‹ Les timbres-poste suisses, 1843-1862Chapitre 52 sur 184 · ANNONCE CONCERNANT L'INTRODUCTION DE NOUVEAUX TIMBRES-POSTE · texte numérisé non relu

ANNONCE CONCERNANT L'INTRODUCTION DE NOUVEAUX TIMBRES-POSTE

1 septembre 1854.

Les timbres-posie jusqu'ici en usage dans l'administration fédérale des Postes sont remplacés par de nouveaux, savoir :

Bruns à 5 centimes.

Bleus à 10 — Rouges à 15 — Orange à 20 — Verts à 40

et doivent, par consèquent, être échangés, à partir du 15 courant, auprès de tous les bureaux ou dépôts de poste, contre des timbres

(1) Feuille postale officielle, 1854, p. 347.

d'une valeur nominale pareille. Jusqu'à la fin de septembre aura lieu simultanément l'emploi d'anciens et de nouveaux timbres-poste; à partir du 1er octobre, en revanche, les anciens timbres-poste seront hors d'usage.

A dater de cette époque, l’affranchissement des correspondances deviendra obligatoire au moyen de limbres-poste, tant pour les objets destinés à l'intérieur de la Suisse que pour ceux destinés à l'étranger. Le payement au comptant des taxes ne sera admissible que pour les montants d’affranchissement à taxe réduite qui ne pourront pas étre représentés par de nouveaux timbres.

Le nombre et l'espèce de timbres nécessaires à l'affranchissement sont laissés au choix de l'expéditeur, qui est tenu de jeter lui-même dans la boite aux lettres l’objet affranchi.

Celles des dispositions de l'instruction du 9 septembre 1850 (concernant les timbres-poste) qui ne sont pas en contradiction avec la présente continuent de demeurer en vigueur.

CIRCULAIRE AUX DIRECTIONS D’ARRONDISSEMENT, CONCERNANT LES TIMBRES-POSTE DE | FRANC.

42 février 1855.

Afin de satisfaire au besoin d’un mode plus facile de représenter des montants élevés au moyen de timbres-poste, leur emploi étant obligatoire dans les cas d’affranchissement, il sera dorénavant mis en circulation des timbres-posie d’une valeur nominale de 1 franc.

Ces timbres sont fabriqués d’après le modèle des timbres actuels, de couleur gris clair, et portent la désignation de leur valeur nominale de 1 franc, exprimée dans les trois langues nationales.

La Monnaie fédérale est chargée de leur fabrication, et la direction de l'arrondissement de Berne, de leur livraison aux autres directions d'arrondissement, ainsi que de leur contrôle.

LISTE DES TIMBRES LIVRÉS PAR Muxicu.

Livraisons Dates 5 rappen. 40 rappen. 15 rappen. 40 rappen. 11 15 avril 1853 400,000 2 16 — — 300,000 100,000 SUMMER EE 50,000 200,000 150,000 46) PAU 11 — 00,000 SEL JO 200,000 200,000 G° 16 juin — 150,000 100,000 150,000 7 25 — — 400,000 g 920 juillet — 200,000 150,000 50,000 GE 19 août — 400,000 10° 27 — = 100,000 300,000 112 31 — — 200,000 200,000 12e 10 sept. — 100,000 300,000 ÉT— — 250,000 49,500 50,000 50,000 Toraux . . .. 1,150,000 2,149,500 1,200,000 700,000

En tout : 5,199,500 pièces, y compris déchets. Les chiffres donnés dans la note sont :

1,100,000, 2,100,000, 1,150,000, 650,000 Toraz : 5,000,000.

Les timbres de l'émission de 1854 ont été imprimés typographiquement en couleur sur papier blanc à fil de soie. Les planches qui ont servi à les obtenir avaient été gravées « en épargne ». À l'impression, les parties blanches sont donc venues en relief et forment une sorte de gaufrage qui diminue naturellement avec les tirages successifs et l'emploi d’un papier plus épais.

Ils présentent la forme d’un rectangle au centre duquel la figure allégorique de la Suisse, l’Helvetia, vue de face, assise et couronnée de lauriers, se détache sur un fond

formé de petits losanges rayés alternativement de lignes

Description des timbres dils « Helvetia assise », émis en 1854.

Papiers à fils de soie.

horizontales et verticales. Ce fond losangé est bordé de chaque côté d’une ligne blanche qui réserve autour du timbre un cadre à teinte unie destiné à recevoir les inscriplions. Ces inscriptions sont en haut : Franco; en bas et sur les côtés, la valeur dans les trois langues nationales: CENTIMES à gauche, GENTESIMI à droite, RAPPEN en bas. L'intersection des quatre lignes blanches dont nous avons parlé dessine aux angles du timbre un petit carré dont le centre est occupé par une rosette blanche.

