‹ Les Touareg de l'ouestChapitre 1 sur 49 · ADOLPHE JOURDAN, LIBRAIRE -ÉDITEUR · texte numérisé non relu

ADOLPHE JOURDAN, LIBRAIRE -ÉDITEUR

IMPRIMEUR-LIBRAIRE OE L'iUDËMIE

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INDEX ALPHABÊTIOUE

ABAIA. — Sorte de blouse sans manches.

ADRAR. — Montagne.

ADR'AR' ou ADGHAGH. — Caillou, rocher. — Nom donné au massif montagneux situé au sud de la région de TAhnet, et dont la tribu des Ouelimmiden occupe la majeure partie.

AG. — Fils de.

AHAGGAR. — Nom targui du massif montagneux plus connu sous le nom de HOGGAR, et donné aussi aux Touareg qui l'habitent.

AHL EL TRAB. — Gens de la poussière (revenants.)

ALLOUS. — Dune allongée, à arête tranchante. {Voir dunes).

AMRID. — Serf; au féminin TAMRIT; au pluriel IMRAD.

AREG (pluriel de ERG). — Veines ; vastes espaces couverts de dunes. {Voir dunes).

ARIG. — Terrain couvert de petites dunes (diminutif de Erg). Voir DUNES.

AZGUEUR ou AZDJER. — Confédération targui, dont le territoire est à Test du Hoggar.

BASSOUR. — Palanquin où pi*ennent place les femmes et les enfants en bas-âge voyageant à dos de chameau. Le bassour se compose d'un siège double et d'une carcasse en bois léger (ordinairement de laurier rose), qu'on recouvre d'étoffes plus ou moins luxueuses, destinées à protéger les voyageurs du soleil, de la pluie et de la poussière. Le bassour des riches est surmonté, dans certaines circonstances, d'une ou de plusieurs touffes de plumes d'autruche (Attouchj pluriel attatich).

BATEN. — Plateau allongé.

BIR (au pluriel BIAR). — Puits ordinaire.

BIR EL R'RAMA. — Puits situé à l'est du Hoggar, où ont été massacrés le lieutenant-colonel Flatters et ses compagnons.

BOU REQOUD. — Littéralement : Le père dormant. — Les légistes musulmans admettent que l'enfant peut « dormir » dans le sein de sa mère, au-delà du terme de la gestation, et cela pendant un temps qui peut aller jusqu'à cinq ans. L'enfant qui naît dans ces conditions est dit Bou Reqoudy et la loi lui donne pour père le dernier mari de sa mère. — La loi musulmane a voulu, évidemment, par cette étrange disposition, restreindre autant que possible le nombre des enfants sans famille, dans une société où le divorce, résultat souvent d'un simple caprice, rompt avec la plus grande facilité les unions même les plus récentes. Mais, si le mal à conjurer était grand, il faut reconnaître que le remède est au moins bizarre.

CADI. — Magistral musulman dont les fondions participent à la fois de celles du juge et de celles du notaire.

CAÏD. — Chef de tribu. Dans les tribus soumises à notre autorité, le caïd reçoit l'investiture du gouvernemenl Français; il porte comme une marque distlnclive de sa dignité, un burnous en drap écarlate.

CHAANBAA. — Tribus arabes, originaires des Ouled Madhi, de l'annexe de Msila (province do Constan- Une), venues dans le Sahara au commencement du XVII' siècle, aujourd'hui soumises t l'autorité Française et dont les campements s'étendent du Souf (à l'Est) jusqu'à la limite qui sépare les provinces d'Alger et d'Oran (à l'Ouest). — Sur toute celte ligne les Châanbâa sont en contact direct avec les tribus indépendantes do l'extrême sud. Les Châanbâa forment quatre groupes principaux, qui se subdivisent en tribus et fractions, ainsi qu'il suit :

1° ChAanbâa Berezga (ou de Metlili)

Clicurfn ; Béni Morzouf! ; Reni Mzab ;

Ouled Sidi ZJan ;

Ou]ed Si Beikacem.

KSAB DE METLIH (1,035 habitante)

MerabLin I

Aouarneur;

fiULED ABD EL KADER \ ^"''^'^ '^"''^"'' • i Oulod Ghemaro ; 1I,39£ habilaciU) i Soualah ;

\ Ouled Hanicli, / Ouled Brntiiiu ; I Ouled Moussa ;

Touameur;

VA Qatiaza;

Clieulg ;

Djerouda;

Ouled Aïssa ben 1

Ou mirât.

OULED ALLOUCH

(1,398 llnhilanlsl

2^ CHÂANBÂA EL MOUADHI (ou d'EL Goléa)

(1,575 habitants)

Mouadhi ;

El Aïcha ;

Ouled Sidi El Hadj Yahia ;

■Ouled Zid ;

Zenata ;

Ouled Feredj.

3° ChAanbAa Bou Rouba (ou Hab er Rih, ou cI'Ouargla)

OULED SMAIN (430 habitants)

/ Ouled Bou Rouba ;

J Chegoug ;

I Ouled Bou Bekeur ;

( Ouled Amar.

Ouled f enlj

CHÂANBÂA GUEBALA (1,050 habitants)

Ouled Hamich ; Ouled FeracU ; Ouled Nessir ; Ouled Zid ; Ouled Belkacem ; Doul.

