‹ Les timbres-poste suisses, 1843-1862Chapitre 4 sur 184 · AVANT-PROPOS IX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS IX

de 2 rappen et demi, qui furent émis à Bâle, valaient donc en monnaie française 0 fr. 0357.

En 1850, une loi fédérale étendit à toute la Suisse la monnaie usitée à Genève, c’est-à-dire le système monétaire français; mais cette loi ne devint obligatoire qu'à partir du 1% janvier 1852. Une observation importante est ici nécessaire, afin de prévenir toute espèce de confusion; en effet, tout en adoptant la monnaie de valeur française, la Suisse maintint dans sa terminologie monétaire le mot rappen; seulement, au lieu de conserver le sens qu'il avait à Zurich ou bien à Bâle, ce mot est devenu synonyme de centime. Il faut donc bien se rappeler qu’à partir de l'émission de 1852, rappen n’a plus la même signification qu'’autrefois et veut dire simplement centime.

Pour compléter ces notions préliminaires, il est bon de définir les termes de poids et mesures que nous rencontrerons dans les documents relatifs aux postes suisses.

Dans le système adopté par la loi fédérale du 23 décembre 1851 et devenu obligatoire pour tous les cantons à partir du 1°" janvier 1857, l’unité de poids est la livre française, pesant un demi-kilogramme. Elle est subdivisée en 1/2, 1/4, 1/8, 1/16 et 1/32 de livre, et ces deux derniers poids portent des noms spéciaux : l’once et le loth. La livre vaut donc 16 onces ou 32 loth.

L'histoire des timbres suisses a déjà été l’objet d’un nombre considérable de publications, ainsi qu'on peut s’en rendre compte en jetant les yeux sur la bibliographie placée à la fin de cet ouvrage. Quelques-unes d’entre elles ont une importance considérable, comme les articles de Schulze sur les anciens timbres suisses publiés dans le Timbre-poste et le Philatelist, le catalogue dressé par le D° Legrand pour la Société française de timbrologie, la monographie de M. de Reuterskiôld

x AVANT-PROPOS

sur les timbres cantonaux et celle de M. Sanson sur les timbres de Genève; cependant, malgré le mérite de ces études, bien des points encore restaient obscurs, bien des questions sans réponse, et l’on sentait le besoin d’un travail d'ensemble, où serait consigné le résultat de recherches plus approfondies.

C’est dans les réunions de la Société lausannoise de timbrologie, présidée par M. L. Blanchard, que fut conçue l’idée du présent livre. Un dépouillement attentif des pièces officielles conservées dans les archives et une revue soigneuse des feuilles périodiques ont, avec une longue recherche menée dans les principales collections, permis à MM. Chenevière, Mirabaud et de Reuterskiôld de réunir une somme importante de renseignements inédits, qui justifient cette nouvelle publication. Sans doute ils ne sauraient se flatter d’avoir atteint la perfection, sans doute plus d’une lacune reste encore à combler; mais ils espèrent qu’en donnant d’une façon aussi exacte que possible l’état actuel de la science, ce livre rendra des services aux amateurs et provoquera peut-être de nouvelles découvertes. Dans cet essai, qu’ils sont loin de considérer comme absolument définitif, ils ont cherché à exposer simplement ce qui leur paraissait ètre la vérité. S'ils ont commis des erreurs dans les questions souvent difficiles qu'ils avaient à élucider, iis seront heureux d’accueillir toutes les rectificalions qu'on leur proposera et de meltre à profit l'indication des textes ou des faits qui ont pu leur échapper.

Quand il s’agit de timbres, aucune description ne saurait suppléer à l'inspection de la figurine elle-même; il est impossible de fixer suffisamment les idées du lecteur si l’on ne fait point passer sous ses yeux une reproduction exacte du timbre dont on s'occupe. Des planches exécutées avec soin devaient donc de toute nécessité trouver place dans ce livre,

Page 1