Rien n’empèche de faire un peu de philosophie en s’occupant de timbrologie, et la simple inspection d’un timbre suffit souvent à indiquer le caractère d’un peuple ou d’un gouvernement. Ainsi l’état plus ou moins avancé de la civilisation se traduira par la perfection plus où moins grande du travail artistique; on reconnaïtra facilement les républiques avec leurs figures symboliques ou les portraits de leurs grands hommes, les monarchies avec l’effigie de leurs souverains ou les armes des familles régnantes. Quelquefois mème on pourra deviner, d’après (1) Manuel de l'amateur de timbres, par le D: A. Legrand (D' Magnus). Paris, 1894,

in-8° de 396 pages.

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