LOUIS VII, LOUIS XI, PHILIPPE I
croisée » S devant un tombeau de pierre vieux de sept cents ans, sur lequel était couchée l'effigie de Philippe I", les yeux fermés, une couronne de trèfle sur la tête et un épervier à la main. Le fils de Henri P'", en désignant cette église pour sa sépulture, avait pensé avec justesse qu'un sépulcre à Saint-Denis ne valait pas un paisible monument dans la vallée de la Loire, près du flot languissant du beau fleuve. En effet, les administrateurs du district d'Orléans firent preuve, ce jour-là, d'une surprenante modération. On se contenta de démolir le mausolée qui fut jeté hors de l'église, sans toucher au cercueil du solitaire qui demeure aujourd'hui encore sous la voûte abbatiale, comme une relique du vieux monde détruit ^
* L'abbé Rocher. Description archéologique de l'église abbatiale de Saint-Benoit-sur-Loire. Jacob, Orléans, i865.
2 L'ouverture en eut lieu le i^"" juillet i83o, suivant procèsverbal dressé en présence du préfet du Loiret et Pagot, architecte : « Le roi était placé à découvert, dans un cercueil qui paraissait être do chêne, autant qu'on en pouvait juger, étant très consumé. Il paraissait être d'une haute stature; on distinguait tous les membres et leurs formes : la tête présentait, dans la mâchoire supérieure, les dents placées dans leurs
lOO LES TOMBEAUX DES ROIS SOUS LA TERREUR
alvéoles et blanches comme de l'ivoire. On ne découvrit rien de la mâchoire inférieure. Les bras étaient allongés près du corps. Le tout, en conservant ses formes, s'était affaissé et couvert d'une croûte que du linge et des bandelettes embaumés avaient formée. On y voyait encore des plantes odorantes dont quelques débris faisaient présumer que c'était de la menthe et autres plantes d'une forte odeur. Les bandelettes qui enveloppaient tout le corps depuis les épaules jusqu'aux pieds étaient tissues de soie à fleurs et feuilles courantes sur chaîne de soie écrue. On a trouvé vers l'abdomen, sous ces bandelettes, des débris de linge qui semblaient tissu de chanvre et de lin. Malgré les assertions historiques qui rapportent que Philippe mourut sous la bure monastique, on n'a trouvé dans son tombeau aucuns débris d'habits religieux. »
CL' Iteymond.
Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale.