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LE MONT BLANC

même à des conclusions générales applicables à tous les torrents qui prennent naissance dans les glaces et les neiges éternelles.

Le mont Blanc. — Le mont Blanc est situé dans le département de la Haute-Savoie, arrondissement de Bonne ville, canton de Ghamonix.

Géologiquement, la double arête du mont Blanc et des Aiguilles^ Rouges, le groupe culminant de l'Europe, est la simple continuation de la chaîne occidentale de la Savoie, mais, par son relief, il semble absolument distinct. Du côté du sud, Ténôrme masse de granit protogine, d'origine peut-être sédimentaire , qui constitue le mont Blanc, est séparée du massif de la Savoie par le col du Petit Saint-Bernard et le col du Bonhomme , ouvert à plus de a,3oo mètres au-dessous de son dôme supérieur; du côté de la Suisse, ses contreforts s'abaissent vers la profonde fissure où coule le Rhône; à l'orient, ses escarpements rapides et ses glaciers plongent vers l'Italie; à l'occident, ses pentes, plus douces, bien que formidables encore, et ses longues «rmers de glacer, s'inclinent vers la vallée française de Ghamonix.

A une époque antérieure, lorsque les cimes du prodigieux massif étaient encore plus élevées de plusieurs milliers de mètres, il ne formait qu'un seul groupe avec les xAiguilles-Rouges, qui en sont aujourd'hui séparées par la vallée de Ghamonix, et qui se prolongent au nord-est jusqu'en Suisse, même par delà la vallée du Rhône.

Ce sontles divers sommets de cette crête qui présentent aux voyageurs le plus admirable panorama du mont Blanc. Phénomène remarquable, le plus haut sommet des Aiguilles-Rouges porte à son extrémité un petit lambeau de .calcaire schisteux, en couches horizontales, débris des immenses dépôts dont la mer avait autrefois revêtu toutes les roches àe granit.

La Grande-Montagne, qui est non seulement le sommet culminant, mais encore l'une des principales bornes politiques de l'Eu-

rope, n'a point une iargeur de base ni une puissance de contreforts qui lui permettent de se mesurer à cet égard avec les principaux massifs alpins de la Suisse, le mont Rose et l'Oberland bernois. Elle n'a pas non plus une grande importance comme centre de rayonnement des eaux; Tétendue n'en est pas assez considérable pour qu'elle puisse alimenter autant de rivières que le massif oriental de la Maurienne et celui du Saint-Gothard. Deux torrents seulement (rivières torrentielles) prennent leur source à la base du mont Blanc : à l'ouest, l'Arveiron ou l'Arve, qui va s'unir au Rhône en aval de Genève; à l'est, la Doire-Baltée, qui se jette dans le Pô, après avoir traversé les plaines du Piémont.

Pourtant, dans sa faible étendue relative, le mont Blanc est un monde de neiges et de glaces! Tout le massif est frangé de ces .fleuves solidifiés qui descendent au loin dans les ravins. La Suisse, l'Italie, la France en reçoivent chacune leur part; mais c'est la rivière française qui recueille la quantité la plus abondante des eaux de fusion, grâce aux vents pluvieux qui viennent frapper surtout le versant occidental. Plus de la moitié des neiges et des glaces qui recouvrent le massif se trouvent sur ce côté de la montagne et s'épanchent dans l'Arve. Sur les 282 kilomètres carrés de glaces que comprend la superficie du mont Blanc, le versant français en a 168; d'après M. Huber, on pourrait évaluer la masse cristallisée qui s'incline vers la vallée de Chamonix à 7 milliards 58 millions de mètres cubes d'eau, assez pour alimenter le débit constant du Rhône sous le pont de Beaucaire pendant cinquante jours. Parmi les glaciers qui se déversent avec tant de lenteur des cirques élevés du mont Blanc, plusieurs sont devenus célèbres par les études comparées de savants observateurs. Le plus beau, le plus vaste, et en même temps le plus étudié, est la fameuse erMer de glace?), qui se meut avec une rapidité moyenne de 100 mètres par an et dont les molécules mettent par conséquent un siècle et demi pour descendre des névés aupérieurs à l'arche terminale qui donne naissance à l'Arveiron. Les noms de Saussure,

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