Î54 LES TOMBEAUX
Nous ayons ici un autre tombeau de la main de Bernini, celui d'Alexandre Vil, Chigi de Sienne (1655-1667), par Tordre de qui l'infatigable artiste construisit la magnifique Scala regia du Vatican et la colonnade de la place Saint-Pierre, achevant ainsi le monument que la papauté avait élevé à sa propre grandeur. Bernini, arrivé à un âge très-avancé, lui fit aussi son tombeau à Saiàt-Pierre; mais il y a déployé un style incroyablement baroque, qui est certainement la négation la plus complète de la nature où la statuaire ait jamais pu arriver, ce qu'il fautsans doute attribuer à l'âge du Bernin. Ce monument est placé au-dessus de la porte qui conduit à la sacristie : un effroyable squelette de bronze doré sort de dessous une draperie bouffante d'albâtre, un sablier à la main. Sur un piédestal démesurément grand on voit une figure repoussante de la Vérité écrasant sous son pied le globe terrestre, et une Charité manWrée. Le pape, qui avait été d'une petite mais gracieuse stature et avait été autrefois éloquent et spirituel, est agenouillé sur un coussin les deux mains jointes. Derrière lui ,on voit sortir deux autres vertus de la niche où elles
sont enterrées. Ce tombeau fait voir jusqu'à quel point d'épuisement une époque peut arriver.
Nous passerons plus rapidement devant le monument de Clément IX, Rospigliosi (1667-1669), qui est
placé à Sainte-Marie Majeure, en face du tombeau de
Nicolas IV, et qui fut exécuté par Ercole Ferrata,
élève du Bernin ; nous passerons devant celui de Clément X, Altieri (1670-1676) ; il est à Saint-Pierre et dé la main de Rossi; et enfin devant celui d'Innocent XI, Odescalchi (1676-1689). Etienne Monnot l'exécuta d'après les dessins de Maratta ; mais il n'a
rien qui puisse arrêter l'attention, si ce n'e^st le basrelief, très-médiocre du reste, qui représente la levée du siège devienne.
Le monument de bronze d'Alexandre VIII, Ottoboni (1689-1691), qu'on voit à Saint-Pierre, est d'une extrême richesse et a quelque chose d'imposant. Il est l'ouvrage de Giuseppe Verlosi et d'AngeJo de Rossi. Le marbre, l'albâtre et l'or y sont prodigués avec excès; la richesse et la beauté des matériaux doivent suppléer au manque complet de valeur dans l'œuvre d'art. La tête d'Alexandre est belle et virile; c'est un
de ces visages à barbe vigoureuse de l'âge héroïque de la papauté. Ottoboni était Vénitien.
Le Napolitain Antonio Pignatelli, Innocent XU, vient fermer le dix-septiéîne siècle, ce siècle de prose redondante, si plein de guerres et si vide pourtant. Son tombeau est aussi à Saint-Pierre. Filippo Valle, son auteur, travaillait dans la manière du Bernin. ' Nous voyons ici le dernier pape qui ait porté une barbe de cavalier. Dès à présent toutes ces moustaches du siècle de Wallenstein, toutes ces faces martiales de papes, vont disparaître.
Le dix-huitième siècle ne nous montre que des visages lisses et rasés; c'est là un signe, une manière de symbole, qui n'est pas simplement Teffet du hasard ; il annonce une époque nouvelle, celle de la sentimentalité ^ de la philanthropie et de la révolution. Les hommes seront faits comme le jeune Werther ou comme le vicaire de Wakefleld : ils ressembleront au
grand Frédéric, à Rousseau, à Herder, à Washington ou à Robespierre. Ce siècle aima aussi en ses héros leurs visages rasés. Lorsqu'il commença il ressemblait à une jeune fille au visage pâle et blôme, et quand il finit la jeune fille était devenue la Minerve des batailles. De son sein, que remplissait une inspiration essentiellement lyrique, sortirent les plus
étonnantes apparitions, des esprits de paix et de guerre, des héros et des législateurs, des sages et des poètes, des musiciens et des artistes, — des hommes vraiment grands et sublimes. Ce temps fut un beau dithyrambe à la gloire de Tliumanité, et toujours il grandit et grandit derrière nous, et un jour viendra peut-être où les hommes soupireront douloureusèment après le dix-huitième siècle, comme ils ont soupiré après les beaux jours de la Grèce.
Mais si cet âge fécond suscita de puissants esprits dans le monde , il ne créa plus de puissants génies pour la papauté. Deux grands siècles Tavaient entourée d*un incomparable éclat. : le treizième, qui lui avait été favorable entre tous, et le seizième, qui lui donna d'une main autant qu'il lui prit de l'autre.
A ces deux époques la papauté eut à soutenir de grandes luttes avec le génie de l'Allemagne; mais le dix-huitième siècle fut pour elle le moins favorable de tous, parce qu'il enleva hardimei^t la couronne de dessus la tête de la religion pour la mettre si;r le front de la philosophie. Alors la papauté semble atteinte d'un mal profond: ce fut l'époque de sa passion.
Clément XI, Albani (1700-1721), ouvre ce siècle. Ce prince régna longtemps et fit peu. Il repose dans la chapelle du chœur de Saint- Pierre, sous .une plaque de marbre, sans autre ornement qu'une simple inscription. Mais le nom de sa famille semble évoquer déjà la période nouvelle qui s'ouvre pour l'art, la période Winkelmann. .