OQledBouSaidi i^eboub;

I Ouled Ali ben Abdallah.

4° CHÂANBÂA d'El Oued (ou du Souf)

Ce groupe, le moins nombreux des quatre, est originaire des Chàanbôa d'Ouargla. — Vers 1820, un homme nommé Amran ayant été tué dans une rixe, sa veuve se réftigia au Souf avec ses enfants ; quelques mécontents ne tardèrent pas à l'y rejoindre et à former un groupe qui, en 1868, comptait déjà trente tentes et qui en compte aujourd'hui (1888) cent une, réparties entre les deux fractions des Oued Amran et d'ElGhardala.

Les Châanbaâ, dits d'El Oued, ont pour centre El Hamich, sorte de faubourg de cette ville. Ils ne forment qu'un seul cheikat.

CHAANBI. — Homme des Châanbâa.

CHEBKA. — Littéralement : Filet. — Terrain raviné en tous sens et dont les bas-fonds sont limités par des hauteurs d'une altitude à peu près uniforme. Telle est la Chebka du Mzab, immense plateau rocheux sur lequel il semble que Dieu, dans un jour de colère, ait étendu un Jllet imbibé d'un corrosif:

chaque maille a creusé son empreinte, détruisant autour d'elle toute végétation.

CHEIKH (au pluriel CHIOUKH ou MCHAÏKH). Littéralement: Vieillard. Chef de fraction, inférieur au caïd. — Se dit aussi des grands maîtres d'ordres religieux ; le mot a, alors, le sens de Vénérable.

CHOUAF (au pluriel CHOUAFA). — Vedette, du verbe arabe chouf, regarder, voir.

DAIA (quand le mot suivant commence par une voyelle on prononce DAIET). — Bas-fond où l'eau des pluies séjourne plus ou moins longtemps et où, par suite, la végétation est relativement abondante.

DJEBEL. — Montagne.

DJINN. — Au pluriel DJENOUN. Lutin. Esprit malin.

DUNES. — Elles portent plusieurs noms, selon leur forme et leur importance, savoir :

1° Erg (au pluriel Areg). — Edéi (au pluriel Edeyen). — Le premier mot est arabe, le second tamahaq. ils désignent d'immenses espaces couverts de dunes de toutes formes et de toutes dimensions. La superficie du grand erg, compris entre 29" et 24" lat. N. et entre 7" long. E. et 3° long. 0., est évaluée ù douze millions d'hectares ;

2° Arig. — Dlminulif à'crg. Terrain couvert de

itites dunes;

3° Allous en tamahaq, ou si/ en arabe. — Duno

longée, a arête tranchante comme une lame de saire (d'où le nom arabe si/" qui signifie sabre);

Ghourd. — Piton sablonneux do forme conique,

luvent inaccessible, en raison de la raideur de ses

intes;

5<> Zmila (au pluriel zmout). — Dune d'une certaine importance, sans forme déterminée ;

6^ Zméila. — Diminutif de ssmila ;

7° Zebara. — Synonyme de ssméila. — Plus particulièrement employé dans le Sahara de la province de Constantine.

EL GOLÉA. — Ksar des Châanbâa el Mouadhi, situé par environ 30>,35' lat. N. et (>>,3' long. E., c'est-à-dire presque sur le méridien d'Alger. La route qui relie la capitale française de la colonie au Ksar Saharien, mesure environ 900 kilomètres, ainsi répartis entre ses tronçons principaux :

1° D'Alger à Laghouat (par Douera, Blida, Médéa, Boghari et Djelfa) 433 kil.

2° De Laghouat à Ghardaïa (par Nili, Tibr'ent et Berryan) 195

3° De Ghardaïa à El Goléa (par MeUili, Hassi Berr Ra'ouï (1) et Hassi Zirara) 272

Elle est carrossable jusqu'à Metlili, c'est-à-dire sur un trajet de 660 kilomètres; mais, sauf quelques courts tronçons aux abords de Djelfa et de Laghouat, elle n'est entièrement terminée que jusqu'au 188« kilomètre, soit jusqu'à Bougzoul (22 kil. sud de Boghari). De ce point à Metlili, ce n'est à proprement parler qu'une piste. Au-delà de Metlili, ce n'est plus qu'un medjbed (voir ce mot).

El Goléa, dont le nom^ diminutif de Guelda, signifie petite forteresse ^ s'élève sur une gara (piton isolé) de forme à peu près conique; dominée par une

(l) Appelé souvent, improprement, Hassi Berghaouï, ou Bir Re» kaoul. — Berr R'aoui veut dire pays verdoyant.

kâsba (citadelle), munie d'une enceinte fortifiée, elle ne renferme plus guère, actuellement, que des magasins enfouis sous des maisons en ruines. Les habitants sédentaires (nègres ou harralin) vivent à t'ombre des 0,485 palmiers de l'oasis, dans des maisons d'aspect misérable, près des jardins qu'ils cullivenl pour le compte des Mouhadhi. Ceux-ci ne viennent généralement ft El Goléa qu'au moment de la récolte des dattes; ils plantent alors leurs tentes auprès de leurs palmiers; habituellement, ils campent dans l'Erg, où ils trouvent à nourrir leurs troupeaux.

