VUE D'ENSEMBLE DES TOMBEAUX
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spectres de monarques, tout ce défilé royal de fantômes, qui racontent de si éloquente façon riiistoire de l'antique Basilique;, écrite en marbre et en granit. Trois nefs j)arallèles s'étendent jusqu'au transept ; quatre escaliers de pierre montent au sanctuaire et à ses collatéraux. C'est sous cette partie de la Basilique que se trouve la galerie souterraine, reste d'une église carlovingienne, qui, depuis Henri IV, était le cimetière des Bourbons.
Depuis huit siècles, pas une pierre n'a changé de place : là sont toujours les sept chapelles circulaires qui ont été placées par l'abbé Suger sous des invocations qu'elles ont gardées ; au milieu, écrasé par l'édifice qui le surmonte, le vieux caveau central, avec ses murailles noircies, contenait jusqu'au XVI® siècle les châsses des saints patrons ; ses piliers romans et ses chapiteaux grossiers, frustes et lépreux, semblent certainement antérieurs au xif siècle ; et, tout autour, le collatéral avec ses colonnes courtes et vigoureuses, ses voûtes basses et humides,
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indique bien, en entrant, que c'est là une demeure funèbre qui convenait au sommeil de S^int-Denis.
Les princes et princesses des deux premières dynasties, ensevelis dans la Basilique, n'étaient qu'en petit nombre. Bien qu'un fils de Ghildebert y ait été enterré, dit-on, en 58o, Dagobert, mort en 638, fut le premier roi de France qui eut son tombeau dans l'abbaye royale. Après lui. Pépin, Charles Martel, Glovis 11, Charles le Chauve y furent portés successivement. Mais depuis Hugues Capet, tous les rois de France furent inhumés à Saint-Denis, sauf trois, qui avaient désigné ailleurs leur sépulture : Philippe P'", dans l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, dont il était le fondateur ; Louis VII , à Barbeau, près de Melun, et Louis XI, à Cléry. Saint-Louis y fit transférer aussi les cendres de plusieurs des premiers rois, inhumés dans différentes églises de Paris ; mais les diverses reconstructions ayant mutilé ou anéanti beaucoup de leurs monuments, il fit ériger des tom-
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beaux sur leurs sépultures, ainsi que sur celles de ses prédécesseurs qui reposaient dans la Basilique depuis Dagobert. Ce n'est donc que du xiii^ siècle que datent les plus anciens tombeaux.
Gomme le fait très judicieusement remarquer un érudit archéologue, le baron de Guilhermy, « les effigies consacrées par saint Louis à la mémoire des anciens rois ne peuvent être considérées comme des portraits, La première statue qui paraisse attester une étude de la physionomie, une recherche de la ressemblance est celle de Philippe le Hardi. L'usage d'élever un tombeau à chaque prince, aussitôt après sa mort, s'est maintenu jusqu'à Henri III. La Chapelle des Valois était le dernier monument funéraire de la monarchie.
En vain, après la mort de Henri IV, la reine régente fut-elle suppliée de faire construire à ce grand prince un tombeau digne de lui et de la France ; ce vœu si légitime ne reçut pas d'accomplissement. La coutume prévalut, dès lors, de ne plus élever de monument à aucun
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des princes de la Maison des Bourbons dont les corps étaient portés à Saint-Denis. Le sanctuaire de la crypte devint le caveau royal. Des cercueils de plomb, posés sur des tréteaux de fer, y formaient, en 1793, deux longues lignes qui ne laissaient entre elles qu'un étroit passage. Le nombre des corps était de cinquante-quatre^ depuis Henri IV assassiné en 1610, jusqu'au Dauphin, fils aîné de Louis XVI, mort le 4 juin 1789^ »
A côté des sépultures royales, plusieurs personnages, célèbres par leur vaillance pour l'Eglise ou pour leur roi, avaient été inhumés dans la Basilique : les uns comme Suger, le cardinal de Bourbon, Mathieu de Vendôme et le cardinal de Retz, par un privilège accordé à leur dignité d'abbé'; les autres, comme Duguesclin, Bureau de la Rivière, Armand de Guilhem, seigneur de Barbazan, le
1 Baron de Guilhermy. L Abbaye de Saint-Denis. — Arnoult- Lépine, 1891.
- Les simples religieux avaient leurs tombcauv sous les voûtes mêmes du cloîtrej