‹ Les Touareg de l'ouestChapitre 33 sur 49 · Timirdi adjim · texte numérisé non relu

Timirdi adjim

La numération ne va guère au-delà.

L'étude de Thistoire^ ù en juger par le bagage très exigu de nos prisonniers, est assez négligée, et les faits contemporains paraissent être les seuls dont on s'occupe.

En géographie, les connaissances ne dépassent pas les régions qu'on habite et les routes qu'on a parcourues; ainsi, nos prisonniers nous ont dit textuellement : « Nous connaissions de nom El Goléa, Ouargla, le Mzab, » mais nous pensions qu'après le Mzab on arrivait à » Alger; quand nous avons vu : après le Mzab, Laghouat; » après Laghouat, Djelfa; puis Boghar, puis Médéa, puis » Blida et encore d'autres Ksour, nous avons été très 3 étonnés, car nous en ignorions l'existence. »

Mais, si les données générales leur manquent, les Touareg de l'Ouest, aidés par un esprit d'observation

toujours en éveil et par une mémoire prodigieuse, connaissent leur pays jusque dans ses moindres détails et ont gardé un souvenir très précis des routes qu'ils ont suivies. Les cartes et les itinéraires qui accompagnent cette étude sont à proprement parler leur œuvre.

Dans leurs marches de nuit, fréquentes surtout à l'époque des grandes chaleurs, ils se guident sur les asires qu'ils connaissent parfaitement.

Les points cardinaux se nomment :

Le Nord, Fouy.

Le Sud, AnchôL

L'Est, El Qablet.

L'Ouest, Idjcdel en Tafouk,*

Mais, dans la pratique, on se sert très rarement de ces vocables; on dit : Chour Tin Bouktou, direction de Tin Bouktou, Chour Akabli, Chour El Goléa, etc..

La division du temps est la même chez les Touareg de rouest que chez les Arabes de l'Algérie . Leur année est l'année hégirienne (Am el Arabi) de 354 ou 355 jours; elle se nomme Ouatai, et ses douze mois (Talli) sont :

TamessadoÇy Moharem, des Arabes.

Tallit Sattafety Safer.

Tallit Tarerai, Rebia el Ouel.

Aouhim ieszaren, Rebia et Tsani.

Aouhim ilkamen, Djoumad el Ouel.

Sarat^ Djoumad et Tsani.

Tin Tinselmin, Redjeb.

Imes^ihelj Chaàban.

Asotim, Ramdan.

Tisessïj Choual.

DJermouhdan, Dhou el Kada.

Tafaski, Dhou el Hadja.

Les jours (Ahel) de la semaine (Sadan) se nomment :

El Uni y Lundi.

El Tenata, Mardi.

Anarda, Mercredi.

El R'amiSj Jeudi.

El Djemety Vendredi.

Es Sebetj Samedi.

El Hadj Dimanche.

Ce sont les noms arabes un peu défigurés.

Les heures de la journée sont :

Toufaty El Fedjeur des Arabes, Point du jour. Ter'out, El Alam, Midi.

Tissapy Ed Dohor, Une heure après-midi.

Takest, El Aceur, Instant médial entre midi et le

coucher du soleil.

Jhâdj La nuit, depuis l'instant où le soleil disparaît.

On remarquera que les Touareg de TOuest ne font pas, comme les Arabes, de distinction entre le coucher du soleil (Maghreb) et la tombée de la nuit ÇAcha) heure du repas du soir; la raison en est que, dans l'Ahnet coupé par le tropique et à plus forte raison audelà, il n'y a presque pas de crépuscule.

Comme tous les pasteurs, les Touareg de l'Ouest connaissent parfaitement toutes les plantes qui croissent dans leur pays, leurs qualités nutritives ou leurs effets nuisibles.

En zoologie, ils ont des notions précises sur tous les animaux qui vivent à leur portée, et ils connaissent de nom la plupart des autres.