L'eau est, à El Goléa, abondante et bonne (1). A de rares exceptions près, chaque jardin a son puits à bascule; pendant l'hiver, l'eau n'est guère qu'à un ou deux mètres du sol, parfois môme elle déborde d'un puits «communal », reconnaissable h ses deux bascules jumelles ei situé dans la partie des jardins qui touche à la gara portant le Ksar; en été, le niveau de l'eau s'abaisse à 4 et 5 mètres.

Outre ses remparts bastionnés, en pierres équarries, dont certaines parties hautes de 8 et 10 mètres évoquent le souvenir des restes de nos châteaux féodaux, El Goléa possède, dans son enceinte, un puits profond de trente mètres. Au dehors, de nombreuses mosquées, monuments fort simples, peu imposants, mais dont les murs sont d'une blancheur éblouissante, égayenl le passage; l'une d'elles pique d'un point blanc le sommet do la gara dite Tin Bonzid ; gara symétrique à celle qui porte El Goléa, et où S'élevait, jadis, un Ksar rival dont on retrouve i"! peine les traces aujourd'hui.

A l'ouest, l'Erg, semblable ù une mer en furie su-

\) Noua en avons conservé, on tonnelcls, du 15 au 16 novembre 15, et, malgré les 143 kitomt-tres franchis pendant ces quatre k journées de marche, elle a'avdt pas subi la moindre altération.

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bitement solidifiée, profile, sur un ciel d'un bleu intense, les arêtes capricieuses de ses flots de sable rougeâtre. C'est un spectacle inoubliable.

ERG (pluriel AREG). — Littéralement Veine. Vastes espaces couverts de dunes {voir dunes).

FOGGARA (pluriel FEGAGUIR). — Puits à galeries s'embranchant sur une artère principale destinée à drainer toute Teau d'une dépression, et à la répartir ensuite, suivant un tour établi, entre les jardins qui se développent à son débouché.

GARA (pluriel GOUR). — Piton isolé, sorte de témoin resté debout, au milieu de la désagrégation complète des masses qui l'entouraient à l'époque primitive. Les gour forment souvent des groupes ou des lignes; ils affectent généralement des formes régulières : cônes, tables, etc. . . Le sommet de beaucoup d'entre eux est inaccessible.

GIIARDAÏA ou R'ARDAÏA. — La plus importante des villes du Mzab. Chef-lieu du cercle auquel elle a donné son nom. — 10,420 habitants, 72,482 palmiers.

GHEFARA ou R'EFARA. — Redevance et, plus particulièrement, redevance religieuse. Les Touareg de Touest ne font pas cette distinction et appliquent au mot le sens général d'Impôt.

GHOURD. — Voir dunes.

GOUR. — Voir gara.

GOURBI. — Cabane en branchages.

GUESSAA. — Plat creux, en bois, sans pied. C'est l'ustensile de ménage fondamental.

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HABBOUS. — Donation pieuse; affectation d'un bien, mobilier ou immobilier, à un usage pieux ou même d'utilité publique. Le babbous se constitue, soit par testament, soit du vivant même du donataire. Celuici peut, suivant le cas, se réserver à lui-même ou réservera ses descendants l'usufruit du bien, meuble ou immeuble, dont il abandonne la nue-propriété.

HAMADA. — Plateau pierreux.

HARKA. — Expédition armée, dirigée par une tribu contre une autre. On confond souvent, à tort, Harka et R'azzou, Il y a cependant une différence sensible entre les deux expressions : le R'azzou s'organise et opère sous l'inspiration et le commandement d'individualités saus mandat et agissant • motu proprio »; la Harka, au contraire, est une véritable opération de guerre, décidée et organisée en conseil de tribu et commandée, soit par le chef de cette tribu, soit par un personnage désigné à cet effet.

HARRATIN (au singulier HARTANI). — Mulâtres originaires du Toutit, de l'Aouguerout, etc. . . Ce sont les descendants des Arabes de ces contrées et de négresses esclaves. Leur type est remarquable en ce qu'ils ont, pour la plupart, le teint des mulâtres sans avoir les traits caractéristiques de la race nègre. Ce sont de robustes travailleurs, des gens paisibles, portés, par nature, vers la vie sédentaire et l'agriculture. Ils sont presque tous khammès des nomades dont ils cultivent les jardins.

HASSI (pluriel HAOUASSI). — Puits ascendant ordinaire.

Se dit plus particulièrement, dans certaines régions, du puits creusé dans le lit d'une rivière.

HOGGAR. ( Voir haggar).

IMRAD. — Serfs (pluriel d'AMRID).

IN. — Celui de... (devrait s'écrire I N). Très employé en géographie : In Salah, — Celui (le lieu) de Salah, In Ifel, In Sokki, etc... Au féminin TIN.

KADHI.— VoircADi.

KEBIR (pluriel KEBAR). — Grand, notable.

KEL. — Gens de

KESRA. — Galette. Le pain des Arabes.

KHELAA. — littéralement : abandonné. — Le désert.

KORAN. — Livre sacré des Musulmans.

KOUBBA. — Dôme. Par extension, on donne le nom de koubba aux chapelles votives élevées en mémoire des saints de l'Islam et qui sont ordinairement recouvertes d'un dôme. Dans notre langage usuel, nous désignons ces petits monuments sous le nom de < marabouts » .

