‹ Les tourbillons de Descartes et la science moderneChapitre 1 sur 28 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Se déclarer à la un du xix^ siècle disciple de Confucius ou de Bouddha, assister même en plein Paris avec l'aimable M. Guimet aux solennités de Brahma, c'est véritablement une élégance suprême. Avouer que Ton s'intéresse encore aux Tourbillons démodés du philosophe Descartes et que l'on a conservé de sa lecture quelqu'horreur instinctive du vide, c'est une audacieuse folie, dont je me garderai de faire ici profession. On me permettra cependant de raconter en historien fidèle que j'ai trouvé à Bruxelles, à l'exposition de 1897, un disciple de Descartes, en chair et en os, oui. Ce n*était pas un Français, bien entendu, il ne parlait même pas très correctement notre langue, mais l'enthousiasme suppléait à la correction, il a émerveillé mes excellents collègues belges de la section des sciences, et il m*a donné l'envie de connaître Descartes, de le faire connaître même. Et ce fut le sujet de mes causeries et conférences de l'année 1898, à l'Académie des Sciences, Arts et Belles- Lettres de Glermont, à la société du Musée de Riom, puis dans les villes de Glermont et de Moulins, où les éminents professeurs de rUniversité d'Auvergne m*admirent à l'honneur de les seconder dans leur enseignement extérieur. La témérité de mon entreprise a trouvé quelqu'heureux contrepoids dans la bienveillance extrême de ces.auditoirds d'élite. Le danger s'accroît aujourd'hui pour moi dans cette publication ; car, mieux que l'écrivain, le conférencier jouit du privilège d*évoquer le témoignage non seulement des princes de la science, mais encore de simples penseurs parmi lesquels je méjugerais trop fier d'occuper le dernier rang. J'ai pris toutefois le soin de citer les noms de tous ces disciples de Descartes, et ma faible autorité scientifique me permet de ne discuter en rien leurs opinions les plus hardies et de leur en réserver l'entière responsabilité.

Descartes naquit en Touraine de parents bretons, il prit du service en Bavière, le quitta en Autriche. Il vécut en Hollande et y eut

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