CHAPITRE DIXIÈME
Toxines extraites de divers organes et des sues
glandulaires.
Toxines extraites des organes.
Toxines musculaires. — C'est en étudiant, au point de vue de la physiologie générale et de la désassimilation, la composition de l'extrait des muscles que j'ai, pour la première fois, en 1881, extrait à l'état de principes définis, un certain nombre de substances de toxicité variable et de nature alcaloïdique, démontrant ainsi que ce ne sont pas seulement les organismes microbiens, mais les cellules normales de nos tissus qui fabriquent des matières toxiques à caractères basiques. Les leucomaïnes ou bases animales sont aujourd'hui bien connues. A cette époque j'ai, pour la première fois, non pas démontré la réalité de cette auto-intoxication révélée depuis longtemps par la clinique, mais le mécanisme grâce auquel elle se produit, en isolant plusieurs des principes définis qui y concourent et insistant sur leur origine et leurs effets*.
1. BulleUn de VAcad. de médecine, de Paris, 2* Série, 1881, t. X, p. 9*7, 776, et 599. JoM*nal d*analomie et de physiologie de Ch. Robin (1881), p. 358 et 362. — Bull, de l'Acad. de méd., 2* Série, t. XV, p. 115.
TOXLNES IIK.NALKS. l'Ôl
lauriiie, leucine, iuosite, cysline, etc. Celle dernière ne se rencontre guère que dans cet organe. On n'y trouve (jue peu ou pas d'urée ou d'urates, au moins chez les mammifères. Cette composition fait prévoir que cet extrait doit jouir d'une activité physiologique et toxique assez grande.
On trouve aussi dans le rein différents ferments auxquels on a donné le nom iVhislozf/mes. Ils s'obtiennent en broyant, avec de la glycérine, le rein frais et lavé par injection à travers ses vaisseaux, filtrant la solution et la précipitant par l'alcool. Le ferment impur ainsi préparé jouit entre autres propriétés de l'aptitude de dédoubler l'acide hippurique en acide benzoïque et glycocolle ; fait d'autant plus intéressant qu'il est démontré que le mélange de ces deux substances, que les aliments introduisent dans l'économie, reproduit inversement de l'acide hippurique dans le rein lui-même. On ne sait si ce ferment est identique à celui dont on va parler.
Une substance pyrétogène a été signalée dans le rein normal par Lépine^ Ce savant place dans chacun des uretères d'un chien normal, une canule qu'il met en communication avec un réservoir contenant du chlorure de sodium à 7 7oo» et assez élevé pour que, non seulement l'urine ne s'écoule pas, mais que le liquide légèrement salé pénètre sous pression dans les reins et reflue lentement à travers leur tissu. Dans ces conditions le chien ne vomit pas, il n'a pas de diarrhée, mais sa température s'élève progressivement, sa respiration se ralentit, puis s'accélère beaucoup et devient bruyante, il a de petits soubresauts des pattes, il écume. Enfin la température centrale continuant à monter arrive