KOUSKOUSSOU. — Mets national des Indigènes de l'Algérie. C'est une sorte de semoule cuite à la vapeur du bouillon ; on en distingue plusieurs espèces :

Barboucha. — C'est le plus commun, il est fait avec de la farine grossière, mélangée de son.

Mhaouar. — Kouskoussou à petits grains, fait de farine de firoment.

Jlftrfy&oHr.— Kouskoussou à gros grains, fait de fyriiie do rroment. Se sert avec du beurre frais ; c'est un plat de luxe.

Barlioucha, mhaouar, et medjbour se mangent arrosés du bouillon (merga) très épicé, à la vapeur duquel ils ont cuil.

Mesfotif. — C'est le mahouar, mais cuit à l'eau, assaisonné au sucra et mélangé de raisins secs (3ebib).

KSAR (pluriel KSOlîR). — Village fortifié.

MALÉKITE (RITE). — L'un des quatre rites orthodoxes de la religion musulmane, qui sont :

Le rite Malékito;

— Hanéflte ;

— llanbalite ;

— Cliaféile.

Il y a deux sectes schismatiques, savoir :

La secte Chiite ;

— Ouabite. — Abadite.

La première représente, en Perse, la religion d'État; elle n'a pas d'adepte en Algérie.

La seconde (1) est celle à laquelle appartiennent les Béni Mzab (Mozabites), à qui les musulmans orthodoxes appliquent dédaigneusement les épithètes de khamsia (cinquièmes) ou de kharedjiin (sortis [de la vraie religion] ), bien que ces schis-

(1) Voir, pour ce qui concerae cette secte, La, chronique d'Abou

Zakaria, par E. Masqucray |V, Aillaud cL Ci', ôdit, — Aiger, 1879);

Slarabouts et Kliouan, par le commiindant Rino (Ad. JourJiin.édil. —

[ Alger, 1881, chap. XI, pages 138 el suivantes ; Le M^ab et aan

I atuitxion à la France, par le eommandatil Robin (A, Jourdan, édit,

L Alger, 1S84|, pages '^ et suivantes.

matiques, véritables Puritains de Tlslam, se montrent plus rigoureux observateurs des préceptes du Prophète que les Orthodoxes eux-mêmes.

MARABOUT. — Personnage religieux. Sorte de prêtre indépendant (du participe arabe merabot. Attaché, lié [ à Dieu ] ).

MECHGARDEN. — Puits situé à environ 28 kilomètres sud-est d'El Goléa. — Mechgarden est un des puits où les Châanbàa el Mouadhi placent ordinairement des chouafa chargés de surveiller le sud de leur territoire.

MEDJBED. — Sentier battu.

MEHARI (pluriel MEHARA). — Chameau de selle. C'est la monture habituelle des sahariens. On applique le nom de ranimai à celui qui le monte et on dit < un meharij tant de mehara », comme nous disons « Telle colonne a tant de chevaux. »

METLILI. — Ksar situé à 32 kil. S.-E. de Ghardaïa et appartenant aux Chaânbâa Berezga. Bâti au pied d'une hauteur, en dehors d'une oasis de 41,664 palmiers, il est aujourd'hui à demi ruiné. Le nombre de ses habitants, y compris ceux des maisons et des tentes disséminées dans l'oasis, est de 1,035 (1).

MILOK. — Montagne située au N.-O. de Laghouat. Accessible sur un seul point, elle présente un vaste cirque pourvu d'herbe et d'eau, où, en temps de guerre, la tribu des Mekhalif, sur le territoire de laquelle elle se trouve, mettait en sûreté ses tentes et ses troupeaux.

MOUADHI (au singulier MADHOUI). — Abréviation, pour Châanbàa el Mouadhi.

(1) Ne pas confondre ce Ksar avec le caravansérail du même nom, situ^ à 17 kil. nord de Laghouat, sur la route d'Alger.

MOUTDIR. — Vaste plateau Saharien compris entra 25°, 45' et 27°, 30" lat. N., et entre 3% 30' long. E. et O*, 15 long. 0. environ.

MYAD. — Députation de notables chargés de négocier, avec les représentants d'une tribu étrangère, le règlement d'une affaire déterminée.

OGLA. — Groupe de puits.

OUED (pluriel OUIDAN). — Vallée, lit de rivière, et, par extension, rivière.

OUELIMMIDEN. — Tribu targuie qui habite les parties montagneuses de l'Adr'ar'.

I R'AZZIA. — Expédition armée qui a pour but l'enlèvement, par surprise, de troupeaux ou autres objets mobiliers. {Voir harka).

Opérer une r'azzia (verbe

R'AZZER. — Néologisme.

actiO- I R'AZZOU. — Groupe d'hommes armés en quête de r'azzia

( Voir HARKA).

REG. —Terrain de sable durci, excellent pour la marche, par extension Plaine.

SETLA. — Vase à boire: les plus ordinaires sont des gamelles en fer battu, avec anse mobile, de provenance européenne, — Les indigènes riches en ont en argent qui sont quelquefois de remarquables pièces d'orfèvrerie. — En route, la setta s'accroche au pommeau de la selle-

— xvin —

SIDI KHELIL. — Célèbre jurisconsulte dont les ouvrages font foi en matière de droit musulman.

SIF, littéralement sabre. — Nom donné à une variété de dunes dont l'arête est tranchante comme une lame de sabre. {Voir dunes).