Innocent XIII, Conti, qui est enterré à Saint-Pierre, n'a pas non plus de monument (1721-1724); Benoît XIII, au contraire, en a un aussi riche que baroque à Santa Maria sopra Minerva. C'est un ouvrage de Pietro Bracci. Ce tombeau ne diffère de tous les autres qu'en ce que le pape est représenté dans l'attitude de la prière, comme s'il s'était jeté à genoux au milieu de sa prédication. Benoit était le fils aîné de Ferdinand Orsini, duc de Gravina; renonçant à son droit d'aînesse, il entra dans l'ordre de Saint- DQminique, et avec la passion la plus sincère et la plus noble il s'efforça de réformer l'Église et de la ramener à la sévérité des anciennes mœurs. Il régna six ans, de 1724 à 1730.
Son successeur. Clément XII, Corsini (1730-1740),
esl le dernier pape qui ait été enterré à Saint-Jean de Latran. Il y avait bâti une des plus belles chaj^elles de Rome, en l'honneur de saint André Corsini, l'un de ses ancêtres , et elle devait servir de lieu de repos à lui et à sa famille. Son tombeau lutte de richesse avec les plus magnifiques monuments qu'aient jamais élevés les papes; son sarcophage surtout est admirable. C'est une baignoire romaine du temps d'Agrippa, qu'il fit enlever du Panthéon. Elle est de la plus belle forme et d'un porphyre des plus précieux. Sur le couvercle est placée la statue colossale du pape, toute de bronze, et dont les vêtements et la tiare sont dorés; à droite et à gauche sont deux vertus, trop éblouissantes sans doute, mais dont l'expression n'est pas mauvaise.
L'art arriva à un effet complètement théâtral dans le monument funéraire du savant Benoît XIV, Lambertijii (1740-1758), ouvrage de Pietro Bracci. La statue gigantesque du pape est debout au-dessus d'une les portes de Saint-Pierre, — disposition inusitée et toute nouvelle. Il étend le bras avec un mouvement si affecté , qu'on a de la peine à reconnaître dans cet
DES PàPES romains. 261
homme un pape qui bénit ; on serait plutôt tenté d'y voir u« acteur content de lui-même au moment où il déclame une tirade favorite. C'est la dernière figure de pape qui appartienne à la période dumaniérisnie. En effet le tombeau de son successeur, Clément XIII, Carlo Rezzonico, de Venise (1758-1769), est déjà l'œuvre de Canova. L'artiste le découvrit le 4 avril 1795, devant un immense concours de peuple : Rome entière était là; et ce fut une victoire complète sur les partisans de la manière du Bernin. Déguisé en abbé, il s'était mêlé à la foule qui entourait son monument, pour écouter à son aise les jugements qu'on en portait. Il fut satisfait; la nature avait enfin vaincu
le faux goût, et cette œuvre fut le premier triomphe de l'esprit classique renouvelé. Car bien que Canova eût déjà découvert le monument de Clément XIV, ce travail, le premier qu'il eût fait à Rome, était encore conçu dans le style traditionnel. Et ces deux tombeaux, du reste, sont des monuments remarquables dans l'histoire de l'art, qui doit tant de reconnaissance aux papes. Le tombeau de Clément XIII se compose d'un socle en marbre très-élevé, au milieu
26t LES TOMBEAUX
duqael s'oavre une porte dans Tancien style dorique, et qui donne accès dans le caveau ; sur les igarches sont couchés les deux célèbres lions de marbre ; auprès du sarcophage, qui est très-simple, on voit à gauche du spectateur la Religion debout et tenant la croix, figure trop roide et trop massive; à droite s'appuie le génie de la mort, tenant une torche renversée. " *
C'est une figure gracieuse, mais trop sentimentale, et qui n'est pas exempte de maniérisme. Dans la tète de ce génie, que Canova lui-même regardait comme un da^ ses plus beaux ouvrages, on reconnaît l'influence que l'étude de l'antique, et surtout l'Apollon du Belvédère, avait exercée sur l'artiste. Il représenta le pape à genoux, les mains jointes et priant ; et il sut mettre dans cette tête remarquable un sentiment profond de l'âme. Quand on regarde ce tombeau à côté des monuments du dix-septième siècle qui sont à Saint-Pierre, l'œuvre de Canova s'élève très-haut, et il semble être séparé d'eux par un abîme de siècles.
Le tombeau de Clément XIII est encore intéressant
comine monument historique de cette époque. C'est sous le pontificat de ce pape que l'ordre des jésuites' fut cité devant le tribunal de l'Europe. La philosophie, cette fille de la réforme et du génie cosmopolite de la civilisation, avait donc ébranlé. bien fortement Le grand édifice élevé par Carrafa ; on vit alors comment les théories et l'opinion, quand elles ont pénétré l'esprit public, peuvent renverser les institutions les plus fortes du j)assé. Le 3 février 1769 le consistoire réuni devait prononcer la sentence qui allait terminer ce grand procès, et le pape mettre bas, devant le génie des temps nouveaux,J'arme la plus acérée du., catholicisme. Le pauvre vieillard mourut la nuit même qui précéda le 3 février, l'âme brisée de douleur. Il était âgé de soixante-quinze ans.
Ce qu'il n'avait pas eu le courage de faire, son célèbre successeur, Clément XIY, Ganganelli (1769- 1774), l'accomplit. C'était une noble nature, plus élégante que forte; la philosophie humanitaire du dix-huitième siècle semblait monter avec lui sur le trône de saint Pierre. Nous y avons vu des ^ papes héroïques et platoniciens, nous y trouvons mainte-
nant un pape philanthrope, selon le génie de cette èpoqne.
