‹ Les toxines, microbiennes et animales (volume 2)Chapitre 109 sur 158 · CHAPITRE ONZIÈME Venins proprement dits. — Chairs et sangs venimeux · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME Venins proprement dits. — Chairs et sangs venimeux

A la suite de Télude des matières nuisibles extraites des sécrétions intestinales, des urines, des muscles, des tissus et des glandes, il convient, pour être complet, de faire riiisloire des venins, sécrétions très spéciales il est vrai, et qui ne se produisent qu'exceptionnellement chez les animaux, mais qui par leurs propriétés sont intermédiaires entre les toxines d'origine glandulaire dont on vient de parler, et celles des virus que nous étudions plus loin.

Ces venins sont sécrétés chez les vertébrés, par quelques reptiles, batraciens et. poissons. Chez les invertébrés, par les arachnides, les apides, les aranéïdes, les scorpionides et quelques insectes. Tous les reptiles, batraciens et murénides paraissent avoir aussi un sang venimeux.

Il existe assurément une différence entre les virus et les venins; les premiers contenant des organismes vivants aptes à se reproduire, multiplient ainsi rapidement l'action d'une môme quantité initiale de matière active. Les venins ne contiennent, à proprement parler, rien de vivant*. M. Kaufmann avec le sang de vipère s'est assuré que recueilli en prenant toutes les précautions antiseptiques d'usage et cultivé

1. Bulletin de VAcad. de méd., 2» série, t. X, p. 776 et 9'i7.

LKS YEMLNS. 479

Les venins ressemblent donc aux toxines par ce côté important de Taccoutumance et de la vaccinabilité. II3 leur ressemblent aussi par cette propriété que l'innocuité qu'ils confèrent, quand on les chaufiFe convenablement, n'apparaît qu'au bout de 24 à 48 heures. Comme pour les toxines, il faut, pour arriver à vacciner l'économie, un temps d'incubation qui peut être assez sensible ^

Comme les toxines et les diastases, les venins perdent la meilleure partie de leur toxicité lorsqu'ils sont absorbés par le tube digeslif. De même qu'on peut avaler des toxines tétaniques ou charbonneuses, pourvu qu'elles soient slérilisées, on sait aussi et depuis longtemps, que les venins peuvent être absorbés sans danger par le tube digeslif.

Les venins ressemblent encore aux toxines par la complexité de leur constitution. Comme les toxines complètes, ils contiennent le plus généralement une partie alcaloïdique (salamandre, serpents, abeilles) , et une partie qui paraît protéique et qui est souvent la plus active. C'est celle sur laquelle la chaleur agit avec le plus d'efficacité, celle aussi qui paraît jouer le rôle de ferment et présider à la vaccination et à l'accoutumance.

Mais les venins se séparent des virus par la rapidité de leur action. La période d'incubation est très courte. Ils agissent à cet égard presque à la façon des poisons chimiques. Tandis que des doses, même énormes, de virus ne font sentir leurs effets qu'au bout de 1 à 2 jours, les venins produisent presque instantanément leurs transformations zymotiques et d'autant plus vite que leur dose est plus élevée.

Page 1