SILET. — Voir au chapitre Géographie.

TADMAÏr, TADMAYT ou TADEMAYT. — Plateau saharien, au nord du Mouydir.

TAMACHERT ) Dialectes de la langue parlée par les TAMAHAQ ] Touareg.

TAMRIT. — Serve (féminin d'AMRID).

TARGUI, pluriel TOUAREG. {Voir page 13).

TASSILI. — Plateau pierreux. Synonyme de HAMADA.

THEM. — Fièvre paludéenne particulière aux oasis du Sahara. Le them sévit surtout au printemps et à l'automne ; ses manifestations caractéristiques sont les frissons et l'intermittence. Il est pourtant quelquefois rémittent et prend, trop souvent, la forme pernicieuse. On l'attribue au mode d'irrigation des palmiers dont on inonde littéralement le pied, laissant au soleil le soin d'évaporer l'excès d'humidité; et aussi aux fossés d'eau stagnante et croupie, qui régnent, généralement, autour des ksour bâtis au milieu ou près des oasis.

TIN (féminin de IN). — Celle de..., expression très usitée dans la désignation des lieux : Tin Bousid^ celle (la gara) de Bouzid ; Tin Bouktou, etc.

TOUBIB. — Médecin.

ZAOUIA (du verbe arabe Zoua, vivre à Técart). — La traduction servile du mot serait angle^ coin. — La zaouïa est un établissement religieux qui comporte généralement une mosquée, une école primaire, une école secondaire et, plus rarement, une école supérieure. Les jeunes gens qui la fréquentent {Taleb, pluriel Tolba, lettrés) ne sont liés par aucun vœu ; ils se destinent, pour la plupart, à l'enseignement, aux fonctions religieuses ou à la magistrature.

ZERIBA (pluriel ZERAÏB). — Enclos d'épines sèches où on parque les troupeaux, la nuit, pour empêcher leur ftiite et les préserver des chacals et des voleurs. — Par extension, groupe d'habitations formé de tentes ou de gourbis protégés par un enclos d'épines sèches.

Depuis 1885, (époque à laquelle une trêve avait été conclue entre eux, les Touareg et les Chûanhûa vivaient en pal\.

Durant l'été de 1887, les CliàanMa el Mouadliî (d'El Goléa) avaient, suivant leur coutume, envoyé leurs chameaux au pftlurage h Daïet ed Drina, au nord-est d'El Goléa, près de l'Arig R'aneni. Se fiant à l'iuslinct de ces animaux, qui les ramène d'eux-mêmes au puits de leur maître, quand ils éprouvent le besoin de se désaltérer, ils les y avaient laissés sans gardien, comme ils le font lorsqu'ils ne redoutent aucun coup de main.

Si grande que fût leur quiétude, les Mouadlii n'en avaient pas moins eu la précaution d'entretenir, dans le Sahara, quelques émissaires chargés de les renseigner en cas d'événement.

Un de ces émissaires, Bou Hafs ben Lakhal, résidant depuis quelque temps à In Salah, arriva à El Goléa, le 6 août 1887, après une marche forcée de 72 heures, el prévint le caïd des Mouadhi qu'un r'azzou, fort d'une quarantaine de mehara et venant de la direction du Hoggar, marchait sur sa tribu.

Le coïd Kaddour ben Belkheir réunit aussitôt tout son monde et se porta sur Mechgarden où il supposait que devait passer l'ennemi. Des chottaja (vedettes) furent postés dans toutes les directions et on fit bonne garde.

ém

Mais ces précautions furent déjouées parles Touareg. Ceux-ci, oprt^s avoir fait boire au Hassi In Ifel, abandonnèrent le medjbed dont les Mouadhi s'étaient rendus maîtres, se jetèrent en dehors du rayon d'observation des chouafa, puis, passant un peu à Test, fondirent, dans la matinée du 7, sur les chameaux qui paissaient à Dalot ed Drina et les enlevèrent (1).

Une moitié du r'azzou tourna bride aussitôt, emmenant le butin, tandis que Tautre se mettait en quête de nouvelles prises.

Cependant, le premier groupe avait été aperçu; les Mouadhi se mirent aussitôt en marche sur le Hassi In Ifol et arrivèrent à ce puits avant leurs adversaires qui, foroômenl, devaient y repasser pour boire.

C^ux des Touareg qui emmenaient les chameaux r*az7.és arrivèrent au puits, le 8 août, avant 7 heures du matin. Ils avaient espéré être rejoints pendant la nuit jvar leurs compagnons restés en arrière. Cet espoir Vivant été dô\*u, ils dessinèrent une attaque sur le puits, uiais. devancés par les Mouadhi, ils durent abandonner les chameaux r'azzes, et s*enfuirent, laissant aux mains do nos gous un prisonnier et le cadavre d*un des leurs*

Le oaid Kaddour bon Belklielr apprit, alors seulement, qu\uK^ partie du r^a/j^ou était n?slée en arrière ; il TatloiuUt au Hassi In Ifol où elle arriva le 9 au matin.

