Titulus Lucii papœ III : Luci Luca tibi dédit ortum, etc
(V* aux Inscbiptioss latines.)
IIÔ LES TOMBEAUX
goire VIII, régna deux mois à peine, mourut à Pise et furenterré au dôme. L'incendie de 1600 détruisit son tombeau.
Nous trouvons après cela deux papes, Clément III et Célcstin III, qui furent ensevelis à Saint-Jean de Latran; mais rien n'en marque plus la place. Du reste il n'y a plus à Rome un seul monument qui rappelle cette grande lutte des papes et des Hohenstauffen, si ce n'est la vieille et curieuse statue de Charles d'Anjou, que les Romains élevèrent sur, le Capitole à ce prince sanguinaire, après l'avoir nommé sénateur. En effet, le grand Innocent III, Conii (1198-1216), qui fut le tuteur de Frédéric II, le tira de Palerme pour lui donner la couronne impériale, se créant ainsi le plus puissant ennemi qu'ait eu la papauté. Innocent III est enseveli à Pérouse, où il mourut le 16 juillet 1216. Là, dans la cathédrale, une urne placée sur un soubassement renferme ses cendres, conjointement avec les restes d'Urbain V et de Martin IV.
* Honorius III, Savelli (1216-1229), repose à Sainte- Marie Majeure, à Rome, près de l'autel de la crèche ;
DES î>AfES ROMAINS. ill
un homme remarquable, fils d'Amaury, dé la noble
maison des Savelli, et dont te noîn était Cencius.
' Élevé à Sainte-Marie Majeure, il y devint chanoine,
et ensuite camerarius ou chancelier sous le règne de
Cêlestin III. C'est certainement lui qui est Tàuteur du célèbre manuscrit que Ton conserve à la Vàticane sous le nom de Cencius camerarius, ouvrage d'une très-grande importance pour l'histoire de Rome au moyen âge. Devenu pape, il confirma le 20 décembre 1216 l'ordre des dominicains, et pour la seconde fois celui des franciscains, l'an 1223. (Juels temps que ceux-là ! La guerre des Albigeois, l'empire latin à Constantinople et Frédéric II! Mais pas un monument qui parle de ces choses, à moins que Ton ne rencontre par-ci par-là dans les églises de Rome quelque pierre tumulaire ayec une inscription à demi-effacée, de ces temps. Ainsi, dans les grottes du
Vatican, une pierre murée dans une paroi, au milieu des sombres sarcophages des papes, vient rappeler au pèlerin le temps des troubadours et des Albigeois de Provence. On y lit ces paroles : « Ci-gît Amaury, comte deMontfort, connétable de France. Il combattit
fis LES TOMBEAUX
' bien souvent contre les Albigeois pour la foi catholigne. Ensuite il s'embarqua pour la Syrie contre les Sarrazins, par qui il fut fait prisonnier et retenu longtemps en captivité. Délivré enfin par la trêve, il mourut à Hydrontum, à son retour, l'an du Seigneur 1241 *. »
L'ennemi mortel de Frédéric, Grégoire IX, Cionti * (1227-1241), fut inhumé au Vatican; et Innocent lY, de la maison Fieschi des comtes de Lavagna (1243- 1254), qui au fameux synode de Lyon osa déposer l'empereur et vécut assez pour voir sa mort, repose à Naples, dans l'église de San-Gennaro. L'archevêque Humbert de Hontorio lui érigea un magnifique tombeau. Fan 1318. On voit le pape couché sur le sarcophage; sa tête puissante, aux traits fermes, mais lourds, est ornée de la triple couronne. Le tombeau
i. HicjacetAmauricus cornes MontisFortis Francis connestabilis. Contra Âlbigenses pro fide catholica sœpius dimicavit. Postea contra Sarracenos ad partes Syri» transfretayit, a quibus in bello captus fuit^ et diu in ea captiyitate detentus^ tandem per treugam liberatus^ dum rediret ad propria^ apud Hidrontum expiravit, an no Oom. 1211.
DES PAPES ROMAINS. lia
s'élève en plusieurs étages successifs formant une pyramide ; il est coquettement incrusté de mosaïques et se termine par un demi-arceau où la madone est figurée recevant Tadoration du pape et de Tarchovêque agenouillés. Deux inscriptions. Tune en vers et Tautre en prose, célèbrent la gloire du défunt.
ÉPITAPHE DINNOCENT IV ^
IcîVepose, digne du ciel, le bon pape
Lœtus de Fîeschl, enseveli depuis les temps anciens.
Homme pieux et droit, que couvrait un voile de sain-' teté.
Lorsque le monde tombant déjà en ruine avait à souffrir des témérités des hommes;
Afin que la ville sainte pût être gouvernée et pût rentrer dans la bonne voie,
Il rassembla un concile et rétablit les anciennes lois.
L^hérésie fut alors frappée au cœur et tranchée.
Il administra les cités et gouveiiia selon la justice ce qui lui avait été confié,