LA CELLULE
La nuit vint enfin.
Dix heures sonnèrent, et Karl-Jules se rendit au rendez-vous mystérieux.
La lune, apparue et dérobée dans le ciel , avait parcouru toutes ses phases depuis que l'artiste avait rencontré le moine in-
connu dans les bosqufts du préau. Ce soir-là robseuriié était complète ; l'ombre des murs du cloitie et des arbres épais redoublait celle de la nuit. Karl-Jules marchait en tendant la main devant lui, lorsqu'il la sentit saisir par une main raide et brûlante.
— C'est moi, dit la voix du moine.
— Vous , répondit le brave artiste ; c'est m*en dire très peu , car vous êtes entouré , pour le moment, du double voile de la nuit et du mystère.
— Tu me connaîtras comme ton bien falteur , jeune homme , dit le religieux, tandis que le contact de la main qu'il tenait semblait faire légèrement trembler la sienne. 11 suffit que tu me voies sous cet aspect ; peu importe les autres.
Alors, celui que le sous-prieur de l'abbaye avait appelé frère Saint-François con-
conduisit t'étrangor , que , malgré la règle , il faisait entrer dans rintérieurdola communauté, par l'escalier et les corridors des dortoirs, et l'introduisit dans une cellule dont il referma la porte sur lui.
Tous deux s'assirent devant une petite table sur laquelle reposait une lampe.
Karles-Jules se trouvait pour la première fois dans un de ces étroits réduits , où , devant des murs blanchis à la chaux , les meubles d'usage journalier, disparaissent pour faire place an prie-Dieu, au Christ', au bénitier, à la tête de mort , comme si dans cette retraite les besoins du corps s'eiïaçaient devant ceux de l'âme , à laquelle il fallait donner ses] objets de méditation , de tristesse et de prière. Le premier mouvement de l'artiste fut d'examiner l'intérieur d'une cellule.
Dans cclie-ci, le nom d'Abeilard.éiait plu-
sieurs lois gravé sur la muraille. Celait là où avait habité, pendant son séjour à Saint- Denis , ce noble vagabond des cloîtres , qui se faisait exiler de tous avec sa science, dont la hauteur hardie appelait sans cesse les orages. Il y avait aussi une figure de Vierge de petite dimension, dont la tête était bizarrement entourée de constellations et de signes stellaires ; c'était une belle peinture , mais dont les couleurs et la toile usées annonçaient l'ancienneté et des fréquents transports d'un lieu à l'autre. Les regards de Karl-Jules demeurèrent attachés sur cette figure avec une secrète émotion ; car , par hasard , elle lui rappelait les traits de sa mère, qui étaient restés bien gravés dans sa mémoire.
Le moine ne remarqua pas cette attention; il était occupé à relire un papier posé sur la table.
Son crâne nu reluisait sous la clarté rapprochée de lalampe, la crudité du rayon qui tombait sur son visage , opposée à la dureté des ombres , accentuait davantage les lignes anguleuses de ses traits, et augmentait leur expression rude et farouche. Karl-Jules éprouva un certain frémissement en reportant les yeux sur le moine: il attendait les paroles qui allaient sortir de cette bouche , avec ce mélange de curiosité et de terreur qui préside au moment où la magie va lever le voile de l'avenir.
— Jeune homme , dit le religieux , vousêles demeuré orphelin à cinq ans, et n'avez pas connu vos parents ?
— Guère plus que la plante ne connaît le vent qui l'a semée.
— Vous avez dû bien souffrir de votre isolement?
— Non , la charité d'abord et l'art ensuite m'ont recueilli.
— Ce n'était pas la famille.
— La famille , mon cœur savait la créer autour de moi. Dans mes longues journées de travail, par wne faculté d'illusion que Dieu donnait sans doute à l'enfant isolé , je voyais mon père, ma mère auprès de moi ; je m'entretenais avec eux. Cette conversation intérieure apportait [dans mon esprit de sages conseils et en éloignait les funestes pensées , et chaque soir avant d'aller me reposer, j'embrassais ma mère.