L'an 1773 il supprima Tordre des. jésuites , et Ton
a dit qu'il aurait autant valu pour lui prendre du
poison. Bientôt après sa figure commença à changer, sa santé à décliner ; il se plaignait toujours de violentes douleurs d'entrailles. Il passa comme une ombre. € Je vais dans l'éterpité, dit-il, et je sais pourquoi. » Il mourut le 22 septembre 1774, à l'âge de soixante-neuf ans. Son corps devint noir immédiatement, et il se décomposa si vite, qu'on ne put l'exposer pour le baisement des pieds. Et cependant sa constitution robuste semblait lui promettre cent ans dévie.
Son tombeau est dans l'église dei Santi-Apostoli. Canova suit encore le style de ses devanciers dans ce monument; car, bien qu'il témoigne d'un goût plus noble et plus sûr, on voit .trop que l'artiste n'était qu'un commençant. La Tempérance s'appuie sur le sarcophage, au pied duquel la Douceur est assise en habits de deuil : figures d'un bon style, mais assez médiocres. Le pape est représenté assis et bénissant,
vêtu de riches habits, dont les plis ont plus de natarel, mais qui manquent de simplicité. Il n'y a pas, à vrai dire, de motif plus scabreux pour Fart qu'une * statue de pape ; car la sculpture a surtout le nu pour objet, et ici on lui donne à faire une figure qui doit être nécessairement enveloppée d'épais vêtements. Aussi le Bérnin et ses élèves tirèrent-ils l'es combinaisons les plus aventureuses des habits pontificaux; ils les firent voler au hasard, en plis confus, ou les ramenèrent sur les genoux de leurs figures, comme ils eussent fait pour le Jupiter assembleur de nuages d'Homère.
Dans la manière dont le pape tient sa main levée , Canova s'éloignait déjà de l'usage traditionnel. Son Clément XIV étend le bras avec un geste de commandement. Peut-être ce geste est-il emprunté à la statue équestre de Marc-Aurèle sur le Capitole; mais il semble forcé et a quelque chose de trop dictatorial pour convenir à Ganganelli; car si nous fixons le visage plein de bienveillance de ce pape, nous nous rappellerons aussitôt quel homme fut Ganganelli : — un Joseph II parmi les papes; et comme Joseph II et
tous ceux qui ont voulu réformer l'humanité à l'aide des lois de la philosophie, une Qgure tragique.
Mais plus malheureux encore que Clément fut le pape sous le règne duquel la révolution française éclata. Pie VI, Braschi. Aucun de ses prédécesseurs n'a souffert davantage, ni Boniface VIII, ni Clément VII,*ses frères d'infortune; et bien peu d'autres ont été exposés à d'aussi terribles vicissitudes que celles dont il fut la victime pendant un long règne de vingt désastreuses années (1775-1799). Son corps repose au Vatican , son cœur à Valence, où Napoléon lui fit ériger un monument. Seule sa statue est à genoux sur le pavé de la Confession de Saint-Pierre, et y restera en prière aussi longtemps que la grandç église durera. Elle est de Canova. On voit là-bas, au fond, par-dessus les lampes éternelles, la figure voilée d'ombres de l'infortuné vieillard; et elle vous raconte l'histoire de toutes les douleurs que son âme eut à souffrir. Qui ne sait comment Pie VI fut violemment arraché du Vatican à l'époque de la première république franco-romaine de 1798, comment de ville en ville il fut traîné en exil, et comment il mourut
dans la misère, sur le sol étranger. Celui qui par-
court aujourd'hui les salles magnifiques du musée, Pio-Clementino ne pense guère, au milieu de cette richejsse sans fin de belles statues , à la tragique destinée des deux papes qui les y ont placées pour les délices de Thumanilé.
Ainsi le dix-huitième siècle finissait pour la papauté
par Texil.
Elle se releva de cette grande chute avec Pie VII , Chiaramonti (1800-1823). Il semblait même qu'elle allait remonter encore une fois au rang d'institutrice du monde, comme au temps de Charles le Grand : car Pie VII couronna le nouveau Charlemagne; et lui qui n'était employé que comme un instrument dans les mains de la politique, au moment même où il sacrait Napoléon, il le faisait descendre de la hauteur extraordinaire qu'il avait prise comme représentant le génie des temps modernes, et sa main vengeresse le rejetait dans le moyen âge, au fond du passé, lui fermant riniini de l'avenir. Ce fut là le dernier acte
politique de la papauté , acte purement négatif d'ailleurs ; mais il ouvre en môme temps le dix-neuvième
siècle, ce siècle si pauvre d'actes et de faits, et qui , grand par la culture matérielle, a fait une si triste figure avec le riche héritage d'idées que lui avait
laissé le siècle précédent.
Pie VII eut aussi beaucoup à souffrir, et il supporta ses malheurs avec un cœur héroïque, digne de son prédécesseur; lui aussi fut traîné en exil, lui aussi vit ses États anéantis. Mais il revint, et répara les pertes de l'Église. Par la bulle du 7 août 1814 il rétablit l'ordre des jésuites, et renouvela même l'inquisition; mais quelque parti que lui et ses successeurs aient su tirer de la restauration au profit de l'ancienne hiérarchie, la vieille idée d'Arnaldo di Brescia et des Albigeois n'en était pas moins revenue .au monde avec Napoléon : cette idée ,que le pape n'est qu'un évoque et un prêtre. Pie VII, l'intrépide et ferme bénédictin, mourut à l'âge de quatre-vingt-un ans, au Quirinal, après un règne d'une longueur exceptionnelle^ puisqu'il ne s'en fallait que de deux ans pour qu'il eût atteint la durée de celui de saint Pierre*.
