LA PEUR
La peur a été soigneusement étudiée dans ces dernières années et elle représente sans doute la mieux connue de nos émotions. Mais avant d'aborder son analyse détaillée, voyons au préalable comment il faut comprendre, d'une façon générale, ces réactions affectives qu'on appelle émotions.
i2 LES TIMIDES ET LA TIMIDITE
Pour nous, l'émotion est avant tout constituée par des éléments moteurs ou des mouvements élémentaires.
« Une émotion, dit M. Ribot, est un état complexe synthétique, qui se compose essentiellement de mouvements produits et arrêtés, de modifications organiques (dans la circulation, la respiration, etc.), d'un état de conscience agréable ou pénible, ou mixte, propre à chaque émotion *. »
A-insi l'émotion, comme son étymologie l'indique déjà, est avant tout un mouvement. On pourrait ajouter un mouvement intérieur.
En effet, s'il est vrai que dans toute émotion interviennent à la fois des muscles de la vie de relation et des muscles de la vie organique, il faut bien reconnaître que ces derniers y prennent une importance prépondérante. Ce sont les mouvements des organes et des viscères qui dominent la scène : ceux des membres et du tronc sont bien moins accentués, lorsqu'ils existent. Seuls les petits muscles de la face, du larynx, du thorax sont fréquemment intéressés. Mais jamais, en tout cas, une émotion n'est constituée par ces grands mouvements et ces grands déplacements du corps qui sont la règle dans les manifestations extérieures de la vie de relation. On peut donc assez légitimement définir l'émotion un mouvement intérieur.
Mais ce n'est pas tout. L'émotion est en outre « une