Annales Institut Fasleuv, t. II, p
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LtS lOXLNES.
Toxines du ciiakhon.
Pour préparer les toxines du bacille de l'anllirax, Ilaukin a donné la mélliode suivante' :
Les cultures se font dans de l'extrait de Liebig en solution au 1 OUI)' mélangé d'un |)eu de fibrine divisée*. L'extrait doit être d'abord stérilisé longtemps et avec soin, et la fibrine n'ôlre ajoutée (ju'après avoir été stérilisée séparément elle-même. Lors(}u'on a mélangé ces matières, ou soumet de nouveau le tout à la température de llU''. Ou ensemence alors le terrain ainsi préparé avec une goutte de sang j)ris dans le cœur ou la rate d'un animal mort de
charbon et ou abandonne à la température de 15 degrés*. Le bacille se reproduit aux dépens des flocons de fibrine. Après une semaine environ, on jette le tout sur un filtre et Ton extrait l'albumose qui s'est for-
vir.. 15. - i^Hciiies d» charbon ^ée. Daus cc but, OU filtre la ei globules du sang. j^^^.^;^, limpide et OU Taddi-
tionne de sulfate d'ammoniaque en poudre après avoir très
1. Voir Drilish med. Jouni., 12 octobre 1861» et 12 juillet 1890.
2. Lœw a fait la remarqiu?, partiellement coiillrinée depuis, que les bacilles pathogènes se nourrissent à peu près exclusive meni de matières albuujiiioïdes. Il convient de reconnaître seulement que ces substances sont celles (jui conservent le mieux la puissance nocive des microbes infectieux; les bacilles peuvent rester encore pathogènes, et presque aus^i actifs, après avoir été cultives dans des bouillons ne contenant presque exclusivement que des substances azotées quaternaires
3. Si Ton agissait à 37»-38o, l'albuniose qui se forme pourrait passer à Télat de pcplone. Danscc cas, d'après Ilankin, ralbumoscetlapeptone perdent leur pouvoir toxi(|ue et immunisant.
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légcremtîiit acidulé d acklc acôlique. Le précipité Uocoiincux qui se ])roduit est passé au filtre, lavé à Teau chargée du môme sel, repris par de Teau pure et soumis à la dial ysi» (ni l)i'ésence d'un peu de thymol ou daus un courant d'eau à 'i;l ou 50<» qui empêche toute putréfaction. Au bout de 24 heures, quand les sels minéraux ont été enlevés, on évapore la liqueur dans le vide à 46° ou 48'\ Loi'squelle est assez concentrée, on la verse goutte à goutte dans de l'alcool; il se fait un précipité (ju^on lave avec de Talcool nouveau et cpie Ton sècheV Dans cette dernière phaM» de ropération, les i)tomaïnes, et d'autres corps restent en solution dans Talcool, tandis que les albumoses seules se précipitent*. La substance ainsi obtenue, redissoute dans Teau et injectée aux animaux à dose assez forte, est mortelle pour eux. Au contraire, si un l'injecte par très petites doses a la fois, elle leur confère l'immunité contre le charbon.
D'après Tautcurde ces observations, un cinq-millionième, et même un dix-millionième de leurs poids injecté aux lapins les vaccinerait au^ sitôt contre la maladie charbonneuse*. Mais cette immunité n'est pas durable. Hankin
1. Hankin fail observer que si Ton place de Talcool d^une part, de Teau de Taulre, des deux côtés d'une membrane dial.vsaute, l'eau passe rapidement vers Talcool, tandis que des tracer seulement d'alcool dial^sent vers Teau. 11 s'ent servi de cette propriété pour concentrer plusieurs solutions aqueuses étendues dVdbumoses pathogènes; il les introduit dans une sorte de boyau dialyseur qu'il fait plonger dans de Palcool métbylique qu'on renouvelle de temps à autre et qui absorbe lentement une grande partie de Teau.
*j. Dans ce procédé, les peptones, surtout si elles sont en petite quantité, restent dans la solution alcoolique qui a précipité les albumo.^es. n faut observer aussi que certaines albumoses perJunt tout ou partie de leurs propriétés toxiques en présence de Talcool. C'est ce que Tizzoni et Canlanni ont remarqué, par exemple, pour la toxine du tétanos.
J. Annaleë de VlnulUiU Pastfiir, t. VI, p. 633.
ro\iM;s 1)1 CHARBON. 53!)
Nous [MMisous qiu* les alljuinoses de Sydney Martiu soul des produits qui dérivent d'une digestion trop avancée, comme [)araît en témoigner l'alcaloïde formé en même temps qu'elles. Elles ne représentent pas le vrai poison, et elles ne sont vénéneuses ([u'à forte dose : une souris n'est tuée que par 0'^'"3 de ces toxines. De plus faibles quantités provoquent un œdème local avec somnolence ou coma. L'alcaloïde qui acconq)agne ces albumoses produit les mêmes accidents, mais il est plus actif : la dose mortelle pour une souris est de 0"' 1 . Gomme pour les principes albuminoïdes des venins, la toxicité de ces principes diminue sensiblement lorsqu'on chauffe, mais ne disparaît pas. Les albumoses toxiques du charbon, celles que précipite le sulfate d'ammoniaque en excès, suj)portent un chauffage à 100<» durant 1 heure, ou à 11 0*» durant 15 minutes, sans perdre leur vénénosité qui en est cependant sensiblement diminuée'. Leur mélange avec les hyj)ochlorites solubles, le chlorure d'or, la solution de (îram diminuent ou détruisent cette toxicité (L. Mannier).
E. Hankin et Werbrook paraissent avoir établi que hî bacille charbonneux sécrète en outre ime sorte» de pepsine digestive apte à liquéfier la gélatine et à dissoudre un [»eu la fibrine^ C'est peut-être à elle qu'est due la formation de Talbumose ci-dessus décrite.
On a dit qu'à doses modérées les albumoses de Hankin ne déterminaient aucun symptôme d empoisonnement chez le lapin, le cobaye, la souris, etc. Il n'en est plus de même
1. Afin, de VJnst. Pasteur, t. IX, p. 556. D'après S. Roux, cité par Hankin, les cultures de charbon dans un miUeu glycérine confèrent l'immunité, mais pas d'une façon constante, aux animaux auxtiuels on les injecte [loc. cit., p. d'i7).