1. Voici les noms des papes qui ont régné plus de 20 ans. Saint
Ce fut Thorwaldsen qui fit son monument à Sain« Pierre. C'est une œuvre d'une grande finesse, et d'une grâce et d'une simplicité modestes ; et de même qu'elle est l'expression de l'époque qui venait de commencer pour l'art, elle montre aussi le caractère moderne de la papauté, où le principe spirituel et le principe d'enseignement sont mis encore une fois en * évidence. Toute pompe extérieure a disparu; mais aussi la puissance et la majesté souveraine qui dominent le monde. Tout surchargés et ampoulés que fussent les monuments du dix-septième siècle, quelque choquants qu'ils puissent être pour le spectateur, il n'en est pas moins évident que même les artistes de ce temps avaient une idée beaucoup plus haute de la papauté que Canova et Thorwaldsen ne l'ont jamais pu concevoir. On serait presque tenté de trouver le tombeau de Pie Ylltrop protestant. Si l'on est curieux de voir l'histoire de la papauté dans ses deux formes les plus opposées, on n'a qu'à aller du tom-
Silvestre, 23 ans; Adrien !«»■, 23 ans; Léon HI, 21 ans; Alexandre UI, 21 ans; Urbain VHI, 21 ans; Clément XI, 21 ans; Pie VI, 24 ans, 6 mois; Pie VII, 23 ans.
Jbau de Jules II, du Moïse de Michel -Ange, ou môme encore de la statue de Paul III, devant l'œuvre de Thorwaldsen. Et là, que l'on regarde Pie VU, ce fin et tranquille vieillard, recueilli, calme, qui de sa chaise de marbre lève doucement la main comme pour donner un avis. ïl est assis au-dessus d'un soubassement orné d'une porte de tombeau de style
dorique, et sur les marches sont debout la Force et
la Foi, figures pleines d'expression et d'un sentiment profond. Dans la niche où est le pape on voit encore à ses côtés deux petits génies ailés qui affaiblissent encore plus le caractère de Tensemble. Au reste, ce tombeau n'est pas en harmonie avec les proportions gigantesques de Saint-Pierre, ni avec son ornementation; et s'il surpasse le tombeau de Clément XIII, de Canova, par le naturel et la simplicité du stylfe, il en reste bien loin comme vigueur d'effet.
Mais nous voici arrivés à la fin de notre pèlerinage à travers le monde souterrain de la papauté. Nous n'avons plus que deux monuments à regarder. Le sculpteur Fabris a fait le tombeau de Léon XII, délia Genga (1823-1829). Il consiste en une statue du
pape, d'un style malheureusement beaucoup trop moderne, qu'on a placée au-dessous d'une i^rte. Pie VIII, Castiglione qui ne régna qu'un an, aura bientôt son tombeau. Les cardinaux nommés par son successeur Grégoire XVI, Cappellari (1831-1846), lui ont élevé un grand monument, œuvre du sculpteur Amici, qui fut placé à Saint-Pierre en 185S.
L'architecture en est analogue à celle du tombeau de Canova. Le pape est assis, donnant la bénédiction, et dans une pompe assez tranquille.
-Et maintenant nous pouvons quitter Saint-Pierre; mais en sortant nos yeux tombent «ur cette urne tout unie de marbre blanc qui est placée au-dessus
d'une des portes latérales de la chapelle du chœur.
On y lit aujourd'hui en caractères d'or : Gregorius XVI. Ce cercueil est le mémento mori de chaque pape régnant; car aussitôt après sa mort son cadavre y est déposé, et il y reste jusqu'au moment où il peut être transporté dans le tombeau qu'on lui a élevé. Aujourd'hui il est vide et il attend sa proie. Pie IX. Il y a quelques années à peine il était l'amour, l'eapérance du monde, et lorsqu'il sortit du conclave
il fut salué par un enthousiasme de joie que peu de papes ont rencontré iîomme lui. Un an plus tard , '" Rome retentissait de cris bien différents ; lui-môme il fuyait vers Texil, et lançait Tanathéme sur son peuple. Bien vite, hélas ! changent les sentiments, les destinées et la position des hommes lorsque le temps, que nul ne peut prévoir ou calculer, les saisit ; et peut-être les papes sont-ils encore plus sujets à ces vicissitudes que le reste des hommes.
La papauté, dit une vieille prophétie' du douzième siècle sur les papes, subsistera jusqu'à la destruction de Rome; et si nous faisons le compte des règnes qui y sont prédits nous trouvons "que Theure de cette destruction approche. Voici les derniers signes que donne la prophétie; nous y ajoutons les noms correspondants des papes que nous connaissonà jusqu'à
aujourd'hui.
Le voyjigeur apostolique [ Pîe VI] «
L'aigle de proie [Pie VII].
Le chien et le serpent [Léon XII]*
L'homme pieuj [Pie VIII].
Celui qui vient des bains de TÉtrurie [Grégoire XVÎ].
, La croix de la croix [Pie IX].
Lumière dans le ciel.
Feu ardent.
Religion en ruine.
Foi intrépide.
Pasteur angélique.
Pasteur et matelot.
Fleur des fleurs.
De la moitié de la lune.
L'homme du travail du soleil.
Gloire de l'olive.
