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de Philippe de Valois, et sa construction était identique. Le squelette était tout entier : près du crâne une couronne de vermeil, à ses côtés un sceptre de cuivre doré haut de sept pieds, un anneau d'argent, un reste de main de justice, un bâton de bois d'ébène, un oreiller de plomb sous le crâne, ainsi apparurent, au bout de cinq siècles, les restes du dernier roi des Capétiens.
On fut surpris de trouver le cercueil de Jeanne d'Evreux brisé, dépouillé ; la tête même avait été enlevée la nuit. C'était de la besogne faite pour les ouvriers qui procédaient à l'ouverture du tombeau de Philippe le Long. On allait voir les restes de ce prince grand et beau dont la mort prématurée à vingthuit ans avait été regardée par le peuple, avec celle de son frère et de son neveu, comme un signe de la vengeance du ciel sur cette famille qui avait souffleté Boniface VIII et brûlé les Templiers. Son squelette entier apparut, admirablement conservé , « le crâne coiffé d'une couronne de vermeil enrichie de pierre-
ries » % le bord inférieur des côtes garni d'une étoffe satinée, avec une boucle de vermeil. On trouva, sur les côtés du cercueil, une agrafe de son manteau en losange, une autre plus petite, toutes deux en argent et un sceptre de cuivre doré.
Au pied de son cercueil était un petit caveau, où l'on découvrit une cassette de bois vermoulu, avec l'inscription sur une lame de cuivre : Cœur de Jeanne de Bourgogne, épouse de Philippe de Valois.
Dans le tombeau du malheureux et chevaleresque roi Jean, mort en i364, on trouva son squelette intact, une couronne, un sceptre brisé et une main de justice de vermeil^.
C'était fini^
Huit jours après, cependant, par une mati-
1 Alexandre Lenoir. Loc. cit.
' Le i8 janvier i794> la démolition du tombeau de F'rancois P'' permit de découvrir le cercueil de Marguerite, lille de Philippe le Long et femme de Louis, comte de Flandre : on y trouva ses ossements bien conservés et quelques restes de planche de châtaignier.
^ Une tombe avait échappé au vandalisme révolutionnaire,
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née d'automne froide et brumeuse, les ouvriers, accompagnés du commissaire aux plombs, allaient au Couvent des Carmélites soulever la tombe où reposait une fille de France, née infirme \ mais d'une âme noble et élevée, qui toute sa vie, les yeux tournés
la tombe du célèbre Gondi que son roi irrité aurait voulu éloigner à jamais de la royale sépulture, à laquelle lui donnait droit sa dignité d'abbé de Saint-Denis, qu'on y avait enterré clandestinement, en pleine nuit, avec ordre de Louis XIV de n'indiquer par aucune épitaphe le lieu de sa sépulture. Et ce fut le seul qui, malgré toutes les recherches et les bouleversements du sol, y resta.
En effet, on rechercha vainement à l'endroit si minutieusement et si clairement indiqué par le plan de Felibien, le cercueil du cardinal, du Catilina en soutane qui avait renversé Mazarin alors au faîte du pouvoir, maître de la France, presque de l'Europe. Viollet-le-Duc retrouva le cercueil du Grand Gondi à l'endroit indiqué, à côté du tombeau de François P'". Il fut transporté dans le caveau de Turenne, où nous le retrouverons plus loin. (Voir G. d'Heilly, loc. cit.)
^ Dans une étude parue dans la Revue des Deux Mondes et reprise dans son ouvrage sur le xviii" siècle, M. Soury étudiant les tares pathologiques des filles de Marie Leczinska, écrit au sujet de Louise : elle « était un être débile, chétif, manifestement rachitiquc ». Cité par Cabanes. Les Indiscrétions de r Histoire, i*'" série. Albin Michel, 1903.
Louise de France entrait au couvent des Carmélites de la ville de Saint-Denis le 11 avril 1770. Elle apportait un merveilleux trousseau. Selon la règle de l'ordre, elle était tenue, comme simple postulante, d'éplucher les herbes et de participer aux travaux les plus grossiers de la cuisine. La supérieure voulut lui interdire tout travail matériel pour ne pas lui faire « perdre » ses riches vêtements. C'est alors que la
vers le ciel, n'avait connu que l'humilité et la prière. Ils trouvèrent le corps de Louise
postulante écrivit au roi, son père, lui demandant des vêtements les plus simples pour les travaux communs du ménage. Louis XV, qui n'y regardait pas de près, lui fit l'envoi d'un costume de « satin rose. » Louise l'avait à peine revêtu qu'elle le souilla par maladresse avec le contenu d'une casserole. On montre un fragment de cette robe de salin au couvent des Religieuses de la Sainte-Famille du Sacré-Cœur, qui ont remplacé les Carmélites à Saint-Denis rue de la Légion d'Honneur, 44.
Le 10 septembre 1770, Louise de France prenait l'habit, et le premier octobre 1771, elle faisait profession.
Elle mourut supérieure du couvent le aS décembre 1787 et fut enterrée dans la salle du chapitre du monastère. Une plaque de marbre blanc, placée au-dessus du cei'cueil, portait cette épitaphe :