‹ Les toxines, microbiennes et animales (volume 2)Chapitre 105 sur 158 · Soc. de binlog · texte numérisé non relu

Soc. de binlog

SrCS GLANDILAIRKS ET SÉCRÉTIONS INTERxNKS. if>3

Sucs GLANDULAIRES ET SÉCRÉTIONS INTERNES.

Les derniers travaux de Brown-Séquard ont appelé l'attention sur le rôle important des produits que les tissus glandulaires forment et déversent dans le sang, que ces glandes soient munies d'appareils d'excrétion, comme le pancréas ou le testicule, ou qu'elles en soient dépourvues comme les glandes closes : thyroïde, thymus, capsules surrénales, etc. On connaît les expériences que le célèbre physiologiste communiquait, en 1891 et 1892, à l'Académie des sciences relativement à l'activité des injections souscutanées dô suc tesliculaireS et nous avons exposé, p. 28y et 3o8, l'opinion de Poehl qui attribue la principale activité de ce suc à la spermine qu'il considère avant tout comme un ferment oxydant.

Les sécrétions et sucs des diverses glandes contiennent toujours des matières protéiques en partie peptonisées et par conséquent toxiques lorsqu'on les injecte par la voie hypodermique. On y trouve aussi des corps amidés ou alcaloïdiques témoins d'une digestion cellulaire plus avancée, mais qui peuvent être aussi très actifs. Enfin on y rencontre les ferments spécifiques sécrétés par les cellules propres de chaque glande*. L'activité de ces extraits tient à ces trois ordres de substances; mais il serait difficile de mieux définir le problème à cette heure. Si Ton commence à connaître, phis ou moins, suivant les cas, l'action en bloc des sucs de

1. Brown-Séquard, Compt. rend, de VAcad. des sciences, t. CXIV, p. i237 ; 1318 ; 1399 ; 1534, et t. CXV, p. 375 ; t. CX VI, p. 8ÎJ6.

2. Browii-Séquard el d'Arsonval ont remarqué {Soc. de biolog,, ISUt, p. 248) que quand ces sucs ont éiéstérilUés par pression déicide carbonique à quatre ou cinq atmosphères, ils conservent encore leurs ferments spécifiques tout en perdant leur septicité.

cliaqu»:* orgaue. on n»' sait généralemenl pas qaels sont chimiquement ses multiples facteur<.

Suc de la rate. — D'apivs les exf»ériences de Herzen, la ral«* sécréterait une substance spéciale, une sorte de ferment d'oxydation, qui en se mélangeant au sang qui la traverse va dans le pancréas transformer le f tonnent irypsique inaciif qu'il contient, ou protryp^inf', en ferment aciif, ou tryp^iuf' complète, apte à digérer les substances albumiiioïdes en milieu neutre ou légèrement alcalin. Celte transformation d«* la protrypsine en trypsine se produisant aussi .-ous l'action d'un courant d'oxygène ou d'air dans la bouillie ou lextrait de glande pancréatique, Herzen en conclut que celte transformation du ferment trypsique inactif en ferment actif consiste en un phénomène d'oxydation*.

On sait, d'autre part, que l'infusion du tissu de la rate dans l'eau froide salée à 7 pour 1000 est très vénéneuse «•l qu'il en est de même du sang splénique.

i^i l'on fait tomber de la pulpe de rate saine, rapidement broyée, dans de l'alcool à Ûu^ centésimaux, qu'on la laisse quatre jours au contact de cet alcool, qu'on jette le congu- Inm sur un filtre, qu'on dessèche ettju'on épuise le résidu à r<*au stérilisée, on obtient un liquide légèrement alcalin. In*' partir correspondant â iW*^*" de raie injectée à un mouton sain, élève sa température de 1"7 ^Hou.r el Cham- A^v/a//r/;-. I; extrait de raie rlireclenienl obtenu avec de l'eau lièd(» se comporte de même; on a observe sur le lapin que la température jieul monter <le "1\\\ el la lièvre durer plus «le l^ lifMin's.