A l'époque de la dernière persécution qui frappera la sainte Église romaine, le trône pontifical sera occupé par le Romain Pierre, deuxième du nom, qui mènera paître ses ouailles en grande peine et travail, et après qu'ils seront arrivés à leur fin, la ville aux sept collines sera détruite et le terrible juge viendra juger son peuple. Amen *.
1. On attribue ordinairement cette prophétie, très-populaire à Rome, à saint Malachie, archevêque d'Armagli, en Irlande (mort en 114S). D^autres croient qu'elle fut faite à Tépoque du conclave de 1590. Arnold Wion la publia le premier dans le Lignum vitœ (lib. II, c. xl), en 1595 ; il y eut ensuite un très-grand nombre d'éditions de cette singulière élucubration, sur laquelle on a beaucoup écrit pour et contre. La prophétie commence à Célestin II et, poursuivant rénumération des papes, elle arrive par Pie VI à Peregrinus apo" stoliciÂS, où Ton a retrouvé son voyage à Vienne et son exil; pour
Il y a mille ans que le moine Béda a dit : « Lorsque le Colisée tombera Rome tombera ; quand tombera * Rome, tombera le monde. » Sïl avait vu Saint-Pierre,
Pie IX, Crux de crucé, ce que les Romains appliquent aux événements de sa vie.
Voici le texte latin :
Peregrinui^ apostolicus.
Aquila rapaz.
Canis et coluber.
Vir rellgiosus.
De balnels Etniris.
Crux de cruce.
Lumen in cœlo.
Ignis ardens.
Relîgio depopulata.
Fides intrepida.
Pastor angelicus.
Pastor et nauta. Flos florum.
De medietatc lunae.
De labore solis.
Gloria olîvae.
In persecutione extrema eanctee romanœ Ecclesise sedebit Petrus Roma- DU8 (secundus), qui pascet oves m multis tribnlationibus, quibus transactis civitas septicoUis diruetur, et Judez tremendas judicabit populnm snum» Amen.
peut-être se serait-il écrié : lorsque Saint-Pierre 'tombera, Rome tombera ; quand tombera Rome, le monde tombera.
Le Colisée, Saint-Pierre, Rome, le monde, tout cela doit tomber un jour.
TITLLUS FELICIS PAPAE IV.
Certa fides iustis coelestia régna patete, " Àntistes Félix quae modo laetus habet; Praelatus multis, humili pietate superbus
Promeruit celsum simplicitate locum.
Pauperibus largus, miseris solatia praestaiis,
Sedes Apostolicae crescere fccit opes.
TITULUS PELAGIl PAPAE I.
Terrenum corpus claudant baec forte sepulchra,
Nil sancti meritis derogatura #iri.
Vivit in arce poli-toelesti luce beatus,
Vivit et hic cunctis per pia facta locis :
Surgere judicio certus dextramque tenere
Angelicam partem se rapiente manu Virtutum numeret titulus Ecclesia Dei
Quos Ventura velut saecula ferre queant I Rector apostolicae fidei veneranda retexit
Dogmata, quae clari constituere patris,
Eioquio curans errorum schismate lapso^
Ut veram teneant corda placata fidem.
Sacravit multo divina lege ministros,
Nil pretio faciens immaculata manus:
Captives redimens, miseris succurrere promptus,
Pauperibus nunquam parta negare sibi Justia participans laeti moderatur opimus
Alterius gemitus credidit esse suos.
Hic requiescit Pelagius Papa. Qui sedit annos IV. . " Menses X. Dies XVIII. Depositus IV. Nonas Martii.
TITULU^ GREGORIÏ PAPAE I.
Suscipe terra tuo corpus de corpore sumptum,
Reddere quod valeas, vivificante Deo.
Spiritus astra petit : lethi nil jura nocebujit
Cui vitae alterius m^rs' magis ipsa via est.
Pontificis summi hoc clauduntur meiribra sepulchro,
Qui innumeris semper \i\it ubique bonis, Esuriem dapibus superavit, frigora veste
Atque animas monitis texit ab hoste sacrîs Implebatq; actu, quicquid sermone docebat,
Esset ut exemplum, mystica verba loquens.
Ad Christum Anglos convertit pietate magistra,
Sic fidei acquirens agmina gente nova.
INSCRIPTIONSLÀTINES. 281
Hic labor, hoc studium, haec tibi cura, hoc pastor agebas, Ut Domino pfferres plurima lucra gregis. .
Hisque Dei Consul factus laetare triumphis:
Nam mercedem openim jam sine fine tenes.
Hic requiescit Gregorius I. PP. qui sedit annos XHI. Menses sex. dies X. Depositus IV. Idus Martiî.
TITULUS BONIFACII PAPAE IV.
Gregorio quartus jacet'hic, Bonifacius almus Huius, qui sedis fuit aequus Hector et aedis, Tempore, qui Focae cernens Templum fore Homae Delubra cunctorum fuerunt quae Daemoniorum, Hoc expurgavit, Sanctis cunctisq; dicavit.
Eius J\atalis solemnia qui celebratis Primis Septembris fert haec lux quarta Kalendis: Octavus titulo hoc Bonifacius os$a reperta Hac locat erecta Bonifatii nominis ara.
TITULUS ADRIANI PAPAE I.
Hic pater Ecclesiae, Romae decus, inclytus auctor, Hadrianus requiem Papa beatus habet :
Vir cui \1ta Deus, pietas lex, gloria Christus,
Pastor apostolicus, promptus ad omne bonum Nobilis ex magna genitus jam génie parentum,
Sed sacris longe nobilior meritis :
Exornare studens devoto pectore Pastor
Semper ubique suo templa sacrata Deo, Ecclesias donis populos et dogmate sancto
Imbuit, et cunctis pandit ad astra viam.
