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Les torrents glaciaires

Définitions. — Dans son Etude sur les totTents des Hautes^ Alpes, M. Surell partage les' cours d'eau des montagnes alpestres en quatre classes : les rivières, les rivières torrentielles, les tor-^ rents et les ruisseaux.

Après avoir défini les rivières et les rivières torrentielles de façon très précise, il s'exprime ainsi au sujet des torrents : trlls coulent dans des vallées très courtes, parfois même dans de simples dépressions; leurs crues sont courtes et presque toujours subites; leur pente excède o m. 06 par mètre sur la plus grande longueur de leur cours; elle varie très vite et ne s'abaisse pas au-dessous de m. 02 par mètre; ils ont une propriété tout à fait spécifique : ils affouillent dans la montagne, ils déposent dans la vallée et divaguent ensuite, par suite de ces dépôts; cette propriété, formée par un triple fait, ne se retrouve dans aucune des deux classes précédentes et fournit un caractère bien tranché, fi

Dans son Traité pratique du reboisement et du gazonnement des montagnes, M. Demontzey, étudiant les torrents, les répartit en deux classes d'après l'origine des déjections qu'ils charrient.

trLa première classe, dit-il, comprendra les torrents dont les déjections sont uniquement le produit de l'afïbuillement des eaux dans le versant des montagnes : nous les dénommerons torrents à affouillement.

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â LES TOKKENTS GLACIAIRES.

La deuxième renferme :

i'' Les torrents ,qui prennent dans laffouillement une partie seulement des matériaux et reçoivent le reste par le simple effet de la pesanteur qui précipite dans leur lit les débris de la désagrégation des rochers supérieurs;

2** Les torrents qui sont alimentés par les glaciers.

Nous nommerons les premiers torrents à casses et les seconds torrents glaciaires.

Il ajoute : ce Dans les parties moyennes ou inférieures de leur cours, ces torrents se comportent évidemment comme ceux à affouillement et n'en diffèrent que par leur régime dans la région supérieure. On conçoit a priori que si l'on peut se donner pour but l'extinction complète des torrents à affouillement, l'on se trouve dans l'obligation de se contenter de la simple correction pour les torrents de la deuxième classe.

ff L'étude du travail qui vs'opère dans le sein de la montagne pendant la période d'activité de ces torrents aura pour conséquence la discussion et le choix des moyens les plus rationnels en même temps que les plus efficaces à employer pour arriver économiquement à la complète extinction des uns et à la simple correction des autres, -n

Rien de plus vrai, rien de plus exact que ces quelques réflexions qui, émises en 1878, ont été depuis lors confirmées de tous points par une expérience de plus de vingt années, poursuivie simultanément sur tous les points de la France, Aussi serviront-elles de base et de cadre à notre étude des torrents glaciaires.

Appelé par nos fonctions à nous occuper spécialement des torrents du massif du mont Blanc, nous nous attacherons plus spécialement à celte région, qui offre d'ailleurs un magnifique champ d'études. Par la diversité des phénomènes qui s'y produisent, par l'étendue de ses glaciers, par leur variété, par ses diverses orientations, le mont Blanc peut être considéré comme le type de la région glaciaire. Les observations qui s'y rapportent conduiront par là

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