Il est dans l'étude des.timbres du type 1854 un point important, c’est celui des fils de soie insérés dans la pâte du papier destiné à l'impression de ces timbres. Bien qu'ayant donné lieu à plusieurs dissertations, dont la plus importante est celle de M. O. Pfenninger (1), cette question était restée jusqu'ici assez obscure. La découverte de textes inédits et l'examen attentif de nombreux timbres sur lettres nous ont permis de l’élucider et de reconnaître qu'elle se résolvait, en somme, d’une façon fort simple.

Il faut distinguer dans l’histoire des fils de soie trois périodes principales. Au début, tous les fils sont d’une couleur uniforme que les textes officiels désignent sous le nom de vert bleu et qui est, en réalité, le vert émeraude foncé. Puis on adopte un second système d’après lequel chaque valeur de timbres est imprimée sur papier à fil de soie de couleur spéciale. Cette fabrication nouvelle commence dès 1855, mais les produits n’en sont livrés à la circulation d’une façon générale qu’en 1856 et 1857. Deux ans s’écoulent et l’on voit se produire un nouveau changement qui n’est autre que le retour au papier à fil vert pour tous les timbres, sauf celui de 1 franc. Cette troisième période

(1) Handbuch der Schweizer Post- Werth-Zeichen, Lausanne, 1890, in-8, p, 44-46.

PAPIERS A FILS DE SOIE 1er

offre donc le mème caractère que la première, avec cette différence cependant que la couleur du fil est d’un vert plus clair et plus vif.

Après avoir ainsi exposé la question dans ses grandes lignes, il convient d'entrer dans quelques détails sur la façon dont ces changements successifs se sont opérés.

Aux termes de la commande faite à l’imprimeur de Munich, tous les timbres devaient être tirés sur papier à fil « vert bleu ». Après que les premiers timbres de cette émission furent mis en circulation, le D' Küster, qui, comme nous le savons déjà, était chargé d’organiser la fabrication des timbres par la Confédération, imagina un perfectionnement consistant à doter chaque genre de timbre d’un fil de soie spécial. Dans une lettre du 28 octobre 1854 il proposait d'employer :

Les fils de soie jaunes pour les timbres bruns à 5 centimes.

— rouges — bleus à10 — = bleus — roses à 15 — = verts = orange à 20 — — bruns — verts à 40 — — noirs — gris à 1 franc.

Cette proposition fut ratifiée le 31 octobre 1854 et dès lors l'impression fut exécutée d’après le nouveau système. Les premières livraisons des timbres ainsi modifiés furent faites à la Direction des postes au commencement de l’année suivante, comme le montrent les lettres conservées à Berne, qui indiquent la date du 21 février 1855 pour le premier envoi des timbres de 40 centimes sur papier à fil brun et celle du 1% avril pour les timbres de 5 centimes sur papier à fil jaune.

Mais la mise en circulation des nouveaux timbres ne

s’exécuta qu'au fur et à mesure de l’écoulement des anciens et l’'approvisionnement de timbres sur papier à fil vert était assez considérable pour que leur usage subsistât longtemps encore après l'adoption officielle des fils à couleurs diverses. Les timbres de 5 centimes sur papier à fil jaune apparaissent, il est vrai, dès le 9 juillet 1855, et l’on rencontre le 15 centimes rose sur fil bleu le 18 juillet de la même année; mais l’usage des fils bleus pour cette valeur ne devient commun qu’à partir de juin 1856, et c’est vers la même époque (18 août 1856) que nous avons trouvé le 10 centimes sur fil carmin, tandis que le 40 centimes sur fil grenat ne s’est présenté à nous que le 29 mai 1857. D’après une note conservée aux archives fédérales, nous savons qu’au commencement de cette année-là, tous les timbres existaient sur papier à fils de soie de couleurs différentes.

Quant au 20 centimes orange, il a conservé purement et simplement son fil vert, puisque c'était la couleur qui lui était réservée, et le timbre gris de 1 franc, qui n’a été émis qu’en 1855, a été imprimé dès le début sur papier à fil noir.

Le D' Küster ne fut pas pleinement satisfait par la mise en pratique du système qu'il avait préconisé. Le fil jaune des timbres à 5 centimes lui parut trop clair et peu visible à la lumière artificielle, et le 24 avril 1855 il demanda son remplacement par un fil de soie orange. Le Département des postes, ne voulant pas perdre la provision de papier à fil de soie jaune qu'il avait en magasin, refusa cette modification.

Le 12 décembre de la même année, M. Küster revint à la charge et réclama que le papier à fil jaune fût au moins attribué au timbre dont on se servait le plus rarement, c’està-dire au timbre de 1 franc, celui de 5 centimes devant être

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