XIII
L'appUcalion des lois élec^roilynamlques en météorologie
En 1886, après une observation de seize années, M. Zenger a affirmé que les réactions électrodynamiques des grosses planètes, Jupiter, Saturne et Uranus, sur le Soleil, suffisaient à expliquer la variation périodique des taches solaires et, par suite, les perturbations magnétiques terrestres, phénomènes dont le parallélisme avait été observé par Wolf, directeur de l'Observatoire de Zurich.
Parlant de ce principe que la réaction de deux astres est directement proportionnelle au produit de leurs masses, in-
versement proportionnelle au carré de leur dislance, il construit, pour les trois planètes considérées, des courbes dont Tordonnée varie chaque jour avec leur distance au Soleil et dont le maximum correspond au périhélie. Ces courbes ont pour période la durée de la révolution des astres considérés, soit 11,9 ans pour Jupiter, 29,4 ans pour Saturne, 84,0 ans pour Uranus.
En construisant la courbe des réactions de Jupiter, qui sont de beaucoup les plus importantes, en y superposant successivement les courbes de Saturne, puis d'Uranus, enfin, en faisant chaque jour la somme des ordonnées, il obtient des périodes de plus en plus longues, qui sont de 11, puis de 30 et enfin 660 années terrestres environ.
En résumé, si l'on admet que les variations de Tactivité solaire dépendent du rapprochement des trois planètes les plus importantes de notre monde, les perturbations solaires doivent être à leur maximum quand Jupiter s'approche du périhélie, et à leur maximum maximorum quand Jupiter, Saturne et Uranus sont en même temps très proches de leurs périhélies.
Il n'y a plus qu'un pas à faire 'pour retrouver dans cette réaction électrique entre le Soleil et les planètes du système solaire, la cause véritable des grandes perturbations électriques et magnétiques du globe, et pour être en droit d'affirmer que la production des perturbations magnétiques et des forts courants terrestres représente l'action inductrice du Soleil, de même que les aurores boréales et les orages cycloniques doivent être attribués aux décharges de l'électricité cosmique dans notre atmosphère.
M. Zenger a constaté de plus que les perturbations magnétiques de la Terre ont une période de 13 jours, à peu près égale à la demi-rotation du Soleil. La comparaison des phénomènes de la "Terre et du Soleil conduit ensuite à constater qu'il existe deux centres d'agitation atmosphérique: sur Terre à l'île Saint-Thomas sous 18° de latitude nord et6S° longitude W de Greenvich, où naissent les cyclones américains, et
en second lieu sur l'océan Indo-chinois à la latitude do 20^^ N et 116® de longitude Est de Greenvith, où se produisent les typhons ; et sur le Soleil en deux localités rapprochées de réquateur où M. Jansen a constaté la naissance habituelle des plus fortes taches du type cyclonique.
Or, la rotation solaire, plaçant successivement ses deux centres de perturbation maxima en face de la Terre, au milieu du disque solaire, il en résulte à chaque révolution complète du Soleil deux maxima d'induction ou de perturbation des éléments magnétiques du globe, au moment où les points dangereux du Soleil peuvent imprimer des mouvements giratoires aux points dangereux de la Terre. Et c'est ainsi que les perturbations atmosphériques de la Terre se relient aux perturbations électriques et magnétiques du Soleil.
En étudiant au même point de vue les grands mouvements sismiques, M. Zenger a retrouvé la même périodicité d'environ 13 jours.
La périodicité des variations de l'énergie solaire reçoit, du reste, une précision spéciale d'un fait observé par Zenger et qui paraît constituer une des lois du mouvement lourbillonnaire des astres :
La durée de la révolution orbiculairc d'un satellite (planète ou comète) est toujours un multiple à peu près exact de la demi-rotation sur lui-même de son astre principal ; les nombres qui représentent l'année des diverses planètes sont donc respectivement pour
Mercure Vénus Terre Mars Jupiter Saturne Uranus Neptune 7 18 29 55 344 854 2437 4779
demi-rotations solaires de 12.6 jours terrestres.
La Lune accomplit de môme sa révolution autour de la Terre en une période de 55 demi-révolutions de la Terre — 0'*1783, qui est ici un peu forte. Mais la période du saros lunaire après laquelle le Soleil, la Lune et le Soleil reprennent la même position relative équivaut à 18 ans terrestres de 29 demi-rotations solaires chacune, plus une demi-rotation.
Les salellites de Jupiter, de Saturne, d'Uranus, surtout les satellites les plus éloignés de ces planètes, enfin toutes les comètes périodiques, suivent la même loi.
Il en résulte qu'à des périodes déterminées de Tannée de ces divers satellites, les mêmes points de Tastre principal et du satellite se retrouvent en coïncidence aux mêmes heures.
A ces diverses causes de la périodicité des phénomènes d'activité et de magnétisme solaire et terrestre, Zenger a proposé de joindre une autre cause provenant du passage des étoiles filantes à travers l'atmosphère terrestre. Ces corps cosmiques possèdent, en effet, un potentiel électrique très différent de celui de l'atmosphère terrestre où ils pénètrent, ils viennent donc superposer leur influence aux décharges reçues directement du Soleil, et l'on conçoit que la superposition de ces deux périodes, que leurs coïncidences provoquent dans la loi des grandes perturbations terrestres, d'apparentes irrégularités dont la théorie donne une explication très claire et très satisfaisante. Ces météorites forment autour du Soleil un anneau dont la continuité est suffisante pour lui « permettre de prendre, par induction, une électricité de sens déterminé et dont l'importance dépend des variations de l'état électrique du Soleil. Il n'est donc pas étonnant que la Terre, lorsqu'elle vient à rencontrer cet anneau, éprouve un choc électrique également déterminé.
Dans toutes ces influences de l'énergie solaire, les choses se passent pour la Terre comme pour une bouteille de Leyde soumise à l'action d'une machine statique, les régions supérieures de notre atmosphère sont bonnes conductrices et se chargent d'électricité, le globe terrestre, bon conducteur également, s'éleclrise par influence, enfin l'atmosphère, mauvais conducteur, joue le rôle du diélectrique, du verre de la bouteille, et l'on conçoit que cette charge puisse se maintenir pendant une période de plusieurs jours.
Les décharges électriques produites par l'électricité cosmique sont accompagnées parfois du phénomène des aurores boréales, elles font naître nos tourbillons, nos cyclones et nos
trombes, non seulement dans Talmosphère de la Terre mais aussi dans le noyau igné de notre planète. La combinaison des rotations du Soleil et de la Terre avec la révolution annuelle de la Terre, donne à Taxe de ces tourbillons une trajectoire parabolique qui se trahit dans la trace des cyclones américains et des typhons do Tlnde, et même dans les courbes des mouvements sismiques. En effet, ces dernières se représentent généralement par des ellipses fort excentriques.
Telles sont les règles au moyen desquelles M. Zenger a entrepris de donner aux prévisions météorologiques, magnétiques, sismiques, une période dont le terme le plus faible est de dix années terrestres. En publiant chaque année, pour la ville de Prague, le Calendrier météorologique des observations diverses de celle qui Ta procédé de dix ans, Téminenl météorologiste a donné le meilleur almanach prophétique qui fût connu jusqu'à ce jour. Cette méthode, évidemment rationnelle, se perfectionnera, comme toute science expérimentale, par l'observation d'abord et aussi peut-être par la considération de nouvelles influences périodiques négligées jusqu'à ce jour.