‹ Les tombeaux des papes romainsChapitre 11 sur 37 · LATINES · texte numérisé non relu

LATINES

Celui qui tant Taima dans son âme bienveilî^te^ son ami, L'empereur Othon III, lui donna cela.

Tous deux furent Tomement de leur temps par Téda- ' tante vertu de leur sagesse,

Et le monde entier se réjouit; tout coupable est abattu.

Il s'empara du siège céleste à l'imitation de l'apôtre qui porte les clefs,

A la place duquel il avait été élu pasteur par trois fois.

Après qu'il eut pris la place de Pierre, il quitta ' La terre, après l'espace d'un lustre, par sa mort.

Le monde resta frappé de stupeur, ayaq^ perdu la paix,

£t chancelant il oublia le repos et les triomphes de l'Église.

Le prêtre Sergius, son successeur, a orné ce petit tombeau

Dans sa piété, en signe de son. amour.

(Qui que tu sois qui ahaisses tes regards vers cette tombe, ^

Dis cette prière : Dieu tout-puissant, prends pitié de lui.

Il décédfifc l'année 1003 de Tlncamation de Notre-Seigneur, dans l'indlttion première, le douzième jour du mois de mai.

Sylvestre, que Sergius IV, l'un de ses successeurs, honora par un tombeau, comme son épitaphe même nous l'apprend, n'était pas le premier pape qu'on enterrait au Latéran. Depuis que Sergius III (904-911)

avait rebâti à neuf la vieille basilique de Constantin, ^ mère et tête des églises de Rome et de la chrétienté, et dont chaque pape prend solennellement possession aussitôt après qu'il a été intronisé, il y avait longtemps déjà qu'on y enterrait des papes. On les mit d'abord dans le vestibule, et plus tard dans l'intérieur même de l'église. Au onzième et au douzième siècle on choisissait le Latéran de préférence, peut-être parce que les papes y demeuraient, et plus, probablement encore çarce que les troubles qui agitaient Rome, redevenue une république, ne leur avait plus hissé que cette seule église. Saint-Pierre se trouvait ordinairement entre les mains de l'antipape et du* parti contraire. Les anciens tombeaux du Latéran ont également péri, et avec eux les monuments d'une période si importante de l'histoire de Rome. En 1308 un incendie fit d'affreux ravages dans la belle basilique de Sergius. A peine Clément V l'avait-il renouvelée qu'elle disparut encore une fois dans les flammes, l'an 1360. Ce que ces incendies ou le remaniement de Clément V pouvaient avoir épargné fut entièrement détruit dans la reconstruction de Saint-

Jean de Latran, sous Urbain V (1362-1370). On ne voit plus guère aujourd'hui dans le cloître que quelques pauvres débris de ses anciens monuments. D*autres se trouvent derrière la tribune, et parmi eux les statues des apôtres saint Pierre et saint Paul, d'un style très-ancien, et la figure à genoux d'un papp dont on ignore le nom, reste sans doute de quelque tombeau.

Les temps qui suivirent Sylvestre et Sergius furent remplis de troubles très-calamiteux pour TÉglise, et la puissance temporelle n'en prit que mieux le dessus sur la spirituelle. La chaire apostolique, devenue la proie des partis, ne fut plus occupée que selon la volonté unique de Tempereur d'Allemagne. Ce fut l'énergique Henri III qui remporta cette victoire, après qu'il eut fait déposer au synode de Sutri les trois papes qui se disputaient la tiare, Grégoire VI, Benoît IX et Sylvestre III. A la suite de cet événement il éleva au tfône pontifical quatre évoques allemands l'un après l'autre, hommes pleins de mérite et d'énergie, à qui l'Église catholique doit beaucoup. Clément II (Suidger, un Saxon), Damase II (Boppo,

DRS PAPES ROMAINS.' • 9i

un Bavarois), Léon IX (Bruno, né en Alsace) et Victor II (Gébhard, du Tyrol).

Clément fut couronné à Rome le jour de Noël de Tannée 1046, et le môme jour il posa la couronne impériale sur le front d'Henri et de sa femme Agnès. Il mourut bientôt après, le 9 octobre 1047, à Pesaro^ par le poison, à ce que Ton dit, Son corps fut transporté dans son archevêché de Bamberg, où on lui érigea un monument. Et c'est le seul pape qui ait son tombeau en Allemagne, car Benoît V (Grammaticus), enterré d'abord à Hambourg, en 965, fut plus tard transporté à Rome * .

Damase II, successeur de Clément, ne régna que vingt-trois* jours, et mourut le 8 août à Palestrina. Il fut inhumé à Saint-Laurent hors les murs.

Son successeur, Léon IX, régna plus de cinq ans (1049-1054). C'était un homme très-remarquable, d'un esprit énergique et toujours en mouvement. Ami d'Hildebrand, qu'il fit cardinal-diacre de Saint- Paul, il fut un réformateur et fut constamment en

1. Papebroch donne un dessin de son tombeau dans le sixième Tolume des Bollandistes, mois de mai^ page 186.

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royzge pendant tont le temps de son pontificat, soit en Allemagne, soit en France ou en Italie, n fat le premier pape qui ent une armée à lui, et lui-même il la conduisit devant Bénéyent, pour arracher cette ville au3L Normands, qui venaient de s'établir dans l'Italie inférieure. La bataille de Civitella qui s!en suivit fut un événement important (18 juin 10S3). Les vaillants fils de Tancréde prirent le pape; mais ils se jetèrent aux pieds de leur prisonnier et le prièrent humblement de leur pardonner ; et après l'avoir conduit à Bénévent avec toute sorte d'honneurs ils se firent donner l'Apulie en fief par leur ennemi vaincu ' et devinrent ainsi vassaux de l'Eglise romaine. Celte bataille de Civitella et .la paix de Bénévent sont deux scènes très-intéressantes dans l'histoire de ces chevaleresques aventuriers et dans la vie de ces sages papes. Vaincu, le saint-père revint à Rome en vainqueur, et il mourut peu de temps après (le 19 avril

1054), avec la réputation d'un vrai pasteur apostolique et d'un pape àigne du nom qu'il portait.

Il est remarquable en effet que le nom de Léon, comme celui de Grégoire, n'a été porté, à peu d'ex-

ceptions près, que par les papes les plus énergiques et les plus actifs.

Léon IX fut inhumé au Vatican, près de Tautel' de Grégoire !•'. Quand on retrouva son sarcophage de marbre, en l'an 1605, on le transporta au-dessous d'un autre autel dans Téglise de Saint-Pierre. Sur son tombeau se lisait ce distique fort bon :

Rome la victorieuse, devenue veuve, pleure Léon ÏX;

Elle ue trouvera jamais parmi tous les autres un père comme lui^

Nou^ trouvons trois des successeurs de Léon enterrés à Florence, Victor II, Etienne IX et Nicolas II. Tous y étaient morts dans le court espace de quatre ans.

Et le plus grand d'entre tous les papes, le véritable fondateur de leur domination temporelle, le héros de la hiérarchie, Grégoire VII (Hildebrand), ne trouva pas non plus son tombeau à Rome. Fuyant devant l'empereur Henri IV* qu'il avait autrefois si profondément humilié, et devant les Romains révoltés, il

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