A M. J. J. AMPÈRE
Monsieur,
Permettez-moi de vous offrir la traduction de ce livre.
En ce temps de communications rapides et d'échanges internationaux, la science est de tous les objets celui qui mérite le plus d'être importé. Aujourd'hui que l'histoire, se basant sur la critique, est devenue une science, les récits conçus au point de vue trop souvent étroit ou passionné d'un seul peuple ne suffisent plus, et chacun sent le besoin de comparer ses jugements historiques avec ceux de ses voisins. Les livres bien faits sont rares partout; raison de plus pour aller chercher, même hors de chez soi, ceux qui le sont en réalité. Vous avez pensé que celui-ci méritait d'être traduit; qu'utile à ceux qui veulent étudier Rome sérieusement, il serait lu avec plaisir par ceux qui la connaissent déjà. L'auteur et son ouvrage ne pouvaient désirer un juge plus compétent que vous, mon-
LETTRE A M. AMPERE
. sieur, qui savez Rome et son histoire si parfaitement , et si parfaitement les avez su raconter. Si le traducteur n'a pas fait trop de tort à son texte, le public ratifiera peutêtre votre suffrage. Mais, quel que soit le résultat, je suis heureux de vous offrir la traduction de ce livre de notre ami comme un souvenir de nos beaux jours de Rome, de
nos causeries de Florence, si instructives pour moi, et comme un témoignage de profond respect,
François Sabatier-Unghbr.
Florence, 3 août 1858.