Los Tv^uarvg so n^fUgioront d'abord dans la koubba do Sidi AKt ol Hakom. située à peu de dislance, mais bioutot. prosîk^s par la SvMf* ils sortirent un à un et UMxUn'^rvnt sucvvs;?ivomoat au pouvoir de leurs enuouùs.

to 10 avH\t. los Mv^u;\xîh: rt^prtrent le chemin d'El Goléa, aprvV ;uvMr fti^s^illo huiuîo leur? prisonniers ; sept autres

ï r \ oir |0\îx :nV{^\ i;:'.vc* ;v îfr* > U »jnr^ dm r amo. Voir aussi;

avalent obtenu la vie sauve et, faii sans précédent (1), ils furent remis à rautariti- franraise, après avoir élé, toutefois, dépouillés de tous leurs viMemenls. Ces sept prisonniers sont:

1" Abd es Sellam ou!d El Hadj R'adi, originaire des

Cliàanbaà cl Mouadhi, mais élevé à In Salah,

guide du r'azzou ; 2' KenanegTissi, Targui, de la tribu noble des Taïtoq; 3" Mastnn ag Ser'ada, id. id.

4" TachchaagSer'ada, id, id.

frère du préc(5dent; 5" Amouraen ag K'cbelli, id. id.

fv Chikitadii ag R'ali, Targui, de la tribu d'imrad des

Kel Alniel ; 7'^ Aggour ag CliilikoiJh, Targui, de la tribu d'inirad

des Ket Ahnet.

Après avoir été retenus, pendant quelque temps, ii Ghardaïa, ils furent conduits à Alger et internés au fort Bnb-Azoun où nous rei;Limes, do M. le Général commandant la Division, mission d'aller les interroger, fl l'efTel d'obtenir d'eux le plus possible de renseignements sur leur pays.

Bien que, depuis le commencement de leur captivité, ils eussent été traités avec beaucoup d'égards et qu'ils s'en montrassent reconnaissants, les fatigues d'une longue route, l'état maladif de deux d'entre eux qui durent entrer à l'hôpital, l'incertitude du sort qui les attendait et, par dessus tout, la réserve qu'inspirent

(1) Jusqu'ici, la cnpture de prisunnicrs amenait des pourparlers entre les tribus inlt^ressËes ; on profitHit de 1» circonstance pour rfgler, sans notre intervention, d'oncions comptes, souvent mi^ine on partageait ta r'azzia, aprts quoi les prisonniers t.' t aient mis en liberté et les lioatilités cessaient pour quelque temps.

toujours aux Indigènes des visages nouveaux, toutes ces causes réunies les tenaient en méfiance, et il nous fallut plusieurs entrevues avec eux pour « rompre la glace. »

Les renseignements qu'ils nous donnèrent étaient d'abord vagues, incomplets, confus surtout. Mais, peu à peu, le travail que nous faisions ensemble parut les intéresser; non seulement ils répondirent à toutes nos questions, mais bien souvent ils appelèrent notre attention sur des détails qui nous échappaient.

Ces renseignements sont-ils exacts? Une exploration du pays pourrait seule permettre de répondre. Tout ce que nous pouvons dire, c'est qu'ils paraissent avoir été donnés de bonne foi. Mais si, d'une part, la position sociale, Tintelligence de leurs auteurs semblent leur donner une valeur réelle; d'autre part^ certaines considérations peuvent y avoir introduit des réticences et même des inexactitudes.

Quelques détails h cet égard nous paraissent nécessaires.

Nous avons parlé de la position sociale et de l'intelligence de nos prisonniers; voici ce qu'en dit M. le m^yor Déporter, commandant supérieur du cercle de Ghardaïa :

« ABD ES SELLAM OULD EL HADJ R'ADI est ûgé de 18 ans à » peine. Bien que né ù El Goléa, de parenls originaires des Châanbôa » El Mouadhi, il est. pour ainsi dire, étranger à cette tribu qu'il a » quittée, pour n'y plus reparaître, à l'âge d'un an. Son père, El Hadj » IVadi ben El Habib, quitta El Goléa en 1871, pour aller se fixer » dans la région d'In Salah ; il habitait, pendant l'été, le ksar Djedid (1), » et, en hiver, il suivait dans leurs migrations certains groupes des » Oulcd Ba Hammou ou des Zoua, qui mènent la vie nomade dans » l'Oued 1res Mellen, la région du Tadmaît, l'Oued Sidi Moussa et, » en général, dans le pays qui s'étend, au sud-est d'In Salah, entre » cette oasis et les terres de parcours des Touai'eg. Depuis un certain » nombre d'années, El Hadj R'adi vit, tantôt au milieu des Touareg, » tantôt t\ In Salah et dans les environs. Il sert de convoyeur et fait » le commerce entre ces deux points. Abd es Sellam a toujours suivi

(i) Un des ksour d'In Salah.

