PAPIERS A FILS DE SOIE
dès lors imprimé sur papier à fil de soie noir. On fit droit à cette demande le 14 décembre 1855, mais cette transformation ne fut pas exécutée sur-le-champ et ce n’est que plus d’un an après, le 12 janvier 1857, que nous avons rencontré pour la première fois le timbre de 5 centimes sur papier à fil noir.
Il n’est pas resté trace de la décision officielle qui prescrivit le retour à la couleur uniforme verte pour les fils de soie. Cette décision fut évidemment motivée par la complication qu'apportait dans la fabrication l'emploi de ces papiers variés. Elle fut sans doute rendue en 1858, car c’est le 12 octobre de cette année que le fil vert vif fait son apparition dans le 20 centimes orange. Pour les autres timbres, ce nouveau fil se rencontre dans le courant des années 1859 ou 1860.
On peut constater dans la couleur des fils quelques erreurs, dont le nombre d’ailleurs est relativement peu considérable; assez souvent cependant on rencontre dans toutes les valeurs de timbres des fils que l’on qualifie de blancs et qui, vu leur couleur gris perle, verdâtre ou jaunâtre, nous paraissent être des fils de soie non teinte, à moins qu'on ne doive voir dans les fils jaunâtres ou verdâtres qu’une simple variété de nuance des fils dorés ou des fils verts de la seconde époque.
La nuance des fils n’est pas, en effet, absolument constante; le fil carmin notamment se montre en foncé ou en clair et tourne assez souvent au rose de Chine.
Après avoir observé que les fils de soie ont aussi varié parfois d'épaisseur, nous en aurions fini avec l'examen de cet appendice du papier des timbres 1854, si nous ne devions pas indiquer que l’on rencontre assez souvent des timbres sans fil et des timbres à double fil. Ces variétés
Erreurs dans la couleur des fils de soie.
Timbres à double fil ou sans fil.
Modifications dans la nuance des limbres coïncidant avec les changements de couleur des fils de soie.
sont le résultat d’un défaut de fabrication. Pour insérer les fils dans le papier, on les tendait sur les bords du cadre destiné à recevoir la pâte liquide qui allait se transformer en papier. Les fils étaient, en principe, fixés aux intervalles voulus pour qu'après l'impression des timbres chacun de ceux-ci fût traversé par un fil. Mais il a pu se faire quelquefois que, par inadvertance, ces intervalles fussent mal observés et que, par suite, une rangée de timbres se trouvât dépourvue de fils, tandis que la rangée du dessus ou du dessous en avait deux. Dans d’autres cas, plus fréquents sans doute, un fil a pu se casser ou se détacher et l’on a obtenu encore un certain nombre de timbres privés de fils de soie, sans que toutefois leurs voisins fussent munis de deux fils.
Les modifications qui, comme nous venons de le voir, ont été successivement apportées dans le papier employé pour l'impression des « Helvetia assise », ont coïncidé avec cerlaines variations dans la nuance de ces timbres.
À chaque changement correspondait une nouvelle mise en train de la fabrication et il était fort difficile de retrouver exactement la teinte primitive.
Ces variations, que nous allons exposer en détail, ont naturellement affecté surtout le 5 centimes, pour lequel les fils de soie ont été le plus souvent modifiés.
Nous avons déjà vu que, dès la première livraison faite par limprimerie de Munich, qui ne comprenait que 100,000 timbres de 5 rappen, la couleur de ceux-ci avait paru mauvaise et que du brun rougeâtre on les avait fait passer au brun. Dans cette première période des fils verts, on trouve également des timbres de 5 rappen d’un brun gris, qui sortent probablement des ateliers de Berne. Puis, avec l'apparition du fil de soie jaune, le timbre prend une teinte