‹ Les toxines, microbiennes et animales (volume 2)Chapitre 110 sur 158 · Soc. biolog., 189), p · texte numérisé non relu

Soc. biolog., 189), p

Chose plus intéressante encore, et qui rapproche infiniment les venins des zymases vénéneuses, les animaux inoculés contre les venins peuvent Têtre en même temps aussi contre certaines toxines microbiennes et fournir un sérum antitoxique ainsi qu'on Ta dit au chapitre des vaccins.

Les animaux qui ont résisté à l'atteinte des venins ne se rétablissent généralement pas bien; leurs fonctions languissent, leur température s'abaisse, les jeunes s'arrêtent dans leur développement, etc.: en un mot, la force nutritive et reproductive de l'économie semble avoir été frappée par cette mystérieuse influence; nouveau et important rapprochement à faire entre l'action des venins et celle de beaucoup de virus.

Comme la plupart des toxines privées de leurs microbes pathogènes, les venins peuvent être absorbés par le tube digestif sans causer d'intoxication ou d'envenimation, à la condition toutefois, que l'estomac et l'intestin soient intacts et que la dose de poison ne soit pas trop considérable. L'économie acquiert ainsi lentement l'immunisation.

La conservation des venins à l'état humide les altère comme elle altère les toxines et, en général, toutes les diastases. J'ai remarqué que du venin de scorpion conservé 2 à 3 mois dans la glande qui avait été détachée au commencement d'octobre, d'un coup de ciseau, de la queue de l'animal bien vivant avait perdu toute son activité, sans qu'il y eût altération chimique apparente. J'ai fait la même observation pour les matières toxiques fournies par le fameux poisson vénéneux du Japon le fugu. Ses œufs, sa laitance, et sa chair même, sont si dangereux au moment du frai qu'il est à ce moment défendu de pêcher ce poisson sous peine de mort. Ayant pu, grâce à l'autorisation du gouver-

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Fraser (Brit. med. Journ., avril 1896) réalisant une idée déjà émise avant lui, a cherché et réussi à vacciner contre les venins de serpents en faisant absorber ces poisons par le tube digestif en quantités successivement croissantes. Les animaux finissent par supporter ainsi des doses 500 et 1 000 fois supérieures à la dose mortelle. Leur sang et leur sérum jouit alors de propriétés immunisantes, et cette aptitude s'étend jusqu'à leur progéniture à qui elle est transmise soit par le sang, soit même par le lait.

Le sang des serpents venimeux paraît contenir le même principe antitoxique.

Principes constitutifs des venins; leur action.

Les matières que Ton trouve dans les venins de serpents sont : du mucus provenant de la glande, il est sans action nocive ; des substances protéiques dont une très faible portion est coagulable à chaud; des matières diastasiques qui paraissent être les parties essentielles des venins ; des alcaloïdes que j'ai signalés dans les venins de cobra et de trigonocéphale, mais qui ne se trouvent qu'en très faible quantité dans les venins de serpents* ; des traces de matières grasses; une petite quantité d'extractif soluble dans l'alcool ; des sels, en particulier des chlorures et phosphates de chaux, d'ammoniaque et de magnésie; enfin de l'eau, environ 7o 7o.

De toutes ces matières les substances protéiques ou zymotiques méritent seules d'être étudiées séparément.

1. Nous le retrouverons en quantités prépondérantes dans les venins des batraciens et des apides.

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