LA. BASILIQUE DE SAINT-DENIS II
Ce qui frappe, quand on arrive au pied de la Basilique, c'est cette muraille sombre et crénelée qui forme la façade de l'édifice et lui donne le caractère d'une forteresse. Trois portes en plein ceintre donnent accès dans le porche intérieur ; le travail des chapiteaux, des voussures et des tympans est remarquable ; on retrouve dans les sculptures les thèmes favoris du moyen âge : l'histoire de la passion, la parabole des Vierges, la Résurrection, les travaux de l'année, jusqu'aux signes du zodiaque.
Il y a seulement soixante ans, cette façade était encore surmontée de deux tours, dont l'une, celle de gauche, se terminait par une flèche de pierre d'une hauteur prodigieuse qu'on démolit, en i84i, dans la crainte d'une catastrophe qu'inspirait son peu de solidité.
mière, élevé, à la fm du v^ siècle, une chapelle sur le lieu de la sépulture de saint Denis. Un siècle plus tard, ce petit oratoire était remplacé par une église plus importante. Mais ce fut sous Dagobert que l'importance et la magnificence de l'abbaye royale commença réellement. Le roi Pépin commença un nouvel édifice ; Charlemagne l'acheva et le fit consacrer en 775.
Il LES TOMBEAUX DES ROIS SOUS L.V TERREUR
C est la vue de cette flèche sépulcrale qui, attristant Louis XIV, lui fit abandonner Saint- Germain, pour aller habiter'Versailles. Il ne reste plus aujourd'hui que la tour de droite, qui a conservé son aspect sévère duxif siècle. A l'intérieur, la hauteur de la nef, la merveilleuse hardiesse des voûtes, l'immensité de l'édifice donnent à l'église un caractère frappant de grandeur. Trois étages de verrières historiées versent dans cette nef splendide des flots de lumière ^ Mais ce que le regard perçoit d'abord, c'est le labyrinthe de statues, de sarcophages, de mausolées, ces
* Malheureusement aujourd'hui les vitraux sont tous modernes, faibles de couleur et pauvres de dessin. Il n'y a plus que dans la chapelle de Saint-Pércgrin que l'on puisse voir des restes des admirables vitraux fabriqués sous la direction de l'abbé Suger. Les amateurs, qui cherchent encore le mystère de ces vieilles colorations, nous sauront gré d'une citation de Doublet, historien de l'abbaye, qui a recueilli, d'après les mémoires que Suger nous a laissés, les détails suivants sur leur fabrication. « Il raconte, écrit Doublet, et met entre les choses admirables advenues en ce superbe et magnifique monument, comment il a trouvé des faiseurs de vitres et compositeurs de verres de matière très exquise, à savoir des saphirs en grande abondance qu'ils ont pulvérizez et fondus parmi le verre pour donner la couleur d'azur, ce qui le ravissait véritablement en admiration. »
M) fliot.