« no père dans ses voyages. Bien que très jeune, il a dËjà pris part

■ A plusieurs coups de innin dirigés dans lous les sens. En 1S83 (il

■ Dvtiit IreiKe aasj, il fbisuit pailie d'un groupe de Ifois mchura qui

■ vint enlever aux Mouadtii, au Hassi In Ifel, quatorze chamelles,

■ bicnl6t reprises d'ailleurs par leurs propriétaires. 11 connull parfai-

■ tement 1^ Sabara el te Djeliel lioggar (1): il a accompagné sou

• pure 6 n'Bdamô.s. cl de là à Tripoli (2). C"eat un jeune homme iolel- » ligent et déterminé, élevé dans la vie de courses et d'aventures, et B prêt â tout Taire. 11 a servi de guide au r'azzou qui a opéré, le

• 7 août 18S7, A Dalet ed Drina. Il parle couramment les langues » arabe el («nialiaq. >■

■ KENAN AG TISSI eal Agé d'environ iS ans ; il est marié depuis

• |ieu el n'a pas d'enfant. Il appartient à la tribu noble des Taltoq et

• eal issu de lu Ikraille qui délient aujourd'hui lo pouvoir. Son pcre,

• Tiesi ag Amar el Kha, était flis de l'Amr'ar (cheO de la confédé-

• mlion, et allié, par les Temmos, é El Hadj Ahmed ng El Bekri, a prédécesseur d'AIlar'el (Ahitaghel) dans le commandement des

■ Hngftar.

■ Kenan est le petit-neveu, par les femmes (3), d'Ihraliim ag AIi-

• madou, amr'ar a honoraire a, et lo neveu, également par les

• femmes, de Sidi Mohammed ould Guerradjl ben Biska, chef

• elTeotif de la confédération. 11 vit en compagnie des sœurs de son >• p^TC et de plusieurs autres membres de sa famille. Il possède 15 D chameaux, plusieurs centaines de moulons cl de ché^Tes, cl e

• 300 palmiei-s â Silel.

■ Kenan ag Tissi ne parle que la langue lomaliaq. »

« MAST.VN Afi SER'ADA, de Ip tribu noble des Taltoi|, est figé

■ d'environ S3 ans ; il est le flIs de la sœur de Uratiim ag Ahmadou.

■ Son père. Sor'ada ag Maddour, dans la lente de qui il vil encore,

■ esl un vieillard qui jouit, chez les Taltoq, d'une grande considéra-

■ tion ; il possf'dc quelques chameaux el 200 palmiers i\ Silcl. »

■ TACHCHA AG SER'ADA esl le frÈre de Maslan, il esl figé I d'environ lit ans.

B Les deux fi-éros sont célibataires ; ils ne parlent que la langue

■ Uunahaq. »

(1) Ainsi qu'on le verra plus loin, il ; a là-unc erreur de fail; le paj'S qu'habitent nos prisonniers ne fait pas partie du Hoggar, ou Abd es Bellam n'a pas pêniîtré au-delii de Tit, à une journée de marche au N.-E. de Belessa.

(3) Âbil es Scllam n'a ] qu'il a accompli étant c

nous donner l'ilinérairc de ce voyage, enfant (en 1883) et dont il n'a gardé

(3) On verra, plus loin, l'importance de ce détail.

« AMOUMEN AG R'EBELLI, ùpé d'eaviron 24 ans, est célibataire ;

* il appartient à la tribu noble des Taîtoq ; il est le fils de la sœur du « marabout Mohammed ag Scddik. Son [x>re, R'ebelli ag Bougouam, ^ feùt prisonnier le 9 août 1887, au Hassi In Ifel, a été fusillé par les « Mouadhi.

• Amoumen ne parle que la langue tamahaq. »

4 OHIKKADH AG R'ALI appartient à la tribu des Kel Ahnet

* v^uurad des Taïtocj). C/est un homme d'une trentaine d'années, marié « et (vre de deux enfants en bas-Age. Il possède 15 chameaux, une » centaine de moutons et de chèvres, et dix palmiers à SiJet. C'est ^ un des liommes les plus considérés de sa tribu ; il est d'une remar- « quable intelligence, parle la langue tamahaq et assez bien l'arabe. »

« AlîtîOrU AG CHIKKADH a 17 ans à peine, et a déjà fait trois > exiKHUtions dans l'Adr'ar', contre les Ouelimmiden. Son père, Chik- « kadh ag Mouley, est le chef d'une bonne famille d'imrad des Kel

* Ahm*l; il possède 60 chameaux, plusieurs troupeaux de moutons « i*t do clièvres, et 60 palmiers à Silcl. »

« Aggour ag Chikkadh ne parle que la langue tamahaq. »

Tous ces hommes sont jeunes, vigoureux, intelligents ; ils connaissent bien leur pays et la plupart des roules i)ui on rayonnent; leurs indications pourraient donc inspirer toute confiance, s'ils n'avaient aucun intérêt à nous induire en erreur.

U n*on est pas tout-à-fait ainsi. Depuis le massacre du Uoulonant-colonel Flatters et de ses compagnons, les Touareg ne sont pas sans inquiétude; ils appréhendent do nous voir, tôt ou tard, leur demander compte du sang vorst5, et ils n'ignorent pas que, si celte éventualité vouait à se produire, la plus lourde part de responsabi- \ïii\ poserait sur les Hoggar qui furent, sinon les seuls, «u moins les principaux coupables.

Aussi, dès leurs premiers interrogatoires, nos prisonniers eurent-ils soin de se dégager de toute solidarité avec cotte confédération à laquelle, disent-ils, ils sont aussi étrangers politiquement que géographiquement, 00 qui est fort douteux, puisque leur chef, Sidi Mohammed onld Guerradji ben Biska, est parent d'Ahilaghel, chef des Iloggar.