— Vous n'avez jamais pensé qu'il y eut de la fautede vos parents de vous, avoir laissé ainsi sans fortune ?
— Je les supposais pauvres et je ne les en aimais que mieux.
— Cependant;, il doit vous souvenir que votre premier âge fut entouré d'aisance
puisque vous habitiez un riche domaine aux portes de Plangi... Vous rappelez-vous un antique château situé h une lieue de celte ville et où votre mère vous amenait quelquefois?
— Oui, j'y allais tout enfant, et j'avais juge que ses tours devaient toucher le ciel.
— Et les seigneurs de ces lieux , vous en souvenez- vous ?
— Les seigneurs du lieu étaient pour moi de beaux cygnes, qui venaient me recevoir à Tenlrée du ponl-levis, et avec lesquels j'étais fort ami , à ce que je me rappelle.
— Bien dit le moine; maintenant Karl- Jules, écoutez-moi. Votre père, Jacques Sarrazin, était un des cultivateurs les plus riches et les plus honorés de la contrée de Plangi ; il possédait là un vaste domaine dans lequel il apportait aux travaux de Taliricullure des améliorations cjui se répan-
dirent bientôt dans toute la province. Mais la guerre approchait ; les Espagnols, chassés de la \ille d'àmiens par Henri ÏV, pénétrèrent de la Picardie dans la Champagne et vinrent mettre le siège devant Plangi ; cette petite ville esc^ée et bien fortifiée leur opposa ne vigolireuse résistance. Après un long siège cependant, les habitants étaient près de mourir de faim, votre père les nourrit de grains amasses dans ses granges ; les plus braves combattants étaient faits prisonniers , votre père employa sa fortune à payer leur rançon ; et lui, qui n'avait jamais tenu que la charrue , initié tout-à-coup par son courage au métier des armes, combattit sur la brèche jusqu'au dernier jour du blocus. Les Espagnols se retirèrent. Votre père était blessé, son domaine ravagé, incendié; mais il avait nourri, défendu, sauvé son pays.
— Et c'est à un si noble citoyen que je dois la vie ! s'écria Rarl-Jules dans l'élan de son âme; ô Dieu tout-puissant, je te remercie l
— Vous ignoriez donc entièrement ces faits? demanda le frère ^nt-François.
— Le maître memiisilpqui m'avait emmené loin de ma province ne pouvait m'en parler avant que j'eusse atteint Tâge de raison ; à cette époque, il était mort, et j'avais passé en des mains étrangères.
Le moine semblait avoir besoin de faire un effort sur lui-même pour achever ce qu'il lui restait à dire; il garda quelques instants de silence , et reprit d'une voix brève :
— J'étais alors à la cour d'Henri TV.
Kar-Jules fit un mouvement de surprise.
— Oui, reprit le religieux, avant d'entrer dans le cloître, mon rang m'appelait quelquefois auprès du trône. Ayant eu connais-
sànce de la condiiito do voire père, je la mis soiis les yeux du souverain, de manière à en faire ressortir le sublime dcvoûmeut. Le roi lit délivrer alors des lettres de noblesse à Jacques Sarrazin , et me chargea de lui remettre à mon arjÉfe^ en Champagne, où j'étais sur le point Wme rendre.
— Des lettres de noblesse à mon père!
s'écria Karl-Jules en rougissant et pâlissant tour à tour.
— Mais hélas ! continua le moine , j'arrivai trop tard... Quand je demandai à la ville de Plangi son héros, son libérateur, il venait de mourir de ses blessures.
— O ma pauvre mère !
— Votre mère, reprit le frère Saint-François dont les traits changèrent et dont la voix avait ce frémissement que donne de violents battements de cœur , votre mère n'avait pas tardé à le suivre.
