OBSERVATIONS GÉNÉRALES
mais espacées à intervalles fort variables, le cours du torrent est lui-même fort irrégulier. Successivement, le lit est encombré de nialériaui, puis affouilié à de grandes profondeurs.
On peut donc considérer qu'il est fort dangereux d'y élever des ouvrages de correction qui ne soient point solidement fondés sur le roc, et que dans le cas ordinaire, où les fondations doivent reposer sur des matériaux de transport, il est prudent, contraire* ment à ce qui se fait dans les torrents non glaciaires, de commencer la correction par le bas, en élevant des ouvrages échelonnés de façon à empêcher l'affouillement et, par suite, à s'appuyer mutuellement.
De cette modeste étude, nous tirerons cette conclusion que l'intelligence humaine doit avoir raison de la force brutale des glaciers, quelque puissante qu'elle soit. En s'appliquant à étudier les phénomènes glaciaires et les lois qui les régissent, l'homme peut et doit trouver le moyen de les rendre inoffensifs et même de les utiliser à son profit. C'est ainsi qu'en maîtrisant les torrents il peut utiliser à son gré d'importantes chutes d'eau , dont la valeur sera considérable au jour prochain oh le transport de la force par l'électricité sera entré dans le domaine pratique.
Certes, les catastrophes glaciaires continueront encore à se produire pendant de nombreuses années, portant la désolation tantôt sur un point, tantôt sur un autre. C'est que, par leurs mouvements lents, les glaciers échappent encore actuellement à toute observation positive. Par leur lenteur même, par leurs oscillations permanentes, ces mouvemenis, ou plutôt la lésultante de tous ces mouvements nous échappe. Nous ne pouvons donc en prévoir les conséquences, qui viennent si fréquemment causer la ruine de paisibles populations.
Il semble qu'un de nos premiers devoirs devrait être d'installer un service d'observations qui, pour chaque glacier, noterait annuellement l'amplitude de ses oscillations, rapportée à des éléments fixes et immuables qu'il serait aisé d'établir à proximité.
A lappui, on dresserait un plan détaillé des lieux, accompagné de profils eu long et en travers, et on noterait tous les phénomènes remarquables qui viendraient à se produire, en indiquant, autant. que possible, les causes et les effets.
A Taidé de ces ^renseignements, on formerait, pour ainsi dire au jour le jour, l'historique de tous les glaciers; on en suivrait lesoscillatioBiset on pourrait prévoir, avec quelque certitude, les périodes. dangereuses. Il deviendrait, dès lors facile d'y appliquer, eii temps opportun, les mesures de précaution nécessaires.
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III. — Torrent de Bionkasset. Iinsemble du cours de la lave produite en 1892 par la débâcle du glacier de Tètc-Kousse.