Que, personnellement, nos prisonniers n'aient pas pris

purt au massacre de la mission, cela parait probable: deux d'entre eux, seulement, Kenan et Clitlvkadh, étaient des hommes faits au commencement de 1881. Chiltkadh était, nous a-t-il dit, uu Soudan, lors du fatal évOnement que nous rappelons; quant ù Kenan, il faisait partie, à la même époque, sous les ordres de son père, Tissi ag Amar el Kha, d'une harka dirigée contre les Ouelimmiden de l'Adr'ar' qui avaient, précédemment, r'azzé des chameaux aux Taïloq, Kien ne donne à supposer que ces allégatioassoientmensonëères; tout au contraire, celles do Kenan se trouvent confirmées par un document bien antérieur en date à l'alTaire du Hassi lu Ifel : c'est la déposition faite, en septembre 1881, au Bureau Arabe de Layhouat, par Cheikh bon Bou Djemûa, l'un des cavaliers des Chàanbùa Bou Houba employés par le lieutenantcolonel Flalters ; la voici textuellement :

■ Il (le r'az70U qui a luassaci-ii la mission) ùlail pomposii du

B Tounrcg Ilog^'U' dotil toutes tes O'actious avaient fourni des contin- » (jeiiU, sauf ecficitdant les Talloq qui, ayant été r'aïK^s jwr les

* geiisd'Abir, quelque temjs auparavant, étaient partis pour reprendre

• leurs ctiameaux ot n'avaient pu aasister h cette ntfeire(t) »

Sauf le nom de la tribu contre laquelle l'expédition était dirigée, détail ici sans importance, c'est bien là la déclaration de Kenan.

Mais la tribu tout entière des Taïtoq est-elle restée aussi étrangère au massacre que le dit Cheikh ben Bou Djemàa, témoin d'ailleurs fort suspect ï Rien n'est mohis certain.

On lit, en effet (2), duns une lettre écrite par Mohammed cl Kebir ben Moussa, de R'odamôs, ù El Hadj Tahar Basidi et transmise, par celui-ci, à notre consul général ù Tripoli de Barbarie :

(1) Deutiiiur mùiion Flalters. Publication du Gouvi-rncment gêmîral de l'Algérie [Alger, 1882. A. Jouiilan, cdil.), page 225.

(2) Uatxic'iie misiioit Fiallers, {lagc IJO.

« Younës le Maghassati vient d'arriver du Hoggar: il nous a appris » que la colonne venue de chez les Français a été massacrée par les » Taïtoukcts »

Voici qui est plus grave : c'est une lettre écrite, en janvier 1888, par Sidi Mohammed dit Ben Guerradji, chef des Taïtoq, à Ahmed ben Lakhal, le Châanbi qui est venu, d'In Salah, prévenir le caïd d'EI Goléa qu'un r'azzou menaçait les Mouadhi :

« Louanges à Dieu seul !

» Que Dieu répande ses bénédictions sur Notre Seigneur Moham- » med et sur sa famille !

» De la part de Tobjet de la bénédiction divine, Sidi ben Mohammed, » dit Ben Guerradji, à notre plus grand ennemi, Ahmed ben Lakhal, » et à son iï*ère Mansour.

» Que Dieu te récompense de ce que tu as fait à mes enfants : Tu » les as vendus aux Chrétiens comme des esclaves. Les nobles » meurent par la poudre ; depuis leurs ancêtres, les Arabes s'entre- » tuent, mais on n'a jamais vu vendre des hommes comme des noirs,

» Aujourd'hui, j'en fais le serment répété, au nom de Dieu, à » quelque époque que ce soit, de môme que lu as reçu, des mains » des Chrétiens, le prix de mes enfants, de môme je toucherai ton » prix et celui de tes frères et de tes enfants. Tu as vendu les miens » aux Chrétiens ; moi, Je te tendrai aux nègres du Soudan.

» Je n'ai qu'une chose à te dire : cherche un pays ou tu puisses

» ÉCHAPPER AUX HOGGAR (1).

» Je suis de noble race et je n'agis en traître ni envers toi, ni » envers d'autres.

» Quant aux Chrétiens, nous ne leur devons que des remercîments.

» Nous LES AVONS MASSACRES, ET ILS PEUVENT NOUS REPROCHER LE

» MAL QUE NOUS LEUR AVONS FAIT. Cependant ils ne nous l'ont pas » rendu, et, comme nous l'avons appris, ils n'ont fait que du bien aux » nôtres.

» Enfin, Ahmed ben Lakhal, il te faut être homme. Tu sais que le » prix d'une blessure se ix)ursuit pendant quarante ans. Trouveras-tu » un pays où tu puisses liabiter et te dérober à ma vengeance ?

» L'argent que tu as reçu des Chrétiens t'interdit, désormais, l'accès » de la région d'In Salah, l'Aouguerout, le Touat, £1 Henna, et le » séjour de ton pays, El Goléa.

» Aujourd'hui prends ton courage. Tu t'es attiré cette affaire en » vendant des nobles aux Chrétiens.

» Salut. »

(1) Nous avions pensé d'abord que Sidi ould Guerradji avait pu vouloir dire : « Cherche un pays où tu puisses échapper aux nobles (Ihaggaren) ». Mais le texte arabe (la letU-e est écrite en cette langue) ne permet pas cette interprétation.

A n'en considérer quo le texte, cette lellre contiendrait un aveu absolu :

• .... Nous LES AVONS MASSACRÉS {Ics Chrétiens) et ils

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