VIII AVANT-PROPOS
proprement dits. On ne saurait montrer par un exemple plus frappant combien l'étude des timbres force à bien connaître l’histoire et les institutions d’un pays.
Avant la réforme de 1848, les vingt-deux cantons qui composent la Confédération helvétique n’employaient pas une monnaie uniforme, et, pour étudier leurs timbres, il est nécessaire de passer en revue leurs différents systèmes monétaires. Mais, comme Zurich, Genève et Bâle ont été les seuls à faire usage de timbres particuliers, nous nous bornerons à exposer la valeur des espèces qui avaient cours en ces trois cantons.
Pour Genève, pas de difficulté : on y employait, alors comme aujourd’hui, le système monétaire français, le franc et le centime ayant la mème valeur que de nos jours. La seule différence avec l'argent français consistait dans les divisions de la monnaie de billon, qui comprenait des pièces de 1, 4, 10 et 25 centimes.
A Zurich, on comptait en rappen, schillings et florins. Le florin, correspondant à 2 fr. 29 de notre monnaie, valait 40 schillings, et le schilling 4 rappen; le rappen représentait donc 0 fr. 0143; le schilling, O0 fr. 0572; par conséquent, le timbre de 4 rappen valait un peu plus de 5 centimes et demi, tandis que celui de 6 rappen égalait à peu près 8 centimes et demi.
Le canton de Bâle avait bien pour unité monétaire le franc, ou quart d’ «ëcu neuf», mais c'était le franc suisse, employé également dans les cantons d’Argovie, Berne, Fribourg, Soleure, Vaud et Valais, et correspondant à 1 fr. 43 de notre monnaie.
Le franc suisse renfermait 10 batzen, ou 100 rappen, d’où il est facile de conclure que le batzen répond à 14,3 centimes et le rappen suisse à environ 1 centime et demi. Les timbres