1. Voir à ce sujet lievuf yênérule d^$ sciciucs, 15 juin l^Or», p. ^9^. '1. Anuales lie rit^stitut I*a6teur. auùt Isss.

suc THYROÏDIEN. 165

Sucs et sécrétions internes de la glande thyroïde. —

Formée de deux lobes réunis par une poilion médiane et placés sur les côtés et en avant de la trachée artère, la glande thyroïde a longtemps exercé la curiosité des physiologistes et des médecins. On sait depuis peu que cet organe fait passer dans le sang une sécrétion douée d'une action puissante sur les centres nerveux et sur la nutrition.

La plupart des physiologistes pensent que, grâce à cette sécrétion interne, celte glande détruit ou compense les effets d'un certain nombre de principes nuisibles issus de la désassimilation. Ces principes, lorsqu'ils persistent dans l'économie, provoquent les troubles que Ton voit accompagner toujours la disparition de la glande thyroïde ou ses maladies : abaissement de la température, diminution de la sensibilité, marche titubante, contractions violentes et incessantes des muscles, afl'aiblissement de Tintelligence, altération des humeurs, du sang et de la nutrition, cachexie strumiprive, crétinisme. La preuve que la glande détruit un poison, c'est que chez les animaux auxquels on l'enlève entièrement, les urines, médiocrement abondantes, se chargent de sels biliaires, et deviennent éminemment toxiques et convulsivantes*. Le sang artériel de ces animaux ne renfermerait pas plus d'oxygène que le sang veineux ^ Ces urines injectées à des sujets bien portants produisent l'ensemble des accidents que nous venons d enumérer [G/e//, Laulanié, Laudy Maroin),

Réciproquement chez les animaux thyroïdectomisés l'ingestion de cette glande, et mieux encore l'injection sous-

1. Compt. rend. Soc. hiolog,, 1891, p. 307 et 36C, et LaULAniê, ibid., 1894, p. 187.

2. Albbrtoni et Tizzoni, Centralblalt f. die fned. Wizseruchaft, 13 juin 1895.

cutanée de son extrait aqueux, font disparaître ces troubles, au moins momentanément, en particulier la tachycardie et les crampes. Cette action se fait déjà sentir au bout de quelques minutes^

Chez les animaux sains, le suc thyroïdien injecté à petite dose sous la peau produit le sommeil {Eirald)\ si l'on persiste il en résulte im amaignssement notable^.

Il accélère l'action du cœur et du pouls, et élève la température : 5 cent, cubes d'extrait de glande thyroïde traitée par 10 fois son poids d'eau, ont fait monter la température d'un lapin de 39° à 40® 8 {Uoucliard et Charrin),

Chez les myxœdémateux, les goitreux, l'injection de ce suc améliore l'état de la maladie.

A dose un peu élevée, il peut devenir à son tour un poison. En agissant alors sur le cœur il peut déterminer la tachycardie et un état synco[)al, comme on l'observe, après l'ingestion trop abondante de pulpe thyroïdienne. Ou a noté aussi dans ces cas, Télévalion de la température, l'insomnie, l'agitation, la polyurie, la glycosurie, l'albuminurie.

Tels sont les faits : essavons de déterminer maintenant quelles sont les substances contenues dans l'extrait de la glande thyroïde qui peuvent produire les phénomènes dont nous venons de parler?

L'une d'elles, de nature albuminoïde, la tlujroprotéïde, a été extraite par Notkine qui fait jouer à la glande thyroïde un rôle sensiblement différent de celui qu'on lui attribue

i. Glby, C. vend. soc. biohff., 1891. p. 2o(K Chez les luyxœdémateux, les goitreux, rinjection du suc tyrlioïdieii améliore rétat de la maladie.

2. Vasalb; Revillaud. Communication à l'Acad. de méd., 10 septembre 1895.

. 3. Séance Soc. de hiolog., 1893, p. »30.

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