‹ Les tombeaux des rois sous la TerreurChapitre 3 sur 34 · LA BASILIQUE DE SAINT-DENIS ET SES TOMBEAUX · texte numérisé non relu

LA BASILIQUE DE SAINT-DENIS ET SES TOMBEAUX

Le déluge prédit par le vieux roi était venu : le 2 1 janvier 98, sur l'ancienne place Louis XV et devant le palais désert des Rois, la Convention décapitait, dans la personne de Louis XVI, huit siècles de monarchie. La Révolution marchait bon train : aux périodes cicéroniennes des Girondins avaient succédé les mugissements de Danton et les hurlements sanguinaires des tricoteuses. Au mois de septembre 92, on avait tué, dans la vieille bâtisse de l'Abbaye, à peu près comme on

tue à l'abattoir. Rien qu'à Lyon, on fusillait deux cents personnes par semaine ; et, à Paris, c'était chaque jour le lugubre spectacle d'un défilé de charrettes allant déverser leur contenu sous le couperet de la guillotine.

Et Camille Desmoulins pouvait écrire un matin dans son journal : « Aujourd'hui, il y a eu un miracle à Paris : un homme est mort dans son lit '. »

Le vent de folie qui passait sur la France avait altéré à ce point le sens moral, qu'on accoutumait les enfants à jouer à l'échafaud ; on vendait des petites guillotines, comme aujourd'hui « des petits soldats » ; et l'on pouvait voir l'après-midi, sous les ombrages des Champs-Elysées, à quelques pas de l'échafaud dressé sur l'emplacement actuel de l'obélisque des Pharaons, l'on pouvait voir, disons-nous, les papas, les mamans et leurs bébés, s'esclaffer de rire à la parade de polichinelle, où la scène traditionnelle de la potence

>■ Arsène Houssaye. TV. Z>. de Thermidor. Pion, Paris 1866.

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