‹ Les toxines, microbiennes et animales (volume 2)Chapitre 122 sur 158 · Annales de VlnstUiU Pasteur, t. VI, p. 0:il · texte numérisé non relu

Annales de VlnstUiU Pasteur, t. VI, p. 0:il

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«les animaux rérradairos au cliarlKui, tels que les rat> et. les frreDOuilles. Deux grands rais ayant reru J cent, cube^ et ;V',o d'une solution de celte allmmose à T .. furent pri?, après dix minutes, de symptômesd'intoxication; la respiration devint laborieuse et lente, la coordination des mouvements des membres désordonnée. Les pattes postérieures- paraissaient paralysées, mais au bout de 2 heures, ils étaient rétablis, l/injection péritonéale parut encore plus active.

I^a grenouille est aussi fortement influencée par cette albumose. Un demi-centimètre cube de sa solution tua sept de ces animaux sur huil. Les écrevisses sont encore plus sensibles. L'action de celle singulière substance parait ainsi ôtre en raison inverse de la susceptibilité de chaque espèce animale, ou de chaque race, au charbon.

En inoculant aux moulons les cultures filtrées, puis le charbon virulent, par petites doses répétées et avec précautions, M. Marchoux parait ôtre parvenu à leur communiquer Timmunilé. Ces animaux fournissent alors un sang dont le sérum protège les animaux neufs contre ce virus, un cent, cube suOit pour un lapin de l2 kilogr. I/aclion de ce sérum est prompte, mais elle est aussi très passagère : trois jours après Tinjeclion, son rôle protecteur a cessé'. A doses un peu considérables, ce sérum paraît doué de propriétés curalives pourvu que la maladie soit prise tout au début-. La préparation de ces sérums curalifs réussirait mieux, pensons-nous, en s'adressant au chien qui jouit d'une immunité prononcée contre le charbon.

1. Au contraire les animaux vaccinés d'abord avec le virus atténué, puis entièrement virulent, sont immunisés très fortement, i)Our une année et plus.

2. Marchol'x, Sor, de biolog., 2 novembre 189o, et Ann. Ins(. Pasteur, I.. IX, p. 78o.

TOXINKS UV CnAUIiON SYWPTOMATIOI K. ">il

TOXINRS nu CHAiniON SYMPTOMATIQl'E.

De la chair musculaire hachée, stérilisée à 120"* en présence d'une trace de soude et de deux à Irois fois son poids d'eau, ensemencée avec le bacille du charbon symptomatique (IL Chant ei) et cultivée G à 7 jours ta TéluveàUT degrés donne un liquide toxique qui réduit au quart de son volume dans le vide sec, et séparé des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien qui se forment, constitue ce que l'auteur appelle la toxine du charbon symplomatique*. A la dose de 'V\^ô elle est mortelle pour le cobaye. Le sérum des lapins immunisés contre le charbon symplomatique suspend ou amoindrit l'effet vénéneux de cette substance.

Môme en solution dans l'eau, cette toxine peut subir l'action d'une chaleur de 110" sans perdre son activité.

La solution des matières actives des cultures du charbon symptomatique étant concentrée et traitée par une grande masse d'alcool (dix fois son volume) laisse déposer des flocons qui, séchés dans le vide et repris par l'eau, ont conservé une toxicité à peu près égale à celle de la toxine primitive. La portion que l'alcool dissout est aussi très vénéneuse : 23 cent, cubes, provenant de 3 cent, cubes de toxine originelle, tuent un cobaye de 370 grammes en une demi-heure. Par injection péritonéale, il meurt comme foudrové.

Les symptômes ])résenl«'»s }>ar le- sujets ainsi intoxiqués en des temps variables sont bien ceux du eliarbon symptomatique : l'animal cesse de manger, il est triste, ses f)oils se hérissent, il vascille sur ses jambes; il est

1. II. DUBNSCHMANN, Ann. dr l'Insl. /'imtnuy. l. VIII, p. 'iO:î.

•Via LKS TOXINKS.

agité de brusques mouvements convulsifs; il présente une hj^pothermie qui va croissant jusqu^à la mort. A Tautopsie, un peu de liquide dans le péritoine; point de microbes ni dans les sérosités, ni dans le sang, ni dans les viscères; aucune lésion du foie, de la rate ou des reins; aucun organe atteint, même si l'animal ne meurt de cachexie (ju au bout de plusieurs semaines. Il est pris seulement d'un amaigrissement extrême.