Pauperibus largus, nuUi pietate sccundus.
Ut pro plèbe sacrfs pervigil in precibus :
Doctrinis, qpibus, mûris erexerat arces,
Urbis et orbis honos, inclyta Roma tuas.
Mors cui nil nocuit, Christi quae morte perempta est,
Janua sed \itae mox melioris erat.
Post pati^m lacrymans Carolus baec carmina scripsi.
Tu mihi dulcis amor, te modo pi an go Pater.
Tu memor esto mei : sequitur te mens mea semper,
Cum Christo teneas régna beata poli.
Te Clerus, Populus magno dilexit amore,
Omnibus unus amor, oplime Praesul, .eras.
Nomina jungo simul titulis, clarissime, nostra
Hadrianus, Carolus, Rex ego, tuque Pater; Quisque legas versus, devoto pectore supplex
Amboinim mitis, die, miserere Deus.
Haec tua nunc teneat requies, carissime, membra,
Cum sanctis anima gaudeat aima Dei.
Ultima quippe tuas, donec tuba clamet in aures.
Principe cum Petro, surge videre Deum.
INSCRIPTIONS. LATÏNKS. 28S
Auditurus eris vocem, scis, judicis almam :
Intra nunc Domini gaudia magna^tui.
Tum memor sis tui nati^ pater optime, posco,
Cum Pâtre, die, natus pergat et iste meus.
pete Régna, Pater felix, coelestia Christi :
Inde tuum .precibus auxiliare gregem.
Dum sol ignicomo rutilus splendescit ab axe,
Laus tua, Sancte Pater, semper in orbe manet; Sedit Beatae Mem. Hadrianus Papa Annos
Mens. X. D. XVII. Obiit VIL Kal. Jan.
TITULUS GREGORII PAPAE V.
f Hic quem claudit humus, oculis vultuque décorum,
f Papa fuit Quintus nomine Gregorius;
f Ante tamen Bruno Francorum regia proies,
f Filius Ottonis de génitrice Judith.
f Lingua Teutonicus Vuangia doctus in Urbe,
f Sed iuvenis cathedram sedit Apostolicam ;
f Ad binos annos et menses circiter octo,
f Ter senos Februo connumerante dies.
f Pauperibus dives, per singula sabbata vestes
•J* Divisit, numéro cautus Apostolico.
•J- Usus Francisca, vulgari, et voce Latina.
f Instituit populos eloquio triplici.
f Tertius Otto sibi Pétri commisit ovile, f Gognatis manibus unctus in imperium.
f Exuit et postquam terrenae vincula carnis f Aequivoci dextro sustituit lateri.
Decessit XII KaL Maiî.
TITULUS SYLVESTRl PAPAE II.
Iste locus mundi Sylvestri membra sepulti Venturo Domino conferet ad sonitum.
Quem dederat mundo celebrem doctissima virgo,"
Atque caput mundi culmina Romulea, Primum Gerbertus meruit Francigena sede
Rhemensis populi Metropolim patriae.
Inde Ravennatis meruit conscendere summum
Ecclesiae regimen nobile, fitque potens.
Post annum Romam mutato nomine sumpsit,
Ut toto Pastor fieret Orbe novus.
Gui nimium placuit sociali mente' fidelis,
Obtulit boc Gaesar Tertius Otto sibi.
Tempus uterque comit clara virtute sopbiae,
Gaudet et omne seclum, frangitur omne reum.
Glavigeri instar erat Gaelorum sede potitus,
Terna suffectus oui vice Pastor erat.
Iste vicem Pétri postquam suscepit, abegit
Lustral] spatio secula morte suL Obriguit mundus discussa pace triumphos
Ecclesiae nutâns dedidicit requiem Sergius hune loculum miti pietate sacerdos^
Successorque suus compsit, amore sui.
Quisquis ad hune tumulum devexa lumina vertes
Omnipotens Domine^ die, miserere sui.
Obiit A. Dominicae Incarnationis MIII. Indictione I.
Mensis Mai Ûie XII.
TITULUS GREGORII PAPAE VIL
Gregorio VIL Soanensi P. 0. M. Ecclesiasticae Libertatis Vindici Acerrimo, Assertori Constantissimo, Qui Dum Rom. Pontificis Auctoritatem Adversus Henrici Perfidiam Strenu'e Tuetur, Salerni Sancte Decubuit, Anno Domini MLXXXV. VIII Kal. Junii, Marcus Antonius Columna, Marsilius Bononiensis, Archiepiscopus Salernitanuç , Cum lUius Corpus, Quingentos Circiter Annos, Sacris Amictum, Ac Fere Integrum Reperisset, Ne Tanti Pontificis Sepulchrum, Diutius Memoria Careret; Gregorio XIII. Bononiense Sedente, Anno Domini MDLXXVIIL Pridiq Kalendas Quintilis.
TfrULLS VICTORIS PAPAE II!.
Quis fuerim, vel quid, qualis, quantusque doceri,
Si quis forte velit aurea scripta docent. Stirps mihi Magnatum, Beneventus patria, nomen
Est Desiderius, tuque Casine decus:
Intactam sponsam, matrem, patriamq; propinquos
Spernens liuc propero, Monaehus efficior.
Abbas deinc factus^ studui pro tempore totum,
Ut nunc adspicitur, bunc renovare locum Interea fueram Romana clarus in Urbe
Presbyter Ecclesiae Petre beatae tijae.
