Confessions, 2° partie, livre IX
avec une neuro-psychopathie, à forme mixte de neurasthénie, d'hyslérie et de paranoïa. Sa vie nous apparaît comme un continuel conflit entre sa timidité frénatrice et ses passions impulsives : et c'est au moyen de ses états d'exaltation, d'auto-suggestion et de monoïdéisme pathologique qu'il passe outre les obstacles de cette timidité.
Plus intéressante encore est la timidité de Stendhal et celle de Julien Sorel, le héros de son roman Le Rouge et le Noir, dont le caractère semble être à peu de chose près celui de l'auteur lui-même. Ces personnalités offrent l'avantage d'être plus voisines de la normale que celles d'Amiel et de Rousseau, qui sont évidemment des sujets d'exception. De plus, Stendhal comme Julien Sorel sont des types de timides volontaires qui nous offrent l'exemple de la domination de la timidité par la contrainte et l'énergie.
Si l'on en juge par son Journal intime Stendhal a beaucoup souffert de la timidité dans sa jeunesse. Il s'en plaint et se révolte contre elle à maintes reprises.
« Je suis venu chez moi, accablé par l'idée de ma timidité; je n'avais pas la force d'écrire ceci; enfin, j'ai pensé aux avantages de l'esprit de caractère (naturel)'. »
«... Lorsque je vais faire une visite à une femme que j'aime, le résultat de tout cela (timidité et manque de naturel) est qu'avec elle, le premier quart d'heure, je n'ai