En minéralogie, ils sont tout à fait ignorants, soit que leurpays soit pauvre sous ce rapport, soit, ce qui parait plus probable, qu'ils ne sachent ni apprécier ni exploiter les richesses de leur sol.

Industrie

Les Touareg de TOuest n'ont aucune industrie ; sauf quelques ustensiles de campement et de harnachement, tous les objets dont ils se servent sont des articles d'importation.

Ils font eux-mômes leurs tentes, que nous avons déjà décrites. Les peaux qui doivent être employées ù leur confection sont tannées à l'aide des fleurs du Tamat (acacia cavenia), qu'on fait sécher et qui, réduites en poudre, servent à saturer le bain dans lequel les peaux sont mises à macérer.

Les vêtements sont confectionnés dans la famille, avec des étoffes achetées hors du pays; les hommes et les femmes savent les tailler et les coudre.

Il y a, dans la région de TAhnet, quelques forgerons, mais ils ne font que les réparations.

Il n'y a pas de bijoutier.

L'or est d'un usage moins rare que chez les Arabes, cela tient probablement à la proximité relative de Tin Bouktou ; presque toutes les femmes riches ont quelques bijoux en or.

Commerce

Le commerce que font les Touareg de rOuest est essentiellement un commerce d'échange.

Ils exportent :

1° dans la direction du Nord, les moutons, chèvres, zébus et les dépouilles d'autruches ;

2° dans toutes les directions, celle du Nord comprise, les chameaux, les ânes, le beurre et la viande salée.

Ils importent :

1° du Soudan, par Téchelle de Talak : le bechena, les boucliers, les vêtements confectionnés ou non, les étoffes, les armes blanches, la sellerie, etc. ;

2^ d'In-Salah et de TAoulef : les dattes, les burnous, haïks, couvertures, cotonnades, etc.. et les capsules.

3*» du Touat les armes à feu et la poudre.

Leur grande ligne commerciale est celle de TAoulef par Akabli ; parfois ils poussent jusqu'à In-Salah ou jusqu'au Touat, mais c'est sur les deux premiers points que se concentre la majeure partie de leurs affaires.

Tous les ans, à l'automne, une grande caravane part de TAhuet^ pour aller s'y approvisionner de dattes et de marchandises de toutes soiles.

Nous avons eu l'occasion, en parlant des esclaves, puis en donnant la nomenclature des armes, des pièces du costume, etc., de dire quelles sont les conditions

ordinaires d'achat et de vente. Nous nous bornerons à rappeler que presque tout se paie en nature.

La monnaie est, en effet, chose à peu près inconnue chez les Touareg de l'Ouest; ils n'en font usage, et encore exceptionnellement, que lorsqu'ils vont à In Salah.

C'est, alors, le Rial-Douro qui sert de base à leurs calculs.

Le Rial vaut cinq francs de notre monnaie; ses subdivisions sont le Ferak (franc), ou une petite pièce en argent, dite Oukya; il faut dix-sept de ces pièces pour faire l'équivalent d'un Rial, ce qui donne à l'Oukya une valeur de fr. 30 ou, plus exactement, de fr. 297.

Itinéraires

Les itinéraires qui terminent notre travail ne comprennent que les routes parcourues par nos prisonniers, celles sur lesquelles ils ont pu nous donner des détails précis (1).

Nous n'avons pu, malheureusement, recueillir aucun renseignement sur la route de Tin Bouktou, au-delà d'Ifernan, point situé dans TAdr'ar', au Sud de Timissaou, et d'où cette route se dirige sur Mabrouk. — Aucun de nos prisonniers n'est allé plus loin dans cette direction.

Mabrouk, d'après ce qu'ils en savent, est un petit Ksar qui sert d'entrepôt aux Kili n Tebellia (tribu alliée de l'Ar'rerf Ahnet). Il n'y a pas de palmiers.