Hoc senis lustris minus anno functus honore,
Victor Apostolicum scando dèhinc solîum.
Quatuor et scnis vix mensibus inde peractis.
Bissex lustra gerens, morluus hic tumulor.
Solis virgineo stabat lux ultima signo,
Cum me sol verus hinc tulit ipse Deus.
TITULUS LUCII PAP^ III.
Luci Luca tibi dédit ortum Pontificatum Ostia, Papatum, Roma, Verona mori.
Immo Verona dédit verum tibi vivere, Roma Exilium, curas Ostia, Luca mori.
Obiit S. Pater D. D. Lucius Papa IIÏ. MCLXXXV
Die XXV.
. TITULUS INNOCENTII PAPAE IV.
Hic superis dignus, requiescit Papa benignus,
Laetus de Flisco, sepultus terapore prisco
Vir sacer, et rectus, sancto velamine tectus.
Ut iam collapso mundo temeraria passo,
Sancta ministrari urbs posset quoque rectifîcari,
Concilium fecit, veteraque jussa refecit,
Hœreses illisa tune extitit atque recisa,
Moenia dircxit, recte sibi crédita rexit,
Stravit inimicum Christi colubrum Fridericuni.
Janua de nato gaudet sic clarificato.
Laudibus immensis, urbs tu quoq; Parthenopensis.
2ft8 INSCRIPTIONS LàTINES.
Pulcbra décore satis, dédit hic sibi plurima gratis. Hoc titulavit ita Umbertus Metropolita.
Innocentio IV. Pont. Max.
De Omni Christiana Rep. Optime Merito
Qui Natali S. loannis Baptistae
Ann MCCXLIII.
Pontifex Renunciatus
Die Apostolor. Principi Sacra Coronatus
Quum Purpureo Primus Pileo
Cardinales Exornasset
Neapolim A Conrado Eversam
S. P. Restituendam Curasset
Innumerisque Aliis Praeclare Et Prope
Divine Gestis Pontificatum Suum
Quam Maxime Illustrem Reddidisset
Anni MCCXLIV.
B. Luciae Virginis Luce Hac Luce Cessit.
Annibal De Capua Arebiep. Neap.
In Sanctissimi Viri Memoriam
Aboletum Vetufetate Epi^^ramma restitrit.
iNèCftltTlONS UVlNEÔ. 289
TITULUS URBANI PAPAE IV.
Archilevita fui, Pastorque gregis Patriarcba, Tune Jacobus, posui mihi nomen ab urbe Monarcba. Tune Civis exivi, Tumuli post condor in archa, Te sihe*fine frui, tribuas mibi summe gerarcha.
TITULUS GREGORII PAPAE X.
Gregorius denus virtutùm Luee serenus Dormit in bae area, dignus Romae patriarcba Quem genuit Placentia, urbs Aretina tenet,
TITULUS GREGORII PAPAE XL
Chr. SaL
Gregorio XL Lemovicensi
Humanitate Doctrina Pietateque Adpairabili Qui Ut Ita-
liae Seditionibus Laboranti Mèderetur Sedem Pontificiam
Avenioni.Diu Translatam Divino Afflatu Numine homi-
numq. Maximo Plausu Post Annos Septuaginta Romam
féliciter Reduxit Pontificatus
Sui anno VIL
S. P. Q. IL Sanctae Religionis Ut Beneficii Non bnineiiior Gregorio XIII. Pont Opt Varc Comprobante.
Anno Ab Orbe Redempto Dia3,LXXXIin. Pos.
Joanne Petro Draco
Gyrîaco M althaeio Coss
Jo Baptista Albero
Thoma Bubalo De Cancellariis Priore.
XY
TÏTULUS URBANI PAPAE VI.
Hac animo magnus, sapiens, justusq; Monarcha Parthenopeus adest Urbanusr sextus in archa.
Fervebat fidei latebras conferre magistris decusl his fretus semper post prandia sistris. Schismatibus magnis animo maiore regebdt Omne Simoniacum tanto sub Pater tremebat.
Quid iuvat hune terne mortali tpUere lande Pro meritis coeli splendet sibi gloria valde.
XVf
TITULUS EUGENII PAPAE IV.
Eugenius lacet hic quartus, cor nobile cuius Testantur vitae splendida facta suae, *
Istius ante sacros se praebuit aller ab ortu^ Aller ab occasu Caesar uterque pedes,
INSCRIPTIONS LATINES. à9l
Alter.ut accipiat fidei documenta Latinae,
Alter ut auràto cingat honore caput.
Quo duce, et Armenii Graccorum exempla secuti
Romanam agnorunt, Aethiopesque Qdem.
Inde Syri, ac Arabes, mundique e finibus ïndi,
Magna, sed hsec animo cuncta minora suo.
Nam Talida rursum Turcos jam classe petebat,
Dum petit, ast illum sustulit atra dies.
Qui semper vanos mundi contempsit honores,
Atque hac impressa condite, dixlt humo, Sed non quem Rubro decoraverat ille Galero,
Non hoc Franciscus stirps sua clara tulit.
Suscepitque memor menti tara nobile, quod nunc
Gernis tam praestans suoque iussu opus.
Urbs. Venetum. Dédit. Ortum. Qujd. Roma. Urbis. Ut. Orbis. Jura. Det. Optanli. Gaelica Régna. Deus.
Memoriae
Eugenii IIIJ.
Summi. Atq. Optimi. Pontificis
Hic. In. Pace. Gravis. In BelKs Pro. Christi.