Loin d'acquérir Timmunité, les animaux ainsi lentement intoxiqués deviennent plus sensibles à la toxine du charbon symptomatique. Et cependant, ainsi que Ta vu le premier M. Roux, le sérum filtré sur biscuit des animaux qui ont succombé au cliarbon symptomatique vaccine contre cette maladie; preuve évidente qu'il tient son antitoxine non du microbe lui-même, qui ne la})roduit pas dans les cultures faites in ritroy mais de certaines cellules de l'animal atteint, cellules qui réagissent en déversant dans le sang ou les humeurs les produits de leur activité défensive\

FOXINKS \W. I.V TCHKHCIILOSK.

Pour préparer le poison de la tuberculose, on cultive le bacille tuberculeux de Koch dans du bouillon de veau glycérine à k "/o et additionné de 1 pour cent de peptone très faiblement alcalinisée. 11 faut faire l'ensemencem(»nt à la surface de la licju(^ur en y déposant, sans les

1. M. Roger a démontré que le charbon symplomatique qui n'attaque pas le lapin, le lue, au contraire, si Ton injecte en même temps dans les veines de ranimai quelques gouttes d'une culture de baciUus prodigiosus qui paraît agir en altérant la nutrition cellulaire et l'aptitude à socréter des antitoxines. C. rend. Soc. biohg., 1889, p. 476 et 550.

TOUiNES «K 1,* TunHRcrxnsE. ;ii3

immerger, les plaques de Itacilles qui doivent flotter sur les cultures (Jig. 16). Après 6 à 7 semaine?, ou éva[)ore la totalité de la liqueur au bain-marie jusqu'au 10" de w>n volume, et l'on filtre à la liougie de biscuit. Ou obtient ainsi un

li(juide brud foncé, odorant, qui '■'"'■ ";„h7ro..k>s!."''^ ''' '" constitue ce qu'on a nommé la tuher-

ciiline thérapeutique. M. Roux assure que l'on peut préparer un liquide également actif, soit qu'on s'adresse comme [mpte-grainc à la tuberculose humaine ou animale, soit qu'on cultive la lul»erculose avtaire qui a une aptitude plus particulière à se développer en voile et à couvrir rapidement les «urfaces. On doit seulement se servir d.* vaser" à fonds très plats et très larges'.

Ainsi préparé, le liquide précédent condtitue la tuherculine brute, iubernr/ine qui, dans un état de dilution variable, a été employée cumme médicament juir Kncli et bien d'autres après lui.

Quand on veut en extraire à l'état de pureté le vrai principe actif, on rencontre de grandes difficultés. Kock essaya d'aboixi de le séparer par afTusion d'alcool absolu aux Hqueuis de cultures filtrées; mais il n'obtint ainsi qu'un déjM'Vt d'aspect résineux couteuiiot toutes les matières extractives insolubles dans l'alcool fort. S'adjoignant alors Brieger et Proskauei', il tenta de préparer par des procédés plus rationnels les nlatières actives de ces bouillons de culture. I>s savants tentèrent de saturer la liqueur par le sulfate de

. t. V, p. 74(i, et Deulsdi. merf. Warlifu^ch.

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magnésie (qui sépare d'ahoni, on le sait, les globulines), \m> d'ajouter, après fîltration, du sulfate d'ammoniaque en exco? pour précipiter les albumines proprement dites. Ce procédé ne donna pas de bons résultats. I.e tannin qui précipite les albuminoïdes, les peptoneset beaucoup de ptomaïnes; les traitements j)ar les bicarbonates et carbonates alcalins, ou parla baryte; ré})uisement par l'alcool; l'acide pbosphotunjfstiqiu' (jui en liqueur très acide entraîne tous les alcaloïdes; l'acétate ferrique qui, saturé par la soude, précipite à TébuUition tous les corps protéiques à l'exception des peptones; l'acétate de ])lomb ammoniacal qui enlève les peptones; le charbon animal (pii se charge souvent des pi*oduits vénéneux, etc., toiib ces moyens furent successivement examinés; mais aucun ne permit d'isoler la substance active à l'état de pureté. ïautAt, comme dans le traitement par le sulfate d'ammoniaque, cette subslancc entraînait avec elle beaucoup d'impuretés; tantôt comme avec le tanin, on précipitait bien en partie la substance active, mais ce précipité dissous dans le carbonate de soude ne pouvait plus Ôtre privé de son tanin.

A la suite de ces. tentatives infructueuses les auteurs ci-dessus se sont arrêtés à la marche suivante qui leur a donné les meilleurs résultats : A 100 cent, cubes de tuberculine brute (solution thérapeutique) on ajoute en agitant sans cesse 150 cent, cubes d'alcool absolu et on abandonne le tout durant 24 heures. Il se fait un précipité floconneux brun, surmonté d'une liqueur colorée. On décante celle-ci avec soin, et on l'additionne d'alcool à 60 degrés centésimaux employé à volume égal. On agite et laisse déposer une douzaine d'heures. On renouvelle cette opération trois fois; on recueille les dépôts formés, on les redissoul dans un peu

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