LIS TIRAILLEURS AU MEXIQUE
Ce fut alors que je l'examinai tout à loiair.
Notre hâte éuil nu grand, mince et pâle gentilhomme déjà sur le retour. S» figure au type espagnol avait un rrmarquable caractère d'intelligence et de diatinction ; aea cheveux étaient blancs et courts; une moustache grisonnante garnissait tes levres ; des sourcils uoirs et épais ombrageaient ses yeux vifs et pénétrants. Son babil, très-ample, était en Ane toile blanche, avec un gilet et un pantaloo de même étoffe. Au bas du gilet, sa taille était entourée d'une riche ceinture de soie rouge. Ses pieds étaient chaussés de souliers de maroquin vert. Un grand chapeau de Guayaquil , qui protégeait son visage contre les rayons du soleil, complétait ce costume pittoresque. Malgré ccs vêtements de coupe tout à fait mexicaine, tout dsns l’extérieur et dans la manière de celui qui les portait trahissait l'hidalgo de pur sang espagnol.
Ces observations ne m'avaient pris que quelques instants, et j’essayai d'exprimer à mon interlocuteur, dans mon meilleur espagnol, les regrets que Réprouvais de U frayeur qu'avaient dû resecatir les jeunes dames, ses filles, à ce que je supposai*.
Le Mexicain me regarda avec une apparence de surprise.
— Comment, seigneur capitaine, dit-il, votre aeeent... Seriex- VOUl donc étranger?
— Est -ce étranger au Mexique que voua voules dire ?
— Oui, sefior. Me serais-je trompé ?
— Non , je suis en effet étranger, répondis-je un peu embarrassé de ma position.
— El y a-t-il longtemps que vous êtes dans l'armée, sefior capitaine?
— Très-pen de temps seulement.
— Comment trouvra-vou* le Mexique, sefior?
— Je n'ai encore guère pu m’en faire une idée.
— Depuis combien de temps êtes-vous dans le pays?
— Depuis trois jours seulement. Nous avons débarqué U nuit.
— Por DiosI trois jours, et déjà dans notre armée, murmura i'Es- P'ffnol avec un étonnement qui n'avait rico de simulé.
Je commentais à croire que j'avais affaire à un lunatique. t — 0*erais-je vous demander de quel pays vous êtes r continus le vieux gentilhomme.
— Je soi* Américain.
— L r n Americanot rrpéla-l-il, car nous conversions en espagnol.
— Y ton «os A mer t canut ? (Et ce sont aussi des Américains ?) demanda vivement ma nouvelle connaissence.
— Si, sefior, répondis-je.
— Carrambol s'écria l'Espagnol avec un tressaillement involontaire.
Et eu même temps ses veux lançaient des flammes.
*-ll n'est pas exact de dire que ce soient des Américains, ajoutai-je, ear ily a parmi eux un Irlandais, on Prançais, un Allemand, un Suédois et un Suisse. Mais quant à présent du moins ils sont tous sons le drapeau américain.
Mais le Mexicain n'était plus là pour entendre mon explication; car, après être revenu de son étonnement, il s'était précipité» travers un massif, et s'éloignait rapidement en nous f»i*sqt pn signe de la main et prononçant ce seql mot : Etperate ! Bientôt ou le perdit de vue tous les bananiers. 1
Lea soldats, réuuit en groupe près du bassin, étaient partis d'un grand éclat de rire avant que Reuiae pu rien fàire pour If» en empêcher, Je dois d’ailleurs convenir que J* terreur du vieux Don en découvrent qui nous étions avait été si comique , que ipa propre gravité n'y put tenir. Aosai ce ne fut pas pans sourire plus d une foi* que j'écoutai les propos que pfls hommes échangeaient entre eut à quelques pas de moi.
— Ce monsieur est un vieux dur h cuire bien pen hospitalier, murmurait Lincoln d'un air de mépris.
— Il me semble^ disait Cbane, qu'il aurait bien pu offrir au capitaine de se rafraîchir, c'était bien le moins après ce qu’il a fait pour s«« jqbej fijlçs,
— I.e diable emporte la maison | file parait sèche comme l'âme d'un PfPvM, Ajoutait no autre enfant de le verte Erin.
— L'est tout d*- même une belle cage, reprenait Cbanc, et avec de jolis oiseaux dedans, encore. Cela me rappelle la vieille Demerar y > * celte différence pré» que dans ce dernier pays il y a de quoi boire. C e<t li qu'on trouve du rhum comme je vous en souhaita à tous tant que vous êtes.
**rr Urçe maisop où il n’y a rien à boire ne peut être que la demeure d’un brigand, ajoutait un autre.
— D un hrigand , dis-tu ? reprenait un camarade.