Ecclesia. Impiger
In. Iniuriis. Patiens. Religiosonmi. Amator. Ac. In
Erudilos. Viros. Munificus
Goncilii. Basileensis. Inso)entiam
Adversus. Pontificiam. Romanam. Potestatem
Concilio Florentiae. Celebrato. RefrenaTît. Âc Fregit.
In. Quo Joannes. Paleologus. Graeciae. Imperator Romanum. Caput. Agnoscens Eias. Pedibus. se. Hultasq. Extemas. Et. Remotas
Nationes. Humill. substravit
Congregatio. Canonicoruin. S. Gregoiii. In. Alga. VeneU
Fandatori* Religiosissimo. Pietatis. Gaussa P. Q
TITULUS NICOLAI PAPAE V.
Hic sita sunt Quinti Nicolai Antisiitis ossa,
Aureaqui dederat secula Roma tibi Gonsilio illustris, virtute illustrior omni
Excoluit doctos doctior ipse viros.
Abstulit errorem, quo Schisma infecerat Orbem,
Restituit mores, moenia, Templa, domos.
Tum Bernardino statuit sua sacra Senensi,
Sancta Jubelei tempora dum célébrât.
Cinxit honore caput Friderici, et conjugis aureo,
Res Italas icto foedere composuit.
Attica Romannœ complura volumina linguœ
Prodidit : en tumulo fnndite thura sàcro.
TITULUS PII PAPAE II.
Pius II. Pont. Max. Natione. Hetruscus. Patria. Senensis. Gente. Picolominea. Sedit. Ann. VI. Brevis. Pont. Ingens. Fuit. Gloria. Conventum. Christ. Pro. Fide. Habuit. Oppugnatoribus. Rpm. Sedis. Intra. Atque. Extra. Italiam. Resistit. Catharinam. Senensem. Inter. SS. Christi Retulit. Pragmaticam. In. Gallia. Abrogavit. Ferdinandum. Arrag. In. Reg. Siciliae. Bis. Fretum. Restituit. Rem Ecoles. Auxit. Fodinas. Inventi. Tum. Primum. Aluminis Apud. Tolpham. Instituit. Cultor. Justitiae. Et. Religionis. Admirabilis. Eloquio. Yadens. In. Bellum. Ouod Turcis. Indixerat. Anconae. Decessit. Ibi. Et. Classenoi Paratam. Et. Ducem. Venetorum. Cum. Suo. Senatu. Commilitonés. Christi. Habuit.- Relatus. In. Urbem. Patrum Decreto, Est. Hic Conditus. Ubi. Caput. Andreae. Apostoli Ad. Se. Ex. Peloponneso. Advectum. Collocavit. Jusserat Vixit. Annos. Quinquaginta. Octo. Menses. Novem. Dies XXVII. Franciscus. Cardinalis. Senensis. Avunculo. Suo Sanctissimo. Fecit. MCDLXIV.
TITULLS ÏNNOCENTIÏ. PAPAE VIIL
Innocentio VIII. Gibo P. M. Italiae. Pacis. Perpetuo Custodi. Novi. Urbis. Suo. Aevo. Inventi. Gloria. Régi. Ilispaniarum. Galholici. Nomine. Imposito. Grucis. Sacrosanctae. Invento. Titulo. Lancea. Quael Ghristi. Hausit Latus. A. Bajazete. Turcorum. Imp. Dono Missa. Aeternum. Insigne. Monumentura. E. Veteri. Basilica. Hue Translatum. Alberieus. Gibo. Malaspina. Princeps. Massae Ferenlilli. Dux. Marchio. Garrariae. Etc. Pronepos. Orna-
tius. Augustiusque. Posuit. Anno. Domini MDXXI.
TITULUS HADRIANI PAPAE VI.
Hadriano YI. Pont. Max. Ex. Trajecto. Insigni. Infer Germanae. Urbe. Qui. Du m. Rerum. Humanar. Maxime Aversatur. Splendorem. Ultro. A. Procerib. Ob. Incomparabiiem. Sacrarum. Disciplinar. Scientiam. Ac. Prope Divinam. Gastissimi. Animi. Moderationem. GaroIoV.Gaes. Aug. Prœceptor. Eccles. Dertuensi. Antistes. Sacri. Senatus. Patribus. Gollega. Hispaniarum. Regni. Praeses Reipub. Denique. Grist. Divinitus. Pontif. Absen. Adsci- Uis. Vix. Ann. LXIII. Men. D. XIII. Decessit. XVIII. Kal. Octob. Ann, A. Partu^Vii^. MDXXIH. Pontif. Sui. Anno. II,
Wilhelmus Enchenvoirt. lllius. Benignitate. Et. Auspiciis JJ. S. Jo. Et. Pauli. Presb. Gard. Dertuens. Faciundum Cur. Proh Dolor. Quantum. Refert. In. Quae. Tempora Vel. Optimi. Cuiusq. Virtus. Incidat,
TITULUS PAUL! PAPAE IV.
Jesu. Christo. Spei. Et. Vitae Fidelium
Paulo. IIII. Cariafae Pont. Maximo
Eloquentia. Doctrina. Sapientia. Singulari
Innocentia. Libcralitate. Animi. Magnitudine. Prsestant
Scelerum. Vindici. Integerrimo
Catholicae. Fide. Acerrimo. Propugnatori
Pius. V. Pontifex. Maximus
Grati. Et. Pii. Animi. Monumentum
Posuit
Vixit. An. LXXXIII. Mens. J. D. XX. Obiit. MDLIX.