TOMBEAU DE FRANÇOIS I
LES JOURNEES D OCTOBRE b'j
ment, Bureau de la Rivière, chambellan de Charles VII.
Après bien des recherches, on finit par découvrir l'entrée du caveau de François P'\ Il était grand et bien voûté : six cercueils de plomb, posés sur des barres de fer, renfermaient les corps de François \^^, de Louise de Savoie, sa mère, de Claudine de France, son épouse, du Dauphin son fils et de ses frère et sœur.
Tous ces corps étaient en « putréfaction liquide » et exhalaient une odeur insupportable. L'assistance fut frappée « de la taille
taphe de marbre noir, « fut au moment d'être broyé par un vitrier pour servir à faire de la peinture ». Chateaubriand, Mémoires d^ Outre-Tombe, Garnier, Paris, t, I, p. 128.
^ Nous donnons ici la reproduction du tombeau de François P"". C'est un des plus admirables chefs-d'œuvre de l'architecture et de la sculpture. Philibert Delorme en a donné le dessin et dirigé la construction. Jean Goujon, Germain Pilon, Pierre Bontemps, Ambroise Perret, d'autres encore ont collaboré à son accomplissement. Il se compose d'une haute voûte avec deux passages latéraux. Sur la plate-forme sont en costumes de cour, agenouillés, le roi, la reine et leurs trois enfants. Sous la voûte sont les effigies des deux monarques, sans autre vêtement que le suaire mortuaire. Tout autour du monument se trouvent d'admirables statues des évangélistes et de génies symboliques ; sur les côtés, des bas-reliefs retracent les campagnes de François P"",
extraordinaire et de la structure du corps de François P"" ; Tun des fémurs de ce prince, que je mesurai, portait vingt pouces des condyles à la tête de l'os » ^ On alla vider chaque bière dans la fosse ; et à travers les fissures des cercueils brisés « une eau noire et nauséabonde coulait des enveloppes de plomb dans le trajet qu'on fit pour gagner le cimetière. » Enfin, sur le soir, on trouva, près de la grille du côté du midi, le tombeau de Mathieu de Vendôme, abbé de Saint-Denis et régent du royaume sous saint Louis. 11 n'avait pas de cercueil, ni de pierre, ni de plomb. Il avait été mis en terre dans une bière de bois dont il restait encore des morceaux de planches vermoulues, après plus de cinq cents ans. Le corps était entièrement consumé ; on retrouva le haut de sa crosse de cuivre doré et des lambeaux de riche étoffe, indiquant qu'il avait été enseveli avec ses plus beaux ornements d'abbé.
^ Alexandre Lenoir, Zoc. cit. Ce qui donne une longueur de 55 centimètres.
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Le lundi 21 octobre, les ossements de six princes et une princesse dé la famille de saint Louis étaient portés au cimetière*.
Le mardi 22, dans la chapelle des Charles, on trouvait encore deux cercueils l'un sur l'autre : celui de Barbazan, premier chambellan de Charles VII et celui de Louis de Sancerre, un des vainqueurs de Rosebecque : la tète du connétable « était encore garnie de cheveux longs et partagés en deux cadenettes bien tressées \ »
On souleva, ensuite, la pierre perpendiculaire qui couvrait les tombeaux en pierre de l'abbé Suger^ et de l'abbé Troon : ils ne renfermaient que quelques ossements,
* Ils avaient été rapportés le i""" août 1791 « de l'abbaye de Royaumont en celle de Saint-Denis et posés dans un caveau creusé exprès, au milieu du chœur, entre ceux de Charles le Chauve et de Marguerite de Provence ». Gautier, loc. cit. p. 107.
^ « Il fut trouvé ayant encore trois longues tresses, d environ 40 centimètres. » Alex. Lenoir, loc. cit.
^ La pierre indiquant la sépulture du grand Suger portait cette simple épitaphe :
Hicjacet Sugerius ahhas.
70 LES TOMBEAUX DES ROlS SOUS LA TERREUR
On s'en tint là, et, pour finir la journée, on alla dans la chapelle du « Lépreux » lever la tombe de Sédille de Sainte-Croix, femme de Jean Pastourelle, conseiller de Charles V : elle renfermait quelques os à peine reconnaissablés.
Le mercredi matin, on découvrait la tombe de Philippe de Valois : elle était de pierre, tapissée de plomb intérieurement, fermée par une lame épaisse de même métal, soudée sur des barres de fer : quelques os, une couronne, un sceptre surmonté d'un oiseau de cuivre doré, voilà tout ce qui restait de l'impétueux roi qui avait donné le signal de la guerre de Cent ans.
Plus près de l'autel, on trouva dans le cercueil de sa femme, Jeanne de Bourgogne, son anneau d'argent, une quenouille et ses os desséchés.
Le jeudi 24, on fit l'ouverture du tombeau de Charles le Bel : il était à gauche de celui