— 1-t qqrtqjnemeoL PMflflNMfli Mexicains sont tous des voleur*.
— Avex-vous va sa ceinture rouge? faisait observer un Irlandais.
— • Oui, *prc»
— Après, cela signifie, j'en suis sûr, que c’est un chef de brigands; de puenrtjjme^ comme on le* appelle dans ce miudtt pays,
— AU foi ! tu «s raison, c e*t peut être leur capitaine.
— Il n'y a pas de doute que c'est le capitaine, le luxe de cette habitation le prouve assex.
— Et puis avex-vous vu quelles amitiés le vieux drfiie nom f»is*it d'abord , et comme il a changé de ton quand il a au qni n aux étions?
— C'est à tel point que Raoul prétend qu’il a ohert d abord *° capitaine sa maison et tout ce qu'elle oontient. ' r ah
— Ah ! mère de Moïse 1 et les deux jolies fiUea avec ? . . *
— Oui, par-dessus le marché. .
— Par ma foi I si j'étais le capitaine, je n ’h ésit e r ais p*. , accepter. — Cela est en faïence? dit un soldat en indiquant les WUft du pn y rapet.
— Non!
— Kh bien, feit en brique alors? • i .
— P.i ,. , , .... ., aMWB - , *
— En quoi est-ce donc ? ,, -,
— Ne vois-tu pas que c'est de la pierre peinte, gros iRiivy i ...
— De la pierre peinte? C'est bien possible. Est-cr solide?
— Essaye avec ta baïonnette , Jim, tu verra».
Aussitôt fait que dit. Et dans le même moment j'entendis k gri%cernent du fer sur un corps dur et poli. Je me retournai ; c'était ma de mes hommes qui était en train de démolir avec ta baïonnette lu muraille ornée de porcelaine du Japon.
— Finissex de suite! criai -je à ce Vandale.
Chine fit suivre mes paroles d'une réflexion qui parvint à me oreilles, quoiqu’elle fût laite à demi-voix. Celte réflexion était fort réjouissante.
— Le capitaine, disait-il, vous recommande de ne rien détruire ici, parce qu’il épousera bientôt une de» jeune* demoiselles, et il ne serait pas aise de voir h l'avance abîmer sa propriété.
Je riais encore de ce propos, quand je vis notre Don qui revenait vers noua porteur d'un large parchemin qu'il tenait tout déployé à la main. " v « :
— Eh / Mnor ! lui dis-je, qu'est-ce que cela?
— No soy jVfj'rcano, toy Etpaüoi (Je ne suis ps* Mexicain, je suis Espagnol), répoudit-il avec le fierté d’un véritable hidalgo.
Je jetai alors les yeui sur la pièce qu'ü ma présentait, et je vie que c’était un sauf-conduit délivré par le consul d'Espagne à U Vera-Crux, et attestant que le porteur, don Cosme Rotait* , était ori- J gins ire d' Espagne.
— Sefior. lui dit-j* en lui rendant le psrebemin, ceci était tout à fait inutile. Lee circonstance» dao» lesquelle» nous nou« somme» rencontrés suffisaient pour vous mettre a l'ibn de tout mauvais traitement de notre part. D'aillenr» nous faisons |* guerre au* *o ! daâ* armés et point du tout aux citoyens paisibles.
— Es u traaài Mais, seuor, vous êtes mouillé et vous devex avoir faim.
Je ne crus pas devoir nier la chose , d'autant mieux que j'étais ru»» selsnt et de plus fort affamé.
— Vous devex avoir besoin de vous rafraîchir. Si vous voulies entrer dans ma demeure.
— Fermettes-moi , sefior, di»-je alors h l'hidalgo, de vous présenter le major Blossom . le lieutenant Clayley et le lieutenant Oakes. Messieurs, continuai-je en m'adressant à ces derniers : don Cosme Rosalès.
Mes amis et rF.«p*gnol se saluèrent. Le major paraissait enfin avoir
recouvré toute sa tranquillité.
— Vamunos, cobaUtros I ( Alton*, memùeurs 1 ) dit l’Espagnol m m dirigeant vers U maison. »
— Mais vos soldats , capitaine? ajouta-t-U en s’arrêtant tont k coup.
— Ils resteront ici, répondi*-j«.
— Me permettrex-vous de leur envoyer de quoi dioer ?
— Certainement, don Cosme, repris-je, pourtant je ne vaudrais pas que cela vous occasionnât du dérangement.
Quelques minutes après, nous avions atteint le seuil de la uuiaon qui n’était autre que U grande cage dont j’ai donné plus haut la dea criptioa.