Des douze routes décrites, une seule n'a pu l'être que d'une façon incomplète, c'est celle de l'Adrar Ahnet à Taoudenni. Chikkadh ag R'ali, seul, a fait ce trajet, étant encore presque enfant; il ne l'a pas refait depuis. Ses souvenirs, assez précis sur certains détails, sont vagues sur d'autres, notamment sur le nombre des journées de marche qui séparent les points principaux de la route.

(1) Il va sans dire qu'aucune de ces routes n*cst tracée, et que nous ne les avons représentées sur nos cartes, par un trait continu, que comme indication.

Pour cet itinéraire, comme pour les autres, nous avons dû nous en rapporter aux renseignements de nos prisonniers, qui nous ont répété à plusieurs reprises : « Nous vous dirons tout ce que vous nous demandereSy » quand nous le saurons. Quand nous ne le saurons paSy » nous nous tairons^ ne voulant pas vous tromper. »

Til est une ïeribaapparlenanlaux Hoggar; qualreou cinq malsons s'eièveut au milieu des gourbis. Ce village esl liabllé seulement par des Harralin qui cullhenl pour les Hoggar de fort lieaui jardina où te figuier, la vigne, le becbna. l'orge donnent d'exceitenlsproduiis L'importance de Til esl considérable, sa populallon serait plus nombreuse que celle de Ubardala qui esl ellemûme de plus de 10,000 Imbilanlfl. — ['as de palmiers.

Abondanl.

Tessendjelt,

Toulloult.

Bau courante, abondante et bonne, dans 1-OuEd llerass dont le m esl encombré de Tali Cformium lenai).

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L'nn des points de culture des gens de l'Alinet, populalion d'Harmlia cultlïanl, pour le compte des Touareg dont ils sont les kbammès, le blé, l'orge, le bechna et même quelques pUnts de tabac. — Pas de palmiers-

Silet est la seolo oasis de palmiers que possëdeni les gens de l'Ahnet. Ces arbres seraient en plus grand nombre qu'a El Ootéa, oti on en

Terrain facile.

La route serpente dans les bas - tonds d'une petite chcbka.

Roule facile, entre deux ligues de bavteurs.

Très abondant.

Tessendjelt, TouUoult.

Abondant.

Afeizou.

Issln.

Abondant en dehorsdes terrains cul tirés.

Etbel.

Tamat.

Absaq, AïOUr.

Abondant en dehors de roasls.

Tlhoq.

Ibenkar.

Eau eicellenleàt m. de protondeur, — □appe inépuisable s'étendanl sous tous les terrains de culture, et formée par le cours souterrain de rOued llerass.

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Bau excellente à 1 m. 50 de pro tondeur

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En quantité moyenne.

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Un puits trèa abondant dit Tin Oefaar profondeur 5 m.

Eau excellente.

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En quittant Tamada, la rouie gravit les berges de l'Uued AmdJa et se développe dans la vallée qui sépare l-Acedjradh du Djebel Tar-il.

Abadjcrin CEI près cl à l'est de la gara dite Djebel Zrak.

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En quantité moyenne.

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Dn puits profond de 3 m. 25 environ.

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Adjelmam .

Bau bonne et abondante.

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C'est à Tirecbchoumin que se séparent la route directe d'Akabli à Tin Bouktou et celle d'Akabli à l'Adrar Ahnet; celle-ci descend au Sud-Est, tandis que la première va droit au Sud.

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Quelques absaq très clair semés.

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Azour.

En assez grande quantité.

Deux puits d'an faible débit.

Profondeur, 4 m. 25 environ.

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Un puits très abondant mais saumÂtre; profondeur l m.70 environ.

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Les Zëila bordent la roule i droile et à fiauche, et forment une peiilc forêt dont l'éiendue n'a pu nous être indiquée; toutefois, l'Aïn tJaba Abmed y étant englobée, on peut admettre que sa largeur est d'eDTJroQ 8 klloroëlrcs.

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