En mèiiio temps, il leva un regard ardent et sombre sur l'image de la Vierge qui était devant lui. Karl- Jules, à son tour, ne remarqua pas ce mouvement ; il était absorbé par les révélations que ce moment lui apportait. 1^
— Vous, continua le n^ne, vous, pauvre enfant de cinq ans , vous aviez été remis entre les mains de l'artisan qui devait vous donner son métier et sa modeste existence , et vous avait déjà emmené de la province. Je ne pus découvrir vos traces, mais je conservais toujours ces titres si précieux pour vous, ajouta-t-il d'une voix de plus en plus altérée ; et comme j'arrivai il y a quelques semaines dans ce monastère, la Providence m'y fit retrouver dans le célèbre statuaire qui le décorait de ses travaux le fils du digne citoyen auquel je devais rendre l'héritage sacré de son père.
Le jeune homme avait pris ce papier entre ses mains frémissantes ; il lisait sur cet acte le nom de son père, et il voyait bien en deux endroits le sceau royal d*Henri-le- Grand.
— Cependant, Eoprit le moine , c'était ce soir, ce soir seulëKent , qu'en vous amenant ici je pouvais dire : Karl-Jules Sarrazin, vous êtes noble.
Le jeune homme avait eu le temps de revenir de sa première émotion , et d'envisager, avec la rapidité d'examen d'un esprit naturellement juste, ce changement survenu dans son sort.
11 répondit par un signe de tète négatif aux belles illusions que voulaient faire naître en lui les paroles de son protecteur. Dans les circonstances où il avait vécu, la douleur avait marqué pour lui chaque observation faite sur la différence des conditions en ce
monde , et elles s'étaient gravées plus profondément dans son esprit.
— Noble! dit-il, la volonté d'un roi peutelle changer le sang qui coule dans mes veines ? peut-elle faire que j'aie des aïeux dans l'histoire? qu'en parcQj|rant la France, je trouve leur souvenir gravé sur des champs de bataille ? que mon nom, jeté dans le monde, y éveille un retentissement universel? le roi peut-il faire enfin que je sois un autre que moi-même ?
— Est-ce ainsi , dit le moine étonué , que vous recevez une telle faveur?
— Je sens tout le prix de cette bienveillance royale > mais j'y répondrai : — Non , la noblesse ne se donne pas. La noblesse de caractère est dans notre nature, le plus obscur des honimes peut la posséder sans protection royale, et mon père l'a bien prouvé.
La noblesse ilo caste ne peut naître subitement en une gënéralion ; un chêne no produit pas un rosier ; un milan ne lait pas éclore un faucon; mon père, grand cœur, mais simple nature , n'a pu l'aire en moi qu'un homme de bonne volonté, mais de rude enveloppe ; et, quel que soit le favorable consentement d'un prince, je n'aurai jamais la superbe prestance des hommes faits exclusivement pour ceindre l'épôc , ni les exquises délicatesses de ceux qui ont les cheveux parfumés et les mains blanches , de père en fils. Vous, mon frère , retiré loin du monde, vous ne pouvez peut-être plus en comi)rendre les vanités ?
Un étrange gourire passa sur les lèvres du moine.
— Mais, voyez-vons, les vrais nobles sont comme les grands arbres , nulle jmissance
humaine ne peut les obtenir crim jour à l'autre.
— La comtesse Hélène, dit le frère Saint- François , observant la révolution que ce nom opérait sur les traits du jeune homme , la comtesse Hélène n'a songé à rien de tout cela. Elle a dit seulement : Soyez noble, et je vous épouserai.^
Ces paroles firent sur Karl-Jules l'effet d'un chant de la patrie entendu en pays étranger; elles le ramenèrent subitement au sein de sa jeunesse, de ses premiers désirs, de ses aspirations passionnées ; l'amour s'éveilla impétueux, ardent; l'amour seul se Gt sentir dans sa tête qui brûlait , dans sa poitrine haletante. Il se leva vivement, pressa son front de ses mains et des larmes vinrent à sa paupière.
— 0 mon Dieu ! s'écria-t-il , il est bien vrai: qu'importe tout le reste, si un bon-
heur si grand m*est réservé!... J'étais bien insensé , bien ingrat envers le ciel , de penser à ce vain éclat du monde quand la lumière divine brille pour moi , quand l'amour peut m'inonder de ces délices !... S'il s'éteint trop vite, si la distance qui me sépare d'Hélène vient encore se faire cruellement sentir entre nous , j'aurai au moins connu avant de mourir ce bien suprême que j'ai tant désiré.
Alors , il prit ces lettres magiques qui le créaient chevalier, les pressa sur son cœur,
sur ses lèvres, en signe d'ardente action de
grâce.
Le moine l'avertit que cet acte n''avait point été reporté aux archives royales , et qu'il devait les conserver comme le seul titre qui existât pour lui.
Karl-Jules voulut remercier le protecteur qui le lui avait conservé ; il se prosterna de-
vant le moine , et celui-ci lui tendît la raain. Mais au moment où le jeune homme allait y y porter ses lèvres , il sentit un froid de glace courir dans ses veines], et malgré lui il se rejeta en arrière.
Le frère Saint-François vit cette répulsion, son regard perçant sembla Fexaminer au fond de cette âme. Il retira sa oiain, se croisa les bras, et sa tête penchée sur sa poitrine peignit une sombre résignation.
Karl-Jules, après lui avoir toutefois témoigné avec chaleur sa reconnaissance du bienfait qu'il recevait de lui, s'éloigna de la cellule.
Ainsi tout semblait lui assurer maintenant la possession de la femme qu'il aimait : mais il y a loin entre la coupe et les lèvres.
Avant de clore cette journée, nous avons à rapporter la scène qui se passa au matin dans la chambre de Louis XIII, lorsque ce
mal subit dont ce princo se trouvait atteint, faisait appeler près de lui ses premiers gentilshommes.
Mademoiselle de Guéménée, qui était en ce moment auprès du duc de Vcntadour, l'avait suivi jusqu'à la résidence royale; et, agitée de tristes pressentiments, était demeurée dans une galerie voisine de l'appartement du roi, d'où elle recueillait avec anxiété les paroles qui arrivaient jusqu'à elle.
Louis XÏII était étendu sur son lit, à demivêtu, la têle renversée sans force sur les coussins. Ce jeune prince, qui avait à peine la force de vivre quand les orages de la royauté s'apaisaient un moment autour de lui , semblait près du tombeau, au premier choc qui revenait l'atteindre; les cheveux en désordre, le teint hâve, les lèvres contractées, les yeux éteints dans les larmes, il faisait peine à voir; chaque souffrance de la nuit
avait laissé sa trace sur ce visage triste jusqu'à la mort; son linge entr'ouvert laissait apercevoir les mouvements pénibles de sa poitrine ; sa main crispée tenait encore un papier humide de sueur et broyé dans des mouvements convulsifs.
Les dignitaires de la cour et de l'abbaye, debouts et immobiles de stupeur autour du prince, n'osaient lui adresser une parole, et lui les regardait d'un œil hagard qui semblait ne point s'arrêter sur eux, mais chercher avec anxiété dans leurs rangs un homme qu'il n'y^rouvait pas.
Ce pénible silence dura quelques instants.
Nous avons dit que la veille au soir, peu d'heures avant celle où le comte de Baradas était descendu de son appartement, des envoyés du cardinal-ministre s'étaient présentés à Louis Xlîl; ils venaient, selon la promesse qui en avait été faite par Tagent
de Richelieu, livrer au prince les lettres du grand écuyer au prince Gaston, qui avaient été interceptées sur la route de Blois.
Louis, possesseur, malgré lui, de ces preuves de trahison, avait voulu demeurer seul pour en prendre connaissance, et avait passé la nuit à ce rude martyre.
Ces lettres étaient empreintes de la misanthropie naturelle au jeune seigneur, dont l'âme élevée avait gardé au milieu d'une cour stupidement frivole sa supériorité dédaigneuse et cette humeur acerbe qui , ne sachant point s'arrêter au mépris, allait sans cesse à Tindignation ; elles refermaient des traits envenimés qui portaient môme parfois jusqu'au sein d'un maître généreux, mal défendu dans le cœur d'un favori par une trop faible reconnaissance.
A la première page que le roi avait déployée, il s'était trouvé désigné ainsi :
c< Loys de Bourbon, deux fois marqué du nombre treize (1), prince inhabile à régner comme inhabile à vivre. »
C'était cette lettre qui était demeurée dans la main de Louis; les autres contenaient aussi contre lui des critiques amères, à cause de leur justesse et des témoignages d'un jugement implacable que les mouvements du cœur n'avaient pu faire dévier de sa route.
C'était donc là l'amitié que les deux jeunes gens, Louis et Baradas, isolés par leur tendresse au milieu des grandeurs, s'étaient jurée sur les saints Évangiles ! Louis avait bien tenu son serment, lui ; il avait nourri cette affection de préférences exclusives , courageuses 1 II avait donné avec joie toutes les richesses de sa couronne après les richesses de son cœur I il voyait maintenant
(1) Loys de Bourbon contient treize lettres. Voir les lettres de Baradas, aux Mémoires du temps.
comment Baràdas y avait répondu! A ce coup, trop violent pour ses forces, ilélait demeuré sans connaissance dans ce fauteuil où s'était passée cette terrible veillée.
Ses chambellans, entrant chez lui à l'heure du lever, l'avaient transporté sur son lit dans un profond évanouissement d'où il venait seulement de sortir.
Louis ne voyant point parmi les seigneurs celui qu'il avait espéré foudroyer de sa colère, demanda impétueusement le comte de Baradas; ce lut alors seulement que l'état de désespoir où était plongé le prince, joint à l'absence du premier écuyer, flrent pressentir aux assistants l'orage qui allait éclater. Des officiers, envoyés de tous côtés, cherchèrent le comte dans toute l'abbaye et ses alentours. Louis, pendant ce temps, demeura dans un sombre silence. Mais quand on vint lui dire que sa seigneurie n'avait point cou-
ché dans son appartement et était disparue sans que personne pût indiquer sa trace, il pensa que le coupable, averti des accusations portées contre lui , faisait par cette fuite l'aveu tacite de son crime.
Alors il accusa hautement , devant les grands du royaume, le comte de Baradas de haute trahison et de lèse-majesté.
Ce lut une joie vive au cœur de tous les courtisans, ce lut une tristesse profonde subitement revêtue sur leurs traits ; puis , paraissant passer de Tétonnement à l'indignation que devait soulever l'ingratitude du favori, ils trouvèrent des reproches sanglants pour les adresser à celui qui était sur le bord de la disgrâce.
— La hauteur di# comte était devenue insupportable. — Il ne respectait pas même son maître; sa familiarité avec le roi était impérieuse, exigeante et mutine. — II pré-
tendait dicter des ordres au prince, disant que, si on l'aimait mieux que tout autre, on devait l'écouter...
Louis savait tout cela; mais il avait pardonné.
— Le luxe effréné du favori était une autre preuve de son orgueil , il prétendait écraser tous les membres de la noblesse. — Et pour cela, il ne lui coûtait rien de dissiper follement le trésor de la couronne. — Outre les sommes immenses qu'il recevait de ses pensions et bénéfices, il était encore endetté de 5 millions.
Louis savait cela encore; mais il avait pardonné, cent fois pardonné.
Mais quand on parla de la froideur, de l'ingratitude du comte envers son maître, du dédain qu'en ce moment même il semblait faire de la majesté royale , en refusant de venir entendre